Conseils du CNRS : après les élections

Le 10 juillet, dans un article intitulé CNRS, élections, abstention...(I), nous avons entrepris de commenter les résultats des élections récentes aux Conseils Scientifiques du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et des Instituts du Centre, dont le dépouillement a eu lieu le 8 juillet. Plusieurs notes de notre blog La Science au XXI Siècle seront consacrées à cette analyse. Un premier constat nous semble s'imposer : une nouvelle montée de l'abstention, dont il conviendra de comprendre les causes, n'en déplaise à des directions syndicales qui gardent le silence sur ce phénomène inquiétant.

 

Dans notre article du 10 juillet CNRS, élections, abstention...(I), nous écrivons notamment :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/07/10/cnrs-elections-abstention-i.html

Les élections récentes aux Conseils Scientifiques du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et des dix Instituts du CNRS, dont le dépouillement a eu lieu jeudi dernier, n'ont pas été une exception à cette tendance [l'abstention]. Bien au contraire, le taux d'abstention y a été encore plus élevé que dans les élections politiques. Quelle en est la raison, alors que le rôle d'une instance comme le Conseil Scientifique du CNRS est essentiel pour l'avenir du Centre ? C'est vrai que le vote et les motions d'il y a un an de ce Conseil, donnant le feu vert à un contrat d'objectifs néfaste pour le CNRS alors même que les élus syndicaux était largement majoritaires à la réunion, ont de quoi décourager les électeurs.

(fin de l'extrait)

Une situation, pour le moins, inquiétante au vu du caractère récurrent de la baisse du taux de participation aux élections du CNRS depuis quelques années.

A noter également la quasi-disparition du SGEN-CFDT parmi les élus, sanction évidente et largement justifiée d'une politique systématiquement contraire aux intérêts des personnels.

Les résultats définitifs des élections devraient être bientôt accessibles aux adresses :

http://www.dgdr.cnrs.fr/elections/cs/resultats/resultats.htm

http://www.dgdr.cnrs.fr/elections/csi/resultats/resultats.htm

 

Les élections sont de surcroît été marquées par un étrange incident. En plein milieu du scrutin, la direction du CNRS a mis à la disposition des directions syndicales des listes électroniques de l'ensemble des personnels qui ont été utilisées comme un moyen de propagande électoral, alors que dans les collèges de chercheurs et d'enseignants-chercheurs les candidatures étaient individuelles et n'étaient pas réservées à des candidats présentés par les organisations syndicales.

Voir à ce sujet notre article :

Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (VI)

De ce fait, estimant qu'une telle situation met en cause d'une part l'égalité des candidats aux élections, et de l'autre l'apparence d'indépendance des organisations syndicales à l'égard de la direction du CNRS, nos candidats ont adressé à la direction du CNRS un recours en annulation contre l'ensemble des élections dont le scrutin a eu lieu en juin et juillet 2010.

Pourquoi présenter des candidats en dehors des organisations syndicales ? Nous estimons, tout simplement, humainement insupportable le silence gardé par l'ensemble de ces organisations sur les machines à « pousser dehors » des chercheurs, des ingénieurs et des techniciens du CNRS que sont :

i) les « suivis post-évaluation » des chercheurs par des services dits « des ressources humaines », qui « tournent » depuis 2007 au milieu d'un grand acquiescement de fait des élus aux instances du Centre ;

ii) ou encore les dispositions « managériales » plus récentes sur la « mobilité » d'ingénieurs et techniciens. Voir notre article :

Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (V)

 

Comment des organisations qui disent représenter les personnels peuvent-elles éviter sciemment, et de manière systématique, de s'exprimer sur une question aussi grave ? Un silence qui persiste même en présence de déclarations publiques de la DRH du CNRS, voir nos articles :

CNRS, universités, LRU et "managérisation" (IV)

CNRS, science, évaluation et "management" (I)

ainsi que les déclarations diffusées par le Journal du CNRS le 4 janvier 2010 :

http://www2.cnrs.fr/presse/journal/4656.htm

Pire encore. Le contrat d'objectifs 2009-2013, auquel les élus syndicaux largement majoritaires à la réunion du 16 juin 2009 du Conseil Scientifique du CNRS ont donné le feu vert, organise la désassociation à grande échelle des unités mixtes et déstabilise ainsi la situation d'un grand nombre d'agents de la recherche et de l'enseignement supérieur. Dans sa version finale, il va jusqu'à officialiser et planifier les « suivis post-évaluation » des chercheurs. Voir :

http://www.cnrs.fr/fr/organisme/com.htm

http://www.cnrs.fr/fr/une/docs/Contrat-CNRS-Etat-2009-2013.pdf

Le 4 janvier 2010, la DRH du CNRS déclarait notamment (voir le lien déjà fourni) :

En tout, 4 % des chercheurs sont ainsi suivis et un quart d'entre eux retrouvent un avis favorable l'année suivante.

(fin de citation)

Que deviennent les trois quarts des chercheurs faisant l'objet de « suivis post-évaluation » et qui ne font pas partie de ceux qui « retrouvent un avis favorable l'année suivante » ? Comment expliquer l'absence totale d'information et de précisions de la part des organisations syndicales à ce sujet ?

Une question qui, au vu des chiffres rendus publics, concerne autour de 350 chercheurs par an depuis 2008. Serait-ce une « affaire marginale » ?

En mai 2009, un séminaire du président de la Section 10 du Comité National de la Recherche Scientifique faisait état de « 510 suivis post-évaluation (Avis "réservés" et "d’alerte") », ce qui dépasse le taux de 4% par rapport au nombre des chercheurs titulaires du CNRS (11600 environ) :

http://www.cnrs.fr/insis/presentation/docs-formation/2009/presentation2-g-flamant2009.pdf

Mais le problème posé par le comportement des directions syndicales et des élus est plus ancien, et ne date pas de la mise en place des « suivis post-évaluation ».

 

Post Scriptum - Nous avons davantage analysé les résultats récents des élections aux Conseils Scientifiques du CNRS et de ses Instituts dans nos articles plus récents :

Sarkozy, CNRS, SLR, retraites...

CNRS, élections, abstention... (II)

CNRS : Message aux personnels des laboratoires (18 juillet 2010)

 

Voir aussi nos articles :

Record d'abstention aux élections du CNRS

CNRS : le vote du Conseil Scientifique sur le contrat d'objectifs (I)

CNRS : Non au contrat d'objectifs !

CNRS : le vote du Conseil Scientifique sur le contrat d'objectifs (II)

CNRS : un contrat d'objectifs liquidateur (I)

CNRS : un contrat d'objectifs liquidateur (II)

CNRS, IRD et "managérisation" (I)

CNRS, IRD et "managérisation" (II)

Philippe Aghion, CNRS, recherche publique...

Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (I)

Radiofréquences : le rapport de l'AFSSET (I)

Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (II)

Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (III)

Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (IV)

Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (V)

Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (VI)

Non à la "managérisation" du CNRS et des universités !

La Science au XXI Siècle : archives 2009 (juillet - décembre)

Privatisation de la recherche et "Grand Emprunt" (I)

Privatisation de la recherche et "Grand Emprunt" (II)

Privatisation de la recherche et "Grand Emprunt" (III)

CNRS, universités, LRU et "managérisation" (I)

CNRS, universités, LRU et "managérisation" (II)

CNRS, universités, LRU et "managérisation" (III)

CNRS, universités, LRU et "managérisation" (IV)

CNRS, universités, LRU et "managérisation" (V)

CNRS, universités, LRU et "managérisation" (VI)

CNRS, universités, LRU et "managérisation" (VII)

Renault, Maroc, Slovénie et dumping social

Retraites, "cogestion", manifs et "accompagnement"

Elections régionales, crise, abstention record et système politique

Abstention, régionales, CNRS, européennes, prud'homales...

Elections régionales, "gauche solidaire" et avenir

La Science au XXI Siècle : archives 2009 (juillet - décembre)

Loi sur les fonctionnaires : l'OIT, saisie (I)

Fonctionnaires, recours OIT : appel à tous les syndicats

CNRS et piège européen (I)

CNRS et piège européen (II)

John Craig Venter, Synthetic Genomics Inc., éthique, enjeux... (I)

OCDE, Europe, France, "dette publique", emploi, retraites...

CNRS : message aux personnels des laboratoires (29 avril 2010)

Déclaration d'Indépendance des Chercheurs (1er Mai 2010)

CNRS, éducation, "réforme" et "managérisation" (I)

CNRS, "managérisation" de la recherche et sous-traitance de l'évaluation scientifique

CNRS, science, évaluation et "management" (I)

CNRS, science, évaluation et "management" (II)

CNRS, éducation, "réforme" et "managérisation" (I)

AERES, ANR et revues avec "comité de lecture" (I)

MDRGF, CNRS et « pertinence économique pour les entreprises »

Amy Bishop, "autonomie" des universités et rapport Aghion

Amy Bishop, "tenure", CNRS et "réforme Pécresse"

Amy Bishop et le "modèle américain" (I)

Universités françaises et OPA patronale (I)

Universités françaises et OPA patronale (II)

Universités françaises et OPA patronale (III)

Universités françaises et OPA patronale (IV)

Universités françaises et OPA patronale (V)

Disparition accélérée des fonctionnaires et mort programmée de l'Etat français

Bilderberg 2010, en Catalogne début juin

Bilderberg 2010, à Sitges du 3 au 6 juin

Trilatérale 2010, à Dublin début mai

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (I)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (II)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (III)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (IV)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (V)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (VI)

M. Monti, président européen de la Trilatérale

Bilderberg 2010 et barrages médiatiques

Bilderberg et l'Etat privé mondialisé

Grèce : la faillite planifiée des Etats souverains

Monti, Grèce, Barroso, "réfractaires", "nationalistes"... (I)

Monti, Grèce, Barroso, "réfractaires", "nationalistes"... (II)

Grèce et "vente des meubles" imposée aux Etats

 

Indépendance des Chercheurs

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