Que reste-t-il de la liberté de la presse ?

Quelle est aujourd'hui la situation concernant la liberté de la presse à l'échelle planétaire ? Reporters sans Frontières publie une analyse intitulée "Classement mondial de la liberté de la presse 2021 : le journalisme est un vaccin contre la désinformation, bloqué dans plus de 130 pays". Ajoutons le rôle des intérêts économiques lorsque cette liberté existe de facon formelle.

D'après Reporters sans Frontières, l'activité des journalistes subit des entraves "graves" dans 73 des 180 pays et territoires examinés, et des restrictions dans 59 autres. C'est déjà, en soi, très inquiétant.

Mais de surcroît, quelles sont les chances de conserver un emploi bien rémunéré, si on "parle trop" ou on "parle mal" dans un pays où la liberté de la presse existe de façon formelle ? A qui appartiennent les médias dans les "démocraties" ?

Inutile de faire un inventaire. La propriété privée des médias est une réalité. Et quelle peut être l'indépendance réelle de médias appartenant à l'Etat, s'ils ne sont pas protégés par un statut très conséquent ?

A propos de ces interrogations et de la situation en France, il est utile d'examiner de près l'article de JurisPedia "Statut social des entreprises de presse et liberté d'expression". On peut y lire notamment, à propos du rôle social des médias :

Selon l'avis du Conseil économique et social séance du 28 octobre 1999 le renforcement du rôle social des médias est de plus en plus important. L'abondance des informations ne pouvant être raisonnablement triée par le public, donnera aux journalistes un rôle d'interprète, d'intercesseur mettant cette information à la portée du public. Cette fonction sociale implique évidemment une grande maîtrise, une particulière compétence et sans aigu des responsabilités.

(fin de l'extrait )

Un rôle, de toute évidence, très important. Et comment ignorer ses aspects subjectifs, qui ne sauraient échapper aux propriétaires et responsables des médias ?

La précarité des journalistes a même donné lieu, entre autres, à un ouvrage d'Alain Accardo intitulé explicitement Journalistes précaires (Editions Le Mascaret, 1998). Un problème, donc, connu de longue date. Et qui en profite ou tente d'en profiter ?

A noter que la France est franchement mal classée par Reporters sans Frontières : 34ème lors du denier classement, et il y a eu pire.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.