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Billet de blog 12 juil. 2015

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Olivier Voinnet, CNRS : une sanction de fait inexistante ?

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A ce jour, l'affaire de l'ancien maître assistant de l'Université d'Etat de l'Iowa aux Etats-Unis Dong-Pyou Han, abordée dans nos articles « Fraude scientifique : l'affaire de Dong-Pyou Han » (I) et (II), semble rester un véritable tabou pour la presse française. Presque cinq ans de prison et sept millions de dollars d'amende, c'est la plus lourde peine jamais infligée par un tribunal pour une affaire de fraude scientifique. La presse internationale ne s'est pas privée d'évoquer cette affaire, sur laquelle les médias français restent étrangement silencieux. Plus globalement, qu'en est-il chez nous de la transparence à l'égard des problèmes de la recherche scientifique ? Ce sont des sites anglophones, Pub Peer et Retraction Watch, qui ont signalé initialement les problèmes posés par un certain nombre de publications du chercheur du CNRS français Olivier Voinnet, actuellement détaché à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ). Des anomalies qui, comme le souligne notre collègue Luis Gonzalez-Mestres dans son article du 10 juillet « Olivier Voinnet et les institutions scientifiques (III) », semblent avoir échappé en temps utile aux évaluations statutaires de la section compétente du Comité National de la Recherche Scientifique (CoNRS). Notre article du même jour « Olivier Voinnet, frères Bogdanoff et procédures du CNRS (III) » a également analysé cette situation, après les communiqués du CNRS et de de l'EPFZ diffusés le 10 juillet. Si le CNRS conclut à l'existence d'une « méconduite scientifique », tel n'est pas le cas de l'EPFZ qui met en ligne un rapport très critique mais sans aboutir à ce verdict. Cette différence d'appréciation entre les deux institutions ne peut que nous rappeler l'importance du respect du contradictoire dans l'évaluation scientifique. Un droit dont Igor et Grichka Bogdanoff ont été privés lors de l'élaboration d'un « rapport » les concernant qui, d'après la direction du CNRS, aurait eu lieu en 2003 à l'insu des intéressés. Quant à la sanction (l'exclusion pendant deux ans) prononcée par le CNRS à l'égard d'Olivier Voinnet, aura-t-elle dans la pratique un sens matériel quelconque, alors que précisément l'EPFZ préconise la concentration des activités de Voinnet sur le site de Zurich ?

Suivent les résumés de l'article de Luis Gonzalez-Mestres du 10 juillet et de notre article du même jour

http://notresiecle.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/07/10/olivier-voinnet-et-les-institutions-scientifiques-iii-51029.html

Olivier Voinnet et les institutions scientifiques (III)

Le 10 juillet 2015, un communiqué de presse du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) intitulé « Fin de la procédure à l'encontre d'Olivier Voinnet », fait explicitement état de « manquements qui relèvent de la méconduite scientifique » et qui « ont porté atteinte à l'image du CNRS et, plus largement, de la recherche ». Des mesures disciplinaires sont annoncées. Huit jours plus tôt, dans son article du 2 juillet « Bogdanoff - CNRS : le jugement du TAP (I) » sur le blog La Science au XXI Siècle, le collectif Indépendance des Chercheurs faisait remarquer : « Si le jugement sur les requêtes d'Igor et Grichka Bogdanoff a fait l'objet d'une publicité très rapide, on reste apparemment sans nouvelles de l'enquête du CNRS sur l'affaire d'Olivier Voinnet évoquée notamment dans nos articles "Olivier Voinnet, frères Bogdanoff et procédures du CNRS" (I) et (II). Il ne semble pas que Sylvestre Huet s'y intéresse sur son blog de Libération ». En effet, je n'ai pas souvenir d'une quelconque note de Sylvestre Huet à ce sujet avant la décision annoncée aujourd'hui par le CNRS. Mais le 10 juillet, juste après le communiqué du CNRS, Sylvestre Huet diffuse un long article intitulé « Le CNRS exclut Olivier Voinnet » renvoyant au site du CNRS et relayant des extraits des déclarations du même jour du président du CNRS Alain Fuchs. Que penser d'un tel mode de fonctionnement ? En réalité, le communiqué du CNRS annonçant une enquête sur l'affaire d'Olivier Voinnet était intervenu bien après la note de Retraction Watch faisant suite aux critiques diffusées dans Pub Peer. Comme déjà souligné dans mes articles « Olivier Voinnet et les institutions scientifiques » (I) et (II), on doit se féliciter du respect du contradictoire dans l'affaire d'Olivier Voinnet, à différence du traitement accordé au dossier d'Igor et Grichka Bogdanoff. Ces derniers n'ont appris qu'en octobre 2010 l'existence d'un prétendu « rapport » les concernant, élaboré en 2003 d'après la direction du CNRS. Quant à la sanction tant claironnée côté français à l'égard d'Olivier Voinnet (deux ans d'exclusion du CNRS), elle pourrait s'avérer plus apparente que réelle au vu du communiqué émis en même temps par l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich et qui semble réclamer, précisément, une plus grande indépendance de Voinnet par rapport au CNRS.

[la suite, sur le lien http://notresiecle.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/07/10/olivier-voinnet-et-les-institutions-scientifiques-iii-51029.html ]

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/07/10/olivier-voinnet-freres-bogdanoff-et-procedures-du-cnrs-iii-51030.html

Olivier Voinnet, frères Bogdanoff et procédures du CNRS (III)

Le vendredi 10 juillet 2015, les médias français restent pour l'essentiel silencieux sur l'affaire de l'ex-chercheur des Etats-Unis Dong-Pyou Han condamné notamment à une lourde peine de prison pour fraude scientifique, comme exposé dans nos articles « Fraude scientifique : l'affaire de Dong-Pyou Han » (I) et (II). En revanche, un communiqué du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) avec le titre « Fin de la procédure à l'encontre d'Olivier Voinnet » dénonce une situation de méconduite scientifique dans l'affaire d'Olivier Voinnet et de son équipe, et fait état de procédures disciplinaires. Sur son blog Notre Siècle, avec le titre « Olivier Voinnet et les institutions scientifiques (III) », notre collègue Luis Gonzalez-Mestres souligne les limitations de l'évaluation par les Sections du Comité National de la Recherche Scientifique (CoNRS) que met une nouvelle fois en évidence le dénouement de cette affaire. En effet, c'est du site US Pub Peer, rélayé par Retraction Watch, que provient la dénonciation initiale des dysfonctionnements constatés. Le CNRS n'a émis son premier communiqué, intitulé « Allégations sur les publications d'Olivier Voinnet : le CNRS met en place une commission d'enquête scientifique », que le 9 avril dernier alors que la situation était largement devenue du domaine public au niveau international. Ses instances d'évaluation avaient donc été totalement dépassées dans l'examen de ces travaux. Gonzalez-Mestres souligne également le contraste positif entre le respect du contradictoire dans la procédure sur Olivier Voinnet et les méthodes employées dans l'élaboration du document présenté a posteriori comme un « rapport » de deux sections du CoNRS (Physique Théorique et Mathématiques) sur les thèses d'Igor et Grichka Bogdanoff. En effet, les intéressés n'avaient pas été prévenus en temps utile d'une telle démarche ni n'avaient pu, de ce fait, présenter aux « rapporteurs » leurs observations et compléments d'information. Alors que la propagande contre les frères Bogdanoff se poursuit après le jugement du Tribunal Administratif de Paris évoqué dans nos articles « Bogdanoff - CNRS : le jugement du TAP » (I) et (II), des affaires autrement plus sérieuses et nécessitant un réel débat citoyen font l'objet de curieux silences. A remarquer que Sylvestre Huet, qui sur son blog de Libération ne semble pas voir abordé en temps utile l'affaire d'Olivier Voinnet, lui dédie ce 10 juillet un article reprenant le communiqué du CNRS et des déclarations de son président Alain Fuchs. Que peut apporter un tel suivisme médiatique ? En réalité, dans un communiqué simultané, l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich annonce comme sanction à l'égard d'Olivier Voinnet un simple avertissement. Et parmi les mesures à adopter : « Reduction of Voinnet’s activities at the CNRS. A focus on his group at ETH Zurich in order that he can concentrate adequately on the changes to working practices in the group ». Y aura-t-il, dans la pratique, une véritable sanction en dehors de l'avertissement ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/07/10/olivier-voinnet-freres-bogdanoff-et-procedures-du-cnrs-iii-51030.html ]

Dans la pratique, les prises de position du CNRS et de l'EPFZ convergent sur un point essentiel : le transfert de l'ensemble des activités d'Olivier Voinnet sur le site de Zurich. C'est clairement le cas pour la période de deux ans d'exclusion du CNRS.

Et pour le reste, il paraît logique que Voinnet choisisse de rester dans un établissement qui ne l'a pas sanctionné pour mauvaise conduite scientifique.

Sans doute, la principale sanction infligée à Olivier Voinnet réside dans la publicité que des sites comme Nature ou The Scientist font déjà de la décision du CNRS. Mais que penser du fonctionnement du CNRS sur le plan de l'évaluation scientifique ?

Recruté par le CNRS en 2002, peu après sa thèse, Olivier Voinnet a vu son travail évalué à plusieurs reprises par le CoNRS, jurys de concours compris. Le travail de PubPeer et Retraction Watch, ou encore le rapport récent de l'EPFZ, comportent un sérieux désaveu de ces évaluations. Il ne semble pas qu'à ce jour la direction du CNRS en ait tiré des conclusions dans la transparence.

Pourtant, le caractère inévitablement superficiel des évaluations du CoNRS découle de sa propre structure et charge de travail, comme déjà souligné par Luis Gonzalez-Mestres dans « Olivier Voinnet et les institutions scientifiques (I) » et « Olivier Voinnet et les institutions scientifiques (II) ».

Et que penser, à ce sujet, de l'Académie des Sciences française où Olivier Voinnet a été élu le 18 novembre 2014 ?

Ou, en Suisse, de l'EPFZ elle-même où Voinnet détient la chaire de biologie de l'ARN ?

Voir aussi nos articles (cliquer sur chaque titre) :

Olivier Voinnet, frères Bogdanoff et procédures du CNRS (I)

Olivier Voinnet, frères Bogdanoff et procédures du CNRS (II)

Olivier Voinnet, frères Bogdanoff et procédures du CNRS (III)

Gravitation quantique, cosmologie, dogmatique standard (I)

Planck, BICEP2 et l'avenir de la Cosmologie (I)

BICEP2 : la fin d'une annonce... et après ? (I)

BICEP2 : la fin d'une annonce... et après ? (II)

BICEP2 : la fin d'une annonce... et après ? (III)

Inflation cosmique : existe-t-il des évidences ? (I)

Inflation cosmique : existe-t-il des évidences ? (II)

Un nouveau blog de Cosmologie

Cosmologie : l'indispensable débat (I)

Inflation cosmique et institutions (I)

Un livre : "La grande théorie du Big Bang", des frères Bogdanov

BICEP2, "modes B", Univers primordial, Cosmologie... (I)

BICEP2, "modes B", Univers primordial, Cosmologie... (II)

BICEP2, "modes B", Univers primordial, Cosmologie... (III)

BICEP2 : relire Le mystère du satellite Planck

BICEP2, inflation, avant Big Bang, poussière galactique...

BICEP2 : vraiment une preuve de l'inflation cosmique ?

Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (I)

Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (II)

Lee Smolin, CNRS, crise et critique des institutions (I)

Luis Gonzalez-Mestres, Sheldon Glashow, Lee Smolin and Lorentz symmetry violation (I)

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