Convoi pour la Grèce: Pharmakeio

01/04/2015

Je me réveille, il fait déjà bien jour, quelle heure est-il? 10h, bordel, j’ai l’impression d’avoir perdu des points de vie. Avant de partir, je dois raconter mes deux premiers jours aux copains sur Facebook et j’ai une connexion de mauvaise qualité, je ne suis pas sortie de l’auberge. Je dois passer à la banque, Jules vient de virer sur mon compte des sous pour acheter des médicaments aux Grecs et je n’ai pas cette somme en cash. Sauf que j’ai déjà tiré tout ce que je pouvais en France, mon plafond hebdomadaire ne me permet pas plus. Putain de banque, je ne peux pas les saquer. J’espère que ça va passer. 

Aujourd’hui, c’est pharmacie. Je dois acheter pour 600 euros de médicaments, Sofia m’a fait la liste de ceux dont elle a le plus besoin et dont elle manque. Principalement des antidiabétiques hypoglycémiants, du Clopidogrel pour les coronariens sévères et du Singulair pour les asthmatiques.

Chouette chouette chouette, il fait beau. Ca va me réchauffer, il n’y avait plus d’eau chaude pour la douche, du coup j’ai pris la version écossaise. Je pense aux 40% de Grecs qui ont passé l’hiver sans chauffage.

A la banque, je ne comprends rien au distributeur, même en anglais. Dommage qu’il n’y ait pas une version en langage du voyageur paumé avec gestes et onomatopées. 

Je clique sans conviction sur la première touche, on me propose de choisir ma somme. Je vais en prendre pour moi aussi, on mange bien ici…Et puis sur les îles je peux avoir besoin. Pouf, 500 euros sortent de la machine. Ca a marché. Je ne suis pas rassurée, je me balade dans le quartier d’Athènes qui craint le plus avec pas moins de 1100 euros dans mes poches. Ben oui, si ça ne marchait pas à la banque, il fallait bien que j’aille quand même à la pharmacie…

Direction le quartier des Halles, c’est là que se trouve le dispensaire. J’entre dans une pharmacie.

Je montre à la dame au comptoir ma liste et lu demande le prix de chaque boite. Elle sort un gros livre dans lequel il y a le nom de tous les médicaments, DCI et marques. Il y a les prix de chaque dedans. Ouf, ça semble un peu moins cher qu’en France. Enfin pas pour tous. La dame, elle n’a pas l’air de comprendre pourquoi je lui demande cela. Elle est pas très souriante. Je lui dis que je dois faire des calculs avant de passer commande. J’ai dit aux copains que j’allais acheter insuline et vaccins. Car ils en ont besoin. Sauf que Sofia m’a expliqué que les dispensaires ne sont pas habilités à vacciner. Et que l’insuline, pour des raisons de conservation, c’est compliqué aussi. Si les gens n’ont pas l’électricité, ils ne peuvent pas le conserver. Mais le diabète non soigné, ça tue vite. Du coup, ils ont choisi l’option antidiabétiques oraux hypoglycémiants. Papa m’avait expliqué avant que je parte que pour les mêmes raisons, quand il était parti en Syrie soigner des gens pendant la révolution, ils avaient fait le même choix et que cela en faisait un médicament très précieux. « La richesse » comme il dit. Du coup, pour respecter mes engagements au mieux, je vais acheter 40 boites d’ADO, 10 boites de Singulair, 20 boites d’anti-hypertenseurs et 8 boites de Clopidogrel. 

Je tends mon papier à la dame. Elle le regarde. Elle me regarde. Elle me dit qu’elle ne comprend pas. Je lui explique que j’ai besoin de tout ça. Elle appelle quelqu’un qui parle mieux anglais qu’elle. Peut être son fils. Je lui explique. Il me dit que ça fait beaucoup de médicaments, qu’ils ne sont pas habitué, qu’en Grèce ils n’ont dans la pharmacie que quelques boites de chaque, parfois qu’une. Il me dit que si je peux attendre un peu, il va aller voir son boss dans une autre pharmacie. Il tient la réserve. Il me demande 15 minutes. OK, j’attends. La dame me demande ce que je vais faire de tout cela. Je lui explique. Elle me sourit. Elle me propose un siège et quelque chose à boire. J’attends. Je repense à un drôle de moment de la veille. Le matin, avant d’aller au musée avec Colette, on est entré sous une sorte de chapiteau sur la place Syntagma devant le parlement, sous lequel il y avait une expo gratuite. Là, un vieux monsieur bien habillé s’approche de moi. Il me baragouine un truc en Grec. Je lui explique que je suis française. Il dit « oh enchanté! » et il me fait le baise main. Il me demande mon nom. Je lui demande le sien. « Zorze ». Les grecs ne savent pas prononcer les g. Il s’appelle donc Georges. Le voici, à l’aise, qui se met bras dessus bras dessous avec mon bras gauche et commence à marcher en me parlant. Je ne comprends rien. Colette arrive. Elle me demande si je le connais. Je présente Colette à Georges puis lui dit au revoir, récupère mon bras et sort du chapiteau. Colette balance: « Sarah tu la laisses 5 minutes, tu la retrouves en train de se faire draguer par un vieux. »

Le jeune homme de la pharmacie revient un sac à la main. Il sort le butin. Son boss s’est trompé. Il manque du Gliclazide et du Clopidogrel. Il y retourne. J’attends. Il revient avec le Gliclazide manquant. Mais son boss n’a plus de Clopidogrel. Il va falloir que j’aille voir ailleurs chez les Grecs. Je sors le Pactole. Poignée de main, la dame me dit qu’elle est très heureuse de m’avoir rencontrée (tu m’étonnes), que c’est une richesse pour eux. Elle me souhaite bon courage.

Bon, il me reste à trouver 6 autres boites de clopidogrel. Ici, c’est environ 18 euros la boite de 28 comprimés. Or quand vous prenez du clopidogrel, vous avez tous les autres traitements qui vont avec. Alors quand vous n’avez pas de couverture maladie, cela représente une fortune.

Il y a une petite pharmacie pas loin. Je rentre. Au comptoir, il y a un vieux monsieur. Tout ridé, tout maigre, tout tordu et tout penché vers l’avant. Il porte un long gilet noir tout râpé. J’ai jamais vu un pharmacien aussi vieux. C’est comme ça que j’ai toujours imaginé l’Avare de Molière. Harpagon, il a un pansement sur le front qui baille et ne sert visiblement à rien et qui lui tombe sur les sourcils. J’ai jamais vu un type qui ressemblait aussi peu à un pharmacien. Il avance à petits pas vers moi. Je lui explique. Lui aussi sort son gros livre avec tous les noms de médicaments. Je lui demande si les prix sont les mêmes partout. Il m’explique que oui, que tous les pharmaciens ont le gros livre et doivent respecter le prix écrit dedans. Du Clopidogrel, il en a plusieurs sortes. Mais pas assez de chaque. Son officine n’est pas grande. Il va chercher une première marque. Puis à petits pas revient vers le livre pour rechercher une autre marque. Il va la chercher. Cette fois ci deux boites. Petits pas. Il retourne au livre. Puis l’officine. Petits pas. Une boite. Ca en fait 4, il n’en manque que deux. Cela dure une éternité. Mais j’ai du temps. Deux autres boites arrivent à petits pas. Il a des noms bizarre ici le Clopidogrel. « Cardiator » par exemple. J’imagine la molécule  qui vient déglinguer à coup de bazooka les amas plaquettaires sur les plaques d’athérome coronariennes. C’est pas vraiment comme ça que ça marche. Mais ça fait très « Il était une fois la vie ».

Le monsieur me demande pourquoi j’achète tout cela. Je lui explique. Il me prend la main. Il la serre fort. Il me dit merci, qu’ils ont besoin de nous, que c’est très bien, qu’il est très heureux de m’avoir rencontrée. Il me sourit. Je repense à Bernard disant que le philosophe a écrit que celui qui donne est toujours plus heureux que celui qui prend. C’est vrai je crois. Mais je ne veux pas avoir à donner des médicaments. Ce n’est pas une solution. C’est du traitement symptomatique. Et quel bon médecin peut se satisfaire d’un traitement symptomatique? La solution est politique. J’en veux à la Troika, à l’Eurogroupe, à l’idéologie néolibérale. Je voudrais qu’ils soient là, à coté de moi et qu’ils voient ce vieux monsieur qui travaille encore, à petits pas et tout tordu. Je voudrais qu’ils voient tous ces gens prêts à accepter la charité des autres. Mais qui peut donc se contenter de la charité? Les riches adorent faire la charité. Bill Gates en tête. Cela les déculpabilise de s’enrichir par l’exploitation du travail des autres. Et c’est valorisant. Mais payer ses impôts, même si le but est en partie le même, ça, il ne veulent pas faire. Tous ces milliards dans les paradis fiscaux. C’est vachement moins valorisant de payer ses impôts. La dame du trésor public elle ne vous prend pas la main, elle ne la sert pas fort, elle ne vous sourit pas et ne vous remercie pas. L’humanitaire, c’est le meilleur alibi du capitalisme. Ca lui donne bonne conscience. Je n’ai démarché aucun labo pour ramener des médicaments ici. Plutôt crever que leur donner l’occaz de se déculpabiliser et de passer pour des princes. De toutes façons, les représentants pharmaceutiques nous disent qu’ils ne le font quasiment plus. Dividendes obligent. Non, au diable la charité des labos. La solidarité citoyenne ça a une autre gueule. J’ai envoyé un mail, mis un message sur Facebook, coaché la responsable du matos de mon service qui a activé le réseau copines qui récupèrent ce dont l’hôpital ne veut plus, appelé ma famille et démarché 5 pharmacies. Bilan: 35 kilos de médicaments et 600 euros de dons. Le total équivaut à plusieurs milliers d’euros. Mes copains, ils payent leurs impôts, ils travaillent comme des cons et ils ont aussi leurs galères. Mais ils ont participé ou au moins essayé. Dans ta face la Troika. 

Je lâche la main du vieux monsieur. Il me reste un peu plus d’une heure avant d’aller au dispensaire. Finalement je ne déjeune pas avec Sofia aujourd’hui. C’est remis à demain. Je vais aller voir les Halles, dans le Routard ils disent que c’est très chouette.

Dans les Halles couvertes il y a les bouchers d’une part et les poissonniers de l’autre. Des tonnes et des tonnes de barbac sont étalées et accrochées là. Des bacs remplis de têtes de mouton, des dizaines de paires de poumons pendues accrochées à des foies. Les bouchers sont marrants. Du côté des poissons il y a des tas de calamars, seiches, et comme on dit ici « d’octopus ». Tout autour des Halles, les échoppes vendent fruits, épices, bric à brac, droguerie. Ca sent bon, il fait beau, je me sens bien ici.

C’est l’heure d’aller au dispensaire. La pharmacienne du jour parle aussi français. Elle n’est pas au courant que je devais passer. Je lui explique que je ramène ce que Sofia m’a demandé. Nous rangeons les médicaments. On me présente l’équipe du jour. Le dentiste, le chirurgien, les assistantes de la pharmacienne. Les dames qui accueillent les patients sont les mêmes qu’hier. La pharmacienne me demande si je veux un papier écrit officiel de remerciement pour les gens. Je lui explique que ce n’est pas nécessaire, que je leur dirai. Elle me dit que ce serait mieux. Je lui dis que Sofia a mes coordonnées. Coup de téléphone:

Costa: « SARAH T’ES OÙ? »

Moi: « Au dispensaire »

Costa: « TU FAIS QUOI ENCORE LÀ BAS? »

Moi: « Ce que je suis venue faire en Grèce »

Costa: « MAIS ARRÊTE AVEC TES HISTOIRES DE MÉDICAMENTS ET DE GAUCHE, TU AS MANGÉ? »

Moi: « Non »

Costa: « T’ES OÙ, J’ARRIVE, ON VA MANGER ENSEMBLE! »

Moi: « Près des Halles. »

Costa: « C’EST QUOI LES HALLES, JE CONNAIS PAS »

Moi: « En français cela veut dire un grand marché couvert »

Costa: « MAIS CA C’EST UN TRUC POUR LES GENS DE GAUCHE CA!  MAIS C’EST OU? »

Moi: « Près d’Omonia »

Costa: »OUAIS T’ES ENCORE CHEZ LES PAUVRES! »

Moi: « Bon tu viens ou pas? Il est 15h, j’ai pas mangé aujourd’hui, je commence à avoir faim. »

Costa: «TU VIENS OU JE VIENS ? »

Moi :  « Tu viens ».

Costa: « MAIS QU’EST CE QUON VA FAIRE DANS LES TRUCS DE GAUCHE? »

Moi:  « Fais moi confiance, ramène toi, dans combien de temps tu es là? »

Costa: « 10 MINUTES »

Moi: « 10 minutes de moi ou 10 minutes de toi? »

Costa: « PROMIS PROMIS, 10 MINUTES GRAND MAXIMUM! »

Je termine avec la pharmacienne. Je lui dis qu’elle m’appelle si elle a besoin de moi. On parle un peu de l’organisation du dispensaire. Costa rappelle, il hurle qu’il ne me trouve pas. Je descends.

Il est là avec son scooter rouge. Il rigole encore. Il me dit que c’est vraiment un quartier « très gauche ». Il me demande où on va. Je lui parle d’un resto populaire dans les Halles dont ils parlent dans le Routard. Il me regarde avec des gros yeux et me dit « Quoi? tu veux manger ici? ».

Moi: « Fais moi confiance sil te plait . Viens c’est à côté, on y va à pied. »

Costa: « Non, on y va en scooter ».

Moi:  « Mais c’est à deux rues! »

Costa: « Viens je te dis ! »

Ca pue le plan foireux. Ici tout le monde conduit n’importe comment, les piétons sont quantité négligeable et ça klaxonne tout le temps. Mais je n'ai visiblement pas le choix sinon je vais devoir négocier pendant des heures. Il est aussi casse couille que moi le chirurgien.

C’est parti. Au bout de deux minutes il s’arrête pour me demander où c’est. Le type derrière klaxonne. Costa se retourne. ils commencent à s’engueuler. Avec les bras en l’air et tout. J’attrape Costa par les bras, je le secoue et lui dit d’arrêter son bordel et de tourner à gauche. Il s’exécute. Ouf. On arrive devant les Halles. Il voit la barbac qui pendouille. Il se retourne puis me dit « c’est quand même pas la qu’on mange hein? » Moi: « Si si c’est bien là ».

Il me dit « c’est vraiment trop gauche pour moi »

Je lui demande de me faire confiance. Il veut d’abord appeler le resto. Je lui dis que ce n’est pas nécessaire, c’est juste à coté. Il insiste. Il appelle. Je ne comprends rien. On y va. Il me dit qu’il n’est jamais venu ici, qu’il ne savait même pas que cela existait à Athènes. C’est comme si un parisien ne connaissait pas les puces ou le Montparnasse. On trouve le resto. La dame du resto parle couramment le français et elle est hyper sympa. Elle m’explique qu’elle a vécu plusieurs années en suisse et un peu en France. Elle remarque que j’ai le Routard.Elle explique à Costa qu’elle devine dubitatif qu’ils sont dans le Routard, dans d’autres guides, qu’elle est passée à la télé en France et à TV5Monde. Costa semble étonné. La dame se moque de lui et nous dit que c’est quand même un comble que ce soit une française qui lui fasse découvrir les Halles.

Costa commande une pinte de bière, moi un peu de vin. Les assiettes arrivent. Costa approche avec son bout de pain. Le suspens est à son comble. Il mange. « Mmmmh! c’est très bon! Bravo! Bravo Sarah! C’était une très bonne idée! ». Il dit à la dame « Bravo! Bravo! ». 

Alors que mon vin arrive, Costa a déjà fini sa première pinte. Il en commande une deuxième. Puis vite une troisième. Je lui demande s’il compte conduire après. Il me dit que oui, que ce n’est pas un problème ici. Bon. Costa ne cesse de rire et de se moquer de moi. Mais parfois il s’arrête de rire et me pose une question sérieuse. « Tu dis que tu te sens libre, est ce que tu crois que c’est ça le bonheur? ». Il ne sourit pas. Je lis quelque chose de mélancolique dans ses yeux. Presque de la tristesse.

Je lui demande: « C’est quoi le bonheur pour toi ? »

Silence.

Lui: « Je ne sais pas ».

Moi: « Es tu heureux? »

Silence.

Lui: « Je ne crois pas ».

La dame ramène sa bière.

Moi: « Tu travailles peut être beaucoup? »

Lui: « 10 à 12 heures par jour tous les jours de la semaine . Hier je suis sorti à 2h. »

Moi: « As tu des enfants? »

La dame ramène sa bière.

Moi: « As tu des enfants? »

Son téléphone sonne. Il part répondre. Il revient.

Lui: « C’est quoi le bonheur pour toi? »

Moi:  « Ma liberté intellectuelle, d’agir, de penser, d’être, mes amis, ma famille, lire, voyager, échanger. »

Lui: « Et l’amour? »

Moi: « c’est quelque chose de trop fragile pour que l’on puisse se permettre de faire reposer son bonheur dessus. »

Il me dit qu’il ne croit pas qu’une femme puisse souhaiter autre chose que le mariage. Je l’informe que cela existe.

La dame amène du vin. je lui dis que je n'en ai pas commandé. Elle me dit que Costa l’a commandé pour moi. Je dis à Costa que je n’en veux pas, que j’ai déjà bu 2 verres, que cela me suffit. Il n’est pas d’accord. Il dit que c’est pas grave. Costa rit encore. Il me demande pourquoi je suis de gauche. Je lui explique. Il me dit que la gauche est morte avec Staline. Je lui explique le gouffre entre Marx et Staline. Je lui explique que Marx aurait durement condamné Staline, que c’était incompatible avec ses idées. Son téléphone sonne. Il doit retourner à l’hôpital. Il me dit qu’il m’appelle quand il a fini, qu’il me retrouve dès qu’il peut, en fin d’après midi. Nous sortons. Il a déjà payé. Derrière mon dos, quand il a répondu au téléphone.

En me promenant dans la rue, je constate que jusqu’ici, je n’ai vu aucun drapeau européen. Pas un seul. Il y a des drapeaux grecs partout, bien plus qu’en France, mais pas un drapeaux européen. je constate qu’il y a des quartiers tous beaux et à deux rues des quartiers défoncés. Je rentre à l’Auberge.

Dans ma chambre, il y a Elisa. Elisa est italienne, elle a mon âge. On se met sur le balcon pour faire connaissance et profiter des derniers rayons. Je lui demande ce qu’elle pense de la situation politique en Italie et en Grèce. Elle me dit qu’elle n’en sait rien, qu’elle ne s’y intéresse pas, que ça a l’air trop pourri. Elle me demande pourquoi je m’y intéresse et comment je connais toutes ces choses sur la situation en Grèce. Elle me raconte qu’elle est secrétaire de comptabilité, qu’elle ne veut pas gagner des tonnes de fric mais juste vivre et voyager. On décide d’aller manger en ville. Elle me parle de son copain qui l’ennuie, de son amant qui est marié avec deux enfants. Elle me dit qu’elle se sent mieux depuis qu’elle a cessé de se préoccuper du regard des autres. Je lui parle de Rémy, de Marc et de ses deux enfants. On mange bien trop. On parle politique, sentiments, musique… Il est presque minuit, je suis fatiguée, il est temps de rentrer. Costa ne répond pas au téléphone. Je lui dis que je suis rentrée, que c’est dommage que l’on ne se soit pas dit au revoir et que je lui souhaite bon courage. Décidément, les rendez vous, c’est pas son truc.

(Episode 1 ici: http://blogs.mediapart.fr/blog/sarah-kilani/070415/convoi-pour-la-grece-debut-improbable

La suite: http://blogs.mediapart.fr/blog/sarah-kilani/070415/convoi-pour-la-grece-exarchia-version-1-anarchisme)

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