Bilderberg 2014 : un monde qui bascule ? (I)

La clôture de la rencontre de Bilderberg de 2014, ce 1er juin à Copenhague, ne semble pas s'accompagner d'une plus grande transparence que les jours précédents en ce qui concerne le comportement des grands médias français. Notre article de ce jour « Bilderberg 2014 : un contexte sous tension (II) » souligne cette circonstance et analyse brièvement les questions stratégiques qui semblent avoir fait l'objet des débats de la réunion de Copenhague. Si le programme initial prévoyait des sujets tels que le caractère durable de la prétendue « reprise économique », l'avenir de la « démocratie » et des classes moyennes ou le Moyen-Orient, d'autres thématiques semblent être venues s'ajouter sur le terrain, à commencer par le « nationalisme » en Europe. Il apparaît, à l'examen des questions abordées dans cette rencontre, que la situation des « puissances occidentales » semble devenir de plus en plus délicate. L'équilibre mondial serait-il en passe de basculer ?

Notre article « Bilderberg 2014 : un contexte sous tension (II) », sur le blog La Science au XXI Siècle, commence ainsi :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/06/01/bilderberg-2014-un-contexte-sous-tension-ii-49980.html

Le 1er juin 2014 se termine à Copenhague la rencontre de Bilderberg de cette année. La presse française semble garder le silence sur cette réunion, pourtant bien plus importante d'après la liste des participants que nombre d'événements qui accaparent souvent l'actualité. Qu'a-t-il résulté de cette rencontre impliquant les coupoles des milieux financiers, des grandes multinationales, du monde politique... ? Un programme préliminaire avait été rendu public, mais en toute logique le programme réel n'a pu être décidé que sur place. A fortiori, compte tenu du résultat des dernières élections européennes comme déjà souligné dans nos articles « Bilderberg 2014, cette semaine à Copenhague », « Bilderberg 2014 : un contexte difficile », « Bilderberg 2014 : un contexte sous tension (I) » et « Bilderberg 2014 : une rencontre sur fond de crise ». RT News (Novosti) écrit « Bilderberg actually talks nukes, euro nationalism and... Barack Obama – leak », se référant à des informations fournies par Daniel Estulin. L'Iran et le nucléaire, le gaz fourni par la Russie à la Chine, la « montée du nationalisme » en Europe, l'internet, l'Ukraine, le changement climatique... auraient constitué les principaux soucis des participants à cette rencontre. Rien de vraiment surprenant et qu'on ne pouvait facilement deviner au vu du contexte. Times of Israel commente « Secretive Denmark summit spawns protests, conspiracy theories » et souligne le problème posé par le manque de transparence des débats, ainsi que la présence de deux participants chinois. En effet, la participation de nombreux représentants du monde politique et d'institutions publiques a toujours soulevé la question des explications que ces responsables devaient aux citoyens et aux militants de leurs propres partis. Mais si des médias US, russes, britanniques, belges, suisses, italiens, espagnols, israéliens... ont diffusé en temps utile des informations sur cette rencontre de Bilderberg, tel ne semble pas être à ce jour le cas de leurs homologues français. (...)

(fin de l'extrait)

L'article passe brièvement en revue les sujets qui, d'après des informations récentes, auraient été incorporés dans les débats de la rencontre. La situation ne paraît guère rejouissante pour les « décideurs » US et Européens, et tout particulièrement en ce qui concerne l'avenir de l'Union Européenne. La perspective d'un développement accéléré des rapports économiques entre la Russie et la Chine fait partie des soucis de « nos élites occidentales ».

 

S'agissant de la participation de la secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur Fleur Pellerin et du secrétaire général adjoint de l'Elysée Emmanuel Macron à cette rencontre de Bilderberg, il ne semble pas que les agendas officiels en fassent état. Pourtant, son importance ne fait aucun doute.

En revanche, le communiqué du Conseil des ministres tenu juste avant cette réunion met encore l'accent sur « l'attractivité de la France pour les investissements internationaux » dans la logique des « marchés de la main d'oeuvre » européen et planétaire que les travailleurs français rejettent de plus en plus ouvertement.

Le communiqué évoque explicitement le rôle en la matière du ministre des affaires étrangères et du développement international Lurent Fabius, et de la secrétaire d’État chargée du commerce extérieur, Fleur Pellerin.

Suit un extrait du Conseil des Ministres du 28 mai 2014

Source : site de l'Elysée

http://www.elysee.fr/conseils-des-ministres/article/compte-rendu-du-conseil-des-ministres-du-28-mai-201/

(...)

COMMUNICATION - L’ATTRACTIVITÉ DE LA FRANCE POUR LES INVESTISSEMENTS INTERNATIONAUX

Le ministre des affaires étrangères et du développement international et le ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique ont présenté une communication relative à l’attractivité de la France pour les investissements internationaux.

Les classements internationaux confirment régulièrement que la France est l’un des pays les plus attractifs d’Europe pour les investissements, suscitant de nombreuses créations d’emploi. Outre la capacité d’innovation du pays, ces classements relèvent que les principaux atouts de la France sont des secteurs industriels d’excellence, de multiples entreprises de rang mondial, une tradition de créativité et d’inventivité, sa capacité à former et attirer des talents, et son indépendance énergétique.

Ces résultats constituent un encouragement à la poursuite de la politique engagée par le Gouvernement pour redresser l’attractivité du territoire au service de l’emploi et de la croissance. Ils témoignent de ce que les décisions prises commencent à porter leurs fruits : le pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi ; le plan pour les investissements d’avenir ; la création de la BPI ; l’accord sur la sécurisation de l’emploi ; le décret de réforme de la formation professionnelle ; les 34 plans sectoriels pour la nouvelle France industrielle ; les efforts de structuration des filières ; le crédit d’impôt compétitivité-emploi ; la priorité accordée à la diplomatie économique et la constitution d’un grand « pôle international » au sein du Gouvernement, qui réunit les affaires étrangères, le commerce extérieur et le tourisme.

La plupart de ces mesures sont opérationnelles ; elles doivent être prolongées, et amplifiées. Le pacte de responsabilité et de solidarité améliorera encore la compétitivité-coût des entreprises, qui demeure un élément essentiel de l’attractivité du site France. La réduction des charges au bénéfice des entreprises, la réduction du taux d’impôt sur les sociétés, la diminution des prélèvements salariaux pour mieux rémunérer le travail, la simplification de la vie des entreprises et la modernisation du dialogue social sont des chantiers engagés et particulièrement attendus par les décideurs économiques.

Ces mesures macro-économiques doivent contribuer à un état d’esprit général plus favorable aux entrepreneurs et à leur développement international, donc à la croissance et à l’emploi.

Loin des clichés qui subsistent, dans un environnement concurrentiel, la France doit rappeler qu’elle est un pays au cœur de l’Europe, ouvert sur le monde, performant et innovant, engagé dans le redressement de ses finances publiques à travers des réformes structurelles pour soutenir sa compétitivité et conforter son attractivité.

Un effort particulier sera consenti en matière d’attractivité des investissements venant des grands pays émergents, en renforçant dans ces pays de façon prioritaire la prospection, ce que favorisera la fusion de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) et de l’Agence française pour le développement international des entreprises (Ubifrance), et en y déployant de façon volontariste la promotion du site France.

Le ministre des affaires étrangères et du développement international et la secrétaire d’État auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger seront pleinement engagés dans les prochains mois pour faire de l’attractivité une priorité des ambassades et du réseau diplomatique, des représentants spéciaux, des fédérateurs des familles prioritaires à l’export (mieux se soigner, mieux vivre en ville, mieux communiquer, mieux se nourrir, mieux se divertir, mieux voyager), mais aussi de l’ensemble des réseaux parapublics ou privés de la France à l’étranger.

(...)

(fin de l'extrait, droits de reproduction réservés et strictement limités)

 

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