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Billet de blog 24 mars 2019

Actualité belge : 24-26 mars, Occupy For Climate

Ce dimanche 24 mars, et jusqu'à mardi 26 mars, se déroule « Occupy For Climate » , une action de désobéissance civile rejointe, à sa clôture, par la Marche « For a better future » devant le Parlement Fédéral. La raison : le blocage de la Loi Climat.

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      Informations du 24 mars 2019

       La mobilisation en faveur d’une loi sur le climat en Belgique, portée essentiellement par les jeunes du pays depuis 11 semaines consécutives, ne faiblira pas malgré la décision de la commission « Révision de la Constitution de la Chambre » de ne pas statuer sur la possible révision de l’article 7bis de la Constitution. Il s'agissait pourtant de la voie la plus rapide pour rendre applicable la Loi Climat sur les trois régions du pays.

        Déjà le 4 décembre dernier, après la manifestation qui avait mobilisé 100 000 personnes le 2 décembre, la Belgique s'était retirée des ambitions européennes pour l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables (cf.article du journal Le Soir ). Un nouveau coup est porté à la mobilisation citoyenne ! Greenpeace, la Coalition Climat, Youth For Climate, Le Biais Vert, entre autres, se sont joints à l'action de désobéissance civile lancée par Act For Climate Justice en ce 24 mars 2019.

© Act for Climate Justice

        Dès 18 heures, ils étaient déjà plusieurs centaines de citoyens (des jeunes, des organisations de la société civile, des personnalités, des artistes, des scientifiques et des activistes climatiques) à occuper le Parc Royal. Après une négociation avec Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, le siège a été déplacé d'une centaine de mètres en dehors de la zone, dite neutre, interdite aux manifestations pour se positionner rue de la Loi. L'accord a été accepté par l'organisation afin de permettre l'approvisionnement de la nourriture et de sacs de couchage.

        La vidéo « Occupy For Climate » dans laquelle les personnalités Anuna De Wever, Adélaïde Charlier, Féliciens Bogaerts et Bouli Lanners appellent à la mobilisation circule sur les réseaux sociaux :

           Les militants (environ 300 personnes selon la RTBF et 400 selon l'organisation) sont actuellement encerclés par la police. Il est désormais impossible de rentrer dans le périmètre mais possible d'en sortir après fichage. Les contrôles d'identités sont systématiques.

          À 21H40, Féliciens Boagerts lance un appel aux restaurateurs pour approvisionner la nourriture manquante jusqu'au 26 mars...si la police n'intervient pas pour évacuer les manifestants d'ici là.

         À 23H43, Act For Climate Justice informe : les citoyens se sont vu refuser l'approvisionnement de la nourriture et des sacs de couchage, contrairement à l'accord passé avec Philippe Close. On leur laisse accès à l'eau. La température actuelle est de 4°C.

        Des citoyens (une centaine. Chiffre à confirmer) sont venus apporter leur soutien devant le siège interdit d'accès. Des interpellations ont eu lieu (avec amende) et des arrestations (des personnes tentant d'entrer dans la zone, dont un journaliste avec carte de presse).

        Une des personnes arrêtées, conseiller communal, témoigne : « nous étions une vingtaine de personnes. Des ordres contradictoires semblaient arriver. Les policiers étaient très nerveux et ont changé plusieurs fois d'avis et de route. Finalement, il nous ont emmenés au poste pour prendre nos identités et nous ont relâchés après nous avoir bien fait comprendre que s'ils nous revoyaient, y aurait pas de cadeau. »

         Informations actualisées le 25 mars 2019

         Le lendemain, le 25 mars, tôt en matinée, et suite aux négociations, le campement a été libéré et déplacé place du Trône. Il est à présent possible de rejoindre la mobilisation.

© Extinction Rebellion
© Act for Climate Justice

        Le premier Ministre de Belgique, Charles Michel était l'invité de la matinale sur RTL à 7H50.  Il fit preuve de frilosité  :

       « Je ne peux prédire ce qu'il se passera mais je veux être clair sur le sujet : cette loi climat, si elle exprime des ambitions et des méthodes pour être plus efficace, est une bonne chose mais nos citoyens qui veulent des efforts supplémentaires pour le climat doivent comprendre que lorsqu'on prend des mesures, il y a un impact. Le financement ne tombe pas du ciel, il y a toujours quelqu'un qui paie l'addition. Et souvent, ce sont les classes moyennes, les gens qui travaillent avec des bas et des moyens salaires (...)J'appelle ceux qui veulent surfer sur l'émotion à du sérieux ». 

        Interrogé également dans l’émission Matin Première sur RTBF, Charles Michel s'est cependant montré favorable en appuyant la révision de l’article 7bis de la Constitution : « nous sommes prêts à avancer s’agissant du climat ». Il a toutefois signifié le refus d’« ouvrir la boîte de Pandore » des conflits communautaires et institutionnels au départ de ce débat.

        En effet, la proposition de loi spéciale climat a été co-signée par les écologistes, les socialistes, le cdH, DéFI ainsi que récemment par le MR (qui jusque dernièrement privilégiait la voie d’un accord de coopération entre les différentes entités du pays), mais refusée pour l'instant par les partis flamands la N-VA, Open VLD et CD&V. La majorité spéciale nécessaire (deux tiers des députés et une majorité simple) paraît inaccessible actuellement.  Une situation lourde de conséquence, comme le rappelle Act For Climate Justice qui avait invité les partis politiques à prendre une décision raisonnée par-delà les clivages :

       « Cette action est l'action de la dernière chance. Pour pouvoir faire passer une loi climat ambitieuse, il faut que ce mardi l'article 7bis de la Constitution soit modifié. Sinon, lorsque le parlement sera dissout début avril, l'article 7bis risque de ne plus pouvoir être révisé avant 2024 au moins » .

La statue équestre de Léopold II, place du Trône © Simon Breeveld

         La deuxième nuit est l'occasion pour les militants de se réunir en Assemblée, puis de fêter cette possible « victoire historique ». Des concerts sont organisés pour remercier les manifestants, toujours plus nombreux à venir grossir les rangs de la mobilisation.

         Le mardi 26 mars, la jeunesse belge, structurée sous les organisations Youth for Climate, Generation Climat, Students for Climate, changera ses habitudes. Elle, qui se réunit habituellement le jeudi, marchera dés 10H30 depuis la gare du Nord pour rejoindre la place du Trône à 12H afin de faire converger la marche « Climate March for a better future » avec « Occupy For Climat » en cette matinée charnière. L'avenir de la jeunesse tient, pour beaucoup, entre les mains des politiques qui statueront à La Chambre en ce 26 mars 2019.

        Informations actualisées le 26 mars 2019

         Les militants savourent l'annonce :  « la révision de l'article 7bis a été adoptée ! L’action a donc porté ses fruits.»

         Un enthousiasme de courte durée pour Act For Climate Justice, lucide quant aux autres étapes à franchir pour aboutir à l'application de La Loi Climat :  « Ne crions cependant pas victoire car ceci ne reste qu'une première étape. La mobilisation doit continuer jusqu’à jeudi pour l’heure de vérité sur la loi climat ! »

          En effet, la révision constitutionnelle sera soumise jeudi 28 mars à la séance plénière de la Chambre avant de devoir passer l'épreuve du Sénat. Et, sans changement d'attitude des partis réfractaires, le rejet est plus que probable. La mobilisation citoyenne fera-t-elle plier le CD&V, l'Open Vld  et la N-VA ? Il reste peu de temps pour permettre le vote de la Loi Climat, avant les élections du 26 mai.

Pour comprendre les enjeux liés à la Loi Climat :

-un article

-une vidéo.

Suivre l'évènement « Occupy for Climate » en direct.

     Le lien vers l'article du 24 mars de la RTBF : « Des manifestants pro-climat camperont sur la rue de la Loi jusque mardi : revivez la première soirée de mobilisation ».

Le lien vers l'article du 25 mars de La Libre : « Charles Michel: "Nous sommes prêts à avancer s'agissant du climat ».

Le lien vers l'article du 25 mars de Paris Match Belgique : « #Occupyforclimate : Mais que contient vraiment la loi climat discutée à la Chambre ce mardi ? ».

Le lien vers l'article du 25 mars de Le Soir : « "Occupy For Climate"» se prépare pour une deuxième nuit de mobilisation ».

Le lien vers l'Édito du 26 mars de La Libre : « Est-ce dans l’urgence qu’on décrochera les mesures les plus efficaces pour le climat ?».

Le lien vers l'article du 26 mars de La Libre :« La loi Climat franchit un nouvel obstacle en commission de révision de la constitution...avant un probable échec en séance plénière ».

Le site de Act For Climate Justice.

Logo d'Act For Climate Justice © Act for Climate Justice

Sarah Seignobosc

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