QUEL MEDECIN TRAITANT SE DEPLACE AU DOMICILE DU PATIENT ? (III)

France 24 emploie le titre "Covid-19 : le syndrome de glissement, ou quand les personnes âgées isolées se laissent mourir". Fallait-il attendre l'épidémie du Covid-19 pour que la situation désespérée découlant de la fin des déplacements des médecins traitants au domicile de leurs patients soit évoquée dans les médias ? Est-ce autre chose qu'une conséquence de la marchandisation de la médecine ?

Un problème déjà ancien. Et au médecin traitant il convient d'ajouter l'ensemble des aides à domicile qui pourraient lui être naturellement associées. Mais on a affaire à tout un ensemble absorbé par l'économie de marché qui domine notre société.

"Après tout", d'un point de vue marchand, les personnes âgées "coûtent cher" à l'Etat et à un certain nombre d'institutions (retraites, etc...). Que vaut l'être humain dans une telle optique ?

Pire, en réalité la démarche du sénateur Bruno Retailleau évoquée en ce moment par des médias se réfère, apparemment, au droit de visite dans les "établissements de santé" qui semblent bien être "saturés" ou proches de l'être en région parisienne.

Mais une telle "saturation" serait de toute évidence évitable si les médecins traitants se déplaçaient au domicile des patients.

Et tout compte fait, que devient la notion d'hospitalisation à domicile ? Ou la précarité croissante d'une large partie de la population s'oppose-t-elle à une telle pratique ? Même si tel était le cas, les visites à domicile de chaque médecin traitant apporteraient une aide considérable aux patients et aux institutions.

Ajoutons les situations où une personne malade et ne pouvant plus travailler normalement se trouve confrontée à des problèmes pour payer le loyer de son domicile. Quelle protection concrète lui offrent les pouvoirs publics ? Que prend en charge l'assurance maladie ? A nouveau, les visites du médecin traitant pourraient jouer un rôle essentiel. Et une fois de plus, ce n'est qu'un exemple.

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