Affaire du Mediator, victimes, responsabilités...

Ce lundi 29 mars 2021, les Laboratoires Servier ont été condamnés par le Tribunal Correctionnel de Paris dans l'affaire du Mediator. Quel est le bilan réel de cette affaire, et que penser des responsabilités encourues ? Combien de victimes, et avec quelle gravité ? L'Agence du Médicament est aussi condamnée... Rappelons que ce jugement est susceptible d'appel.

Reconnus coupables de "tromperie aggravée" avec "homicides et blessures involontaires", les Laboratoires Servier ont été condamnés à verser une amende de 2.7 millions d'euros. Une condamnation qui intervient fort longtemps après la mise sur le marché (1976) de ce produit, qui n'en a été retiré qu'en 2009.

A son tour, l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) est condamnée à 303.000 euros d'amende pour avoir tardé à suspendre la commercialisation du Mediator.

Des peines qui ont déçu la lanceuse d'alerte Irène Frachon, laquelle évoque explicitement la notion de "pharmacodélinquance".

On peut lire dans Wikipedia :

"Le benfluorex, commercialisé sous le nom de Mediator par les laboratoires Servier de 1976 à 2009, est un principe actif pharmaceutique, chimiquement proche de la norfenfluramine, une substance chimique elle-même très proche de l'amphétamine..."

De quoi exiger une réelle vigilance de la part des laboratoires. Qu'en a-t-il été dans la pratique ?

Pour Irène Frachon,  e.g. dans Franceinfo, "les conflits d'intérêts sont sanctionnés de manière assez modeste".

En est- il autrement dans l'ensemble de la société française actuelle ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.