mot de passe oublié
onze euros les trois mois

Restez informé tout l'été avec Mediapart

Plus que quelques jours pour profiter notre offre d'été : 11€ pour 3 mois (soit 2 mois gratuits) + 30 jours de musique offerts ♫

Je m'abonne
Le Club de Mediapart sam. 27 août 2016 27/8/2016 Édition du matin

La Commission Trilatérale, réunie à Berlin : qui en parle ?

Ce dimanche 17 mars 2013 se tient toujours à Berlin la réunion plénière annuelle de la Commission Trilatérale. Nous avons déjà consacré à cette réunion l'article de jeudi dernier « La Commission Trilatérale, à Berlin ce week-end » sur notre blog La Science au XXI Siècle. Comme d'habitude, aucun média « sérieux » n'en parle. Quant aux prétendus « progressistes », les « gauches » participent directement à la Trilatérale (la « socialiste » française Elisabeth Guigou en est membre actuellement), et les « gauches de la gauche » ont besoin des « gauches » pour accéder à un certain nombre de « bonnes places ». Il en résulte un silence spectaculaire. Pourtant, au vu de son site, on ne peut pas reprocher à la Commission Trilatérale une réelle opacité. Bien au contraire, les informations et le matériel considérables qui y sont diffusés s'ajoutent aux rapports commercialisés par la Brookings Institution. C'est bien au niveau des médias et du monde politique et syndical, que se fait la censure de l'information. Sans oublier ceux qui crient à la « théorie du complot ». Pourtant, il ne semble pas qu'il soit interdit, voire même difficile, de s'informer sur les réunions de la Commission Trilatérale, à en juger par les photos diffusées hier par le site VigiInfos sur l'accueil offert la veille par Angela Merkel à la réunion de Berlin. VigiInfos relève également que l'Agenda international de cette semaine affiché par l'Assemblée Nationale comportait explicitement la mention : « Commission des affaires étrangères. Participation de Mme Elisabeth Guigou, présidente, à la Trilatérale ». Il n'y a donc pas de secret, uniquement des silences. Lieu de réflexion commune des représentants du capitalisme mondial, la Trilatérale ne se cache ni ne se renie. « En face », on ne peut pas en dire autant... Et quel média français a fait savoir à ses lecteurs ou auditeurs que l'ami personnel de longue date de François Hollande qu'est le PDG d'AXA Henri de Castries est en même temps le président des rencontres de Bilderberg ?

Notre article du jeudi 14 mars avec le titre explicite  « La Commission Trilatérale, à Berlin ce week-end », http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/03/14/la-commission-trilaterale-a-berlin-ce-week-end.html, présente un bref historique de la création de la Commission Trilatérale il y a quarante ans.

A l'époque, la défaite des Etats-Unis au Viêt Nam s'annonçait clairement et le capitalisme international se trouvait confronté à de nombreux pays se réclamant du socialisme ainsi qu'à un puissant mouvement anticolonial et anti-impérialiste. Au sein même des pays « riches », les mouvements revendicatifs étaient puissants et inquiétaient les détenteurs des capitaux.

 

C'est dans ce contexte, que les fondateurs de la Trilatérale ont appelé en 1973 à une réflexion stratégique commune des trois pôles du capitalisme de l'époque : Amérique du Nord, Europe occidentale, Asie (pour l'essentiel, le Japon). L'actuelle mondialisation du capitalisme a très largement émergé de cette initiative à laquelle ont participé, avec le principal fondateur David Rockefeller, des représentats des multinationales et de la grande finance ainsi que des futurs dirigeants politiques au plus haut niveau comme Zbigniew Brzeziński ou Raymond Barre.

L'Acte Unique Européen (Jacques Delors, 1986) ou la mise en place de l'Organisation Mondiale du Commerce (1994), instaurant la « libre circulation des capitaux et des marchandises », sont pour une bonne partie des résultats de cette « pensée commune » du capitalisme mondial, dans un contexte bien plus favorable à ses intérêts où l'URSS a cessé d'exister et la République Populaire de Chine a renforcé ses liens avec les Etats-Unis et l'Europe occidentale. Qui s'est vraiment opposé à cette stratégie du capitalisme mondial ? C'est un ancien bras droit de Jacques Delors, le « socialiste » français Pascal Lamy, qui dirige actuellement l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

A présent, des représentants de la République Populaire de Chine, de l'Inde, de Singapour, de la Corée du Sud, de l'Indonésie, des Philippines... font partie de la Commission Trilatérale.

Dans ces conditions, et alors que l'on trouve aisément dans le « marché mondial de la main d'oeuvre » des salaires dix fois plus bas que le SMIC français, et qu'en Europe même les très bas salaires ne font pas défaut, à quoi peuvent servir les « économies » mises en place par François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Jérôme Cahuzac... ? La réalité que l'on évite d'exposer aux citoyens est que la véritable dégringolade ne fait que commencer dans des pays comme la France que les capitaux abandonnent à la recherche des plus bas salaires et standards sociaux.

Et c'est de toute évidence une « excellente raison » pour ne pas évoquer auprès du « grand public » les réunions de la Commission Trilatérale, même si la Trilatérale ne se prive pas de rendre de nombreuses informations parfaitement accessibles sur son site http://www.trilateral.org .

 

Le 17 mars également, Boursier.com se réjouit : « Baisser les allocations familiales n'est plus un tabou ! », et ajoute encore « L'idée de se serrer la ceinture n'est plus taboue ! ». Mais a-t-on vraiment expliqué aux Français jusqu'où devront-ils « se serrer la ceinture » ? La réalité est qu'on n'a rien vu encore.

Le site Atlantico tente de se montrer rassurant dans son article « Frankenstein : l’Occident inventeur de la mondialisation est-il en train d’en perdre le contrôle ? ». Mais force est de constater que la politique dite « d'économies budgétaires » se traduit d'ores et déjà par un effondrement progressif du niveau de vie des populations des Etats-Unis et de l'Europe occidentale. Très clairement, ce n'est que le début d'une profonde dégringolade.

Pour les populations des pays jadis « riches », la véritable question n'est pas de savoir si les grandes multinationales et les milieux financiers parviendront à tirer leur épingle du jeu, mais ce que deviendront leurs acquis sociaux de l'après-guerre. 

C'est précisément la perspective d'un anéantissement total de ces acquis historiques de travailleurs et citoyens, qui « déconseille » d'informer les populations sur les réunions d'entités comme la Commission Trilatérale ou le Cercle de Bilderberg. Et c'est ce qui rend particulièrement troublants de nombreux silences.

Pourtant, les membres de la Trilatérale ne passent pas sous silence leurs activités. Vendredi, son président européen Jean-Claude Trichet publiait dans le New York Times un article d'opinion intitulé « The Euro Zone and the Global Crisis ». A la fin de l'article, il est ainsi présenté : « Jean-Claude Trichet, former president of the European Central Bank, is the European chairman of the Trilateral Commission ». Trichet évoque explicitement « the future of credible European governance » comme l'un des sujets de la réunion en cours à Berlin.

Quel média français a mentionné cet article de Jean-Claude Trichet ? Quel courant politique a entrepris d'y réagir ?

Pour une réponse dans le New York Times à l'article de Trichet, voir cette note de Paul Krugman intitulée « The Very Confident Jean-Claude Trichet » : http://krugman.blogs.nytimes.com/2013/03/16/the-very-confident-jean-claude-trichet/

 

Voir aussi nos articles :

La Commission Trilatérale, à Berlin ce week-end

Trilatérale, Bilderberg... pourquoi il faut en parler

Bilderberg 2012 : quels objectifs ? (I)

Bilderberg 2012 : quels objectifs ? (II)

Bilderberg : historique des participants français - I (1996-2001)

Bilderberg : historique des participants français - II (1984-95)

Bilderberg : historique des participants français - III (2002-2010)

Trilatérale 2010, à Dublin début mai

Bilderberg 2010, en Catalogne début juin

Bilderberg 2010, à Sitges du 3 au 6 juin

Bilderberg 2010 et barrages médiatiques

Grèce et "vente des meubles" imposée aux Etats

Bilderberg et l'Etat privé mondialisé

Bilderberg 2010 : quel bilan, quels consensus ?

Bilderberg, CNRS, université publique, rapport Aghion...

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (I)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (II)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (III)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (IV)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (V)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (VI)

M. Monti, président européen de la Trilatérale

Grèce : la faillite planifiée des Etats souverains

La Commission Trilatérale et les services publics français (I)

La Commission Trilatérale et les services publics français (II)

Services publics et adversaires innommables (I)

Services publics et adversaires innommables (II)

Groupe de Bilderberg et silence des médias français

Bilderberg, Trilatérale et transversalité de « gauche »

Bilderberg 2009 : une rencontre des "élites" ?

CNRS, Bilderberg, Trilatérale... et faillite de l’idéologie « gestionnaire » (I)

Sarkozy, G8, Bilderberg, "sortie de crise" rapide et casse sociale

Le soutien du Parti Socialiste au Traité de Lisbonne, une mauvaise nouvelle pour la recherche française

Crise, élections et "valeurs de gauche" (I)

Crise, élections et "valeurs de gauche" (II)

Monti, Grèce, Barroso, "réfractaires", "nationalistes"... (I)

Monti, Grèce, Barroso, "réfractaires", "nationalistes"... (II)

Grèce, Italie, Trilatérale, Bilderberg... et impasse

La lettre de Voltaire à Damilaville du 1er avril 1766

Le déclin des puissances occidentales (I)

Le déclin des puissances occidentales (II)

Union Européenne et comédie : privatisations (I)

Union Européenne et comédie : privatisations (II)

Union Européenne et comédie : délocalisations (I)

Union Européenne et comédie : délocalisations (II)

Barack Obama et les coupures budgétaires aux Etats-Unis (I)

Barack Obama, la recherche scientifique et l'éducation (I)

Barack Obama, la recherche scientifique et l'éducation (II)

Barack Obama, la recherche scientifique et l'éducation (III)

Barack Obama, la recherche scientifique et l'éducation (IV)

Barack Obama, la recherche scientifique et l'éducation (V)

Barack Obama, la recherche scientifique et l'éducation (VI)

CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (I)

CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (II)

CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (III)

Hollande, Ayrault et la mondialisation (I)

Hollande, Ayrault et la mondialisation (II)

Hollande, Ayrault et la mondialisation (III)

Vers un Wall Street scientifique ? (I)

Vers un Wall Street scientifique ? (II)

 

Indépendance des Chercheurs

indep_chercheurs@yahoo.fr

http://science21.blogs.courrierinternational.com

http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

Groupes de discussion :

http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques

http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires

Ou encore, notre article d'aujourd'hui :

 

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/03/20/jerome-cahuzac-une-demission-normale.html

Jérôme Cahuzac : une démission normale

Le 20 mars 2013, TF1 annonce le départ, le même jour, du Ministre du Budget Jérôme Cahuzac avec une vidéo intitulée « Démission de Cahuzac : passation de pouvoir à midi mercredi à Bercy ». Une deuxième vidéo porte le titre « Jérôme Cahuzac, "sonné" à l'Assemblée ». Mais a-t-on résolu la question du statut du parquet rappelée dans nos articles « Cahuzac, UBS, statut du Parquet : l'impasse » ? et « Jérôme Cahuzac, UBS, indépendance du Parquet, théorie des apparences... » ? De même, Cahuzac a démissionné suite à l'ouverture d'une information judiciaire. Mais était-ce bien normal qu'il reste ministre pendant des mois à des stades plus préliminaires d'une affaire impliquant des compétences de son ministère ? Les institutions françaises semblent devoir améliorer encore leur fonctionnement en matière de prévention des conflits d'intérêts. Respectons la présomption d'innocence de toutes les parties impliquées dans cette affaire, mais exigeons des réformes institutionnelles conséquentes en ce qui concerne le fonctionnement du Parquet, les risques de conflits d'intérêts... Quant à la transparence, le problème est beaucoup plus général. Comment expliquer, par exemple, le silence gardé à ce jour par les médias et le monde politique à propos de la réunion plénière annuelle de la Commission Trilatérale qui s'est tenue à Berlin le week-end dernier ? Nos articles récents  « La Commission Trilatérale, à Berlin ce week-end » et « La Commission Trilatérale, réunie à Berlin : qui en parle ? » ont déjà évoqué cette réunion de la Trilatérale ainsi que le silence inadmissible qui l'a entourée et l'entoure encore. Pourtant, la Trilatérale dispose d'un site public fort documenté et son président européen Jean-Claude Trichet avait même annoncé dans le New York Times la réunion de Berlin. Il n'y a donc aucun secret, mais une incroyable chaîne de silences volontaires et récurrents. Le 20 mars dans Le Point, Hervé Gattegno se plaint : « La démission de Cahuzac affaiblit le gouvernement... et la démocratie ! ». Que deviennent la prévention des conflits d'intérêts et les garanties d'indépendance de la justice, si on suit le raisonnement de cet article ? Et que pensent les Français de la politique appliquée depuis mai dernier par Jérôme Cahuzac (pression fiscale, coupures budgétaires, casse sociale...) ? Une politique qui n'a pas manqué d'inspirer le projet de loi très contesté de Geneviève Fioraso sur l'enseignement supérieur et la recherche soumis, précisément, au Conseil des Ministres du 20 mars. [Post Scriptum - Voir également le compte rendu du Conseil des Ministres du 20 mars 2013]

[ la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/03/20/jerome-cahuzac-une-demission-normale.html ]


Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

 

Cet été, Mediapart vous accompagne partout !

onze euros les trois mois

À cette occasion, profitez de notre offre d'été : 11€/3 mois (soit 2 mois gratuits) valable jusqu'au 4 septembre et découvrez notre application mobile.
Je m'abonne

Le blog

suivi par 60 abonnés

Le blog de Scientia