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Billet de blog 8 déc. 2017

A Bure, les nucléocrates n’achèteront pas les consciences

Le gouvernement Macron a tenté de passer en force mercredi 6 décembre en déposant à l'Assemblée Nationale un amendement visant à augmenter les retombées fiscales du projet de poubelle radioactive CIGEO. Ces méthodes illustrent la violence de l'oligarchie nucléaire qui cherche à évacuer les questions de fonds en arrosant d'argent le territoire.

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Les projecteurs étaient ailleurs mercredi soir. On célébrait la société du spectacle et les chanteurs de variété. On aurait presque pu ne pas s’en rendre compte, de ce petit amendement glissé en catimini au cours de l’examen du projet de loi de finances rectificative. 

Porté par le gouvernement en la présence de la toute nouvelle secrétaire d’Etat à l’économie, Dephine Gény -Stephann ( X-pont, ancienne de Saint Gobain), cet amendement visait à modifier les retombées fiscales liées à la poubelle nucléaire CIGEO en Meuse.  

Il faisait remarquer que l’attrait financier n’était pas suffisant, étant concentré sur « un nombre limité de collectivités territoriales peu peuplées ».  Pour le gouvernement, il fallait ouvrir davantage le robinet atomique.

Rappelons que depuis des années, les départements de la Meuse et la Haute Marne reçoivent 60 millions d’euros par an.  Un supplément de 500 euros par habitant est attribué aux quinze communes situées à moins de 10 kilomètres du laboratoire. C’est une première en France : Jamais un territoire n’a été autant arrosé en amont d’un projet. Les travaux de CIGEO n’ont toujours pas commencé et le projet possède une existence légale que depuis juillet 2016.

Sur ce territoire paupérisé, les lampadaires sont d’un rouge clinquant, les trottoirs refaits à neuf, les façades rénovées comme une belle vitrine. Mais le désert continue de s’accroitre, l’argent n’a rien fait pour arrêter la spirale du déclin. Au contraire. Il finance les futurs acteurs du BTP qui travailleront sur ce chantier titanesque mais laisse crever le tissu économique local, la fabrique artisanale de meuble ou l’industrie. En 2018, 5 collèges vont être obligés de fermer, les villages se dépeuplent et les valises de billets n’y feront rien. Personne ne veut de cette poubelle qui menace le territoire, ses paysages, ses champs, ses forêts.

Cet amendement rajoute une couche au scandale. Sa méthode est exécrable – déposé à la dernière minute, l’amendement échappe au débat démocratique, il ne s’accompagne pas d’une étude d’impact et ne chiffre pas son coût. C’est un passage en force, autoritaire, doublé d’un profond mépris. On croit pouvoir acheter les consciences d’une population rurale délaissée et évacuer les questions de fonds.

Des experts indépendants ont pourtant montré qu’il y avait un fort risque d’incendie au fond des galeries. Le gouvernement croit-il que c’est en finançant des lampadaires, des festivals du beignet de la choucroute (véridique) ou en diminuant les taxes locales, qu’il resoudra ces questions essentielles ?

L’amendement a finalement été retoqué. Mais il illustre la manière de faire de l’oligarchie nucléaire, la politique du fait accompli et du bulldozer. Ce n’est qu’un épisode de plus qui s’ajoute aux autres. En juillet 2015, un amendement sur CIGEO avait été rajouté à la loi Macron juste avant son adoption finale en 49.3. Depuis 2014, on dénombre pas moins de quinze tentatives infructueuses d’amendement CIGEO dans des lois hors sujet.

Ces méthodes renforcent notre détermination sur le terrain où nous devons faire face au bras armé de l’Etat et aux pressions policières quotidiennes.

Des actions ont également lieu du 6 au 12 décembre partout en France pour dénoncer la récente prise de position de Nicolas Hulot sur CIGEO. Il déclarait que ce projet était "la moins mauvaise solution". Voir le site vmc.camp pour un suivi des actions. 

Nous ne lâcherons rien !

 Des hiboux du bois Lejuc,

Une forêt occupée depuis juin 2016 pour stopper les travaux de CIGEO

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