Le Grand Paris comme reflet des divisions et des inégalités

La crise liée à la pandémie aggrave les inégalités, creuse le fossé entre riches et pauvres. Si cette “distanciation sociale” existait avant la pandémie, l’aménagement du Grand Paris la traduit dans l’espace urbain : Avec une vue courte, les aménageurs réservent le centre de la capitale au tourisme de luxe et s’accaparent le foncier, encore bon marché, des quartiers populaires de la métropole.

La ville comme symbiose 4/6

La métropole du Grand Paris s’est progressivement déconnectée de sa réalité territoriale. Elle est vulnérable, sensible aux différentes crises qui peuvent survenir. Les nouvelles technologies, même “smart” ne la sauveront pas. Les infrastructures ne résoudront pas tous ses problèmes. Par ailleurs, sa population n’a jamais été aussi divisée, fragmentée, l’organisation sociale de la ville ne tient plus que par la recherche de profit : Pour le décrire très rapidement, il y aurait d’un côté, une élite dont la seule ambition est de s’enrichir toujours plus et sans fin, de l’autre une population affamée qui ne court qu’après sa survie.

La réflexion urbaine ne peut se substituer aux luttes politiques, aux luttes pour la préservation de l’environnement, pour l’égalité économique, pour une meilleure répartition des richesses et plus de justice sociale… Aussi, la recherche de nouvelles formes sociales, de structures et d’expressions de la société semble être la clé de la métamorphose urbaine. Pour changer la ville, ne faudrait-il pas d’abord changer sa structure sociale ? Ne faudrait-il pas essayer de nouvelles formes de politique, d’économie, de travail, basées sur plus d’entraides, d’aides mutuelles, moins de hiérarchie et plus de compréhensions des besoins de chacun·e ? Bien sûr la réponse est dans la question, mais il serait bien prétentieux d’énoncer ici des solutions définitives et exhaustives. Nous ne pouvons que tracer de brèves pistes, des propositions de ce qui est, pour nous, facteur d’une société soudée, équitable, solidaire qui ferait symbiose entre le territoire et la population du Grand Paris : la ville comme organisation géo-sociale.

Les trois premiers volets de ce texte de “la ville comme symbiose” étudiaient la structure territoriale du Grand Paris. Ils essayaient de répondre au “Où suis-je ?” de Bruno Latour. Cette quatrième partie s’intéresse aux problèmes sociaux-économiques d’une agglomération en constante compétition, à l’opposé de la symbiose et de la coopération. Les cinquième et sixième parties proposeront quelques graines de solutions.

La métropole du Grand Paris n'échappe pas aux impératifs de compétitions et de concurrences contingentes du capitalisme. Cela ne va pas sans poser de problèmes. Cette course produit d’un côté le développement et l’accumulation de richesse, mais aussi, de l’autre, toujours plus d’exclusion et de pauvreté. Comment cela se traduit-il dans l’espace urbain du Grand Paris ? Quelles sont les conséquences de cette compétition sur la ville et sa population ?

 

Concentration de richesse

Un rapport d’octobre 2020 du Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité diagnostique l’accroissement des écarts de richesse après la suppression de l’ISF en 2017[1]. Il fait état d’une explosion de la progression des dividendes chez les 0,1 % les plus fortunés : “Les 0,1 % de Français les plus aisés sont un quart de fois plus riches que les 0,1 % de 2017“, indique-t-il. Le Grand Paris, comme l’ensemble des métropoles mondiales, souffre des mêmes symptômes. La métropole est devenue un monstre, une concentration de richesse et de pouvoirs politiques et économiques. Ce monstre ne produit presque plus rien, il est tertiarisé à outrance. 88% des emplois sont dans le secteur tertiaire en Île-de-France. La Région rassemble 19 % de la population française mais concentre 23% des emplois et réalise 31% du PIB national. Il s’agit d’un des premiers pôles économiques d’Europe. Elle rassemble 40 % des activités de recherche en France (3e centre de recherche au monde). Le revenu moyen des ménages (4 117 €/mois) est supérieur de 26 % au revenu moyen national, le revenu médian disponible est de 1 910€ contre 1 764€ pour le reste du pays (Le salaire moyen montre l’importance exagérée des hauts revenus sur ce territoire, bien qu’il ne concerne qu’une minorité de la population).

Carte des ségrégations territoriales © fair Carte des ségrégations territoriales © fair

Carte des ségrégations territoriales

Gigantesque accumulation, la métropole Parisienne est devenue une machine à produire des richesses économiques. Elle capte les ressources de l’ensemble du territoire français. Incapable de se suffire à elle-même, elle concentre les flux dans un mouvement linaire et unidirectionnel. Elle vide les campagnes et constitue un attracteur pour de nombreux travailleurs et étudiants. Dans le palmarès des villes les plus attractives, Paris est en tête en matière de perspectives d’emplois mais elle arrive dernière pour la qualité de vie[2]. La métropole veut continuer à être attractive mais elle ne peut loger ses habitants décemment. Avec un prix moyen du mètre carré à 11 400€ en 2020, les classes moyennes ne peuvent plus acheter de logement à Paris. Même des professions comme les médecins sont exclues. A cause de son foncier trop cher, Paris serait en passe de devenir un désert médical[3].

Cette question de l’attractivité est un des premiers problèmes à résoudre. La décentralisation est un projet vieux de 70 ans, cependant la politique d'égalité des territoires semble aujourd’hui à l’arrêt. Les autorités politiques promeuvent le « développement » de la région capitale, comme si ce « développement » pouvait se faire de manière illimitée. Au lieu de réfléchir à une meilleure équité territoriale, au bien-être de ses habitants et au vivre ensemble, les décideurs politiques ambitionnent toujours plus de croissance : croissance de population (un million d'habitants en plus d'ici 2050 [4]) et croissance économique. Le projet du Métro express dont le coût s’approche des 40 milliards (financés par l’ensemble des Français) a pour objectif la croissance économique de la métropole. Selon la Société du Grand Paris, le futur métro est “porteur de croissance et facteur d’attractivité" “ Il créera une valeur sociale d’au moins 60 milliards d’euros et générera plus de 100 milliards d’euros de PIB supplémentaires à long terme pour la région Île-de-France.” [5]

La fragmentation sociale de la métropole est de plus en plus évidente avec d’un côté un centre ville réservé aux 0,1% les plus riches et aux touristes et de l’autre, des quartiers populaires sous le joug des promoteurs et de la bétonisation à outrance. L’Île-de-France est la première destination touristique au monde (47 millions de touristes en 2014). Avant la pandémie, le centre de Paris accueillait 30 000 touristes par jour ( ce qui constituait par ailleurs 40% de l’empreinte carbone de la ville[6]).

A l’image des Halles mais aussi du Carrousel du Louvre ou du quartier du Marais, le centre de Paris est devenu un centre commercial. Le shopping est l’une des dernières activités "sociales" de la ville, symptôme de “dubaïsation” ou de “dysneylandisation”. Le centre de Paris tend vers la privatisation des services publics : la suppression des lieux publics remplacés par des espaces marchands privés telle que décrite par le Shopping de Rem Koolhaas[7], La ville franchisée dont David Mangin a fait l’excellente analyse[8], ou avant eux, Jean Baudrillard et ses travaux sur la publicité, les hypermarchés[9], etc. La ville est marchande et l’individu marchandisé. Le shopping et le tourisme ont rendu les rapports à l’espace urbain extrêmement pauvres : la ville est réduite au branding et à la consommation, à l’homogénéisation des rues principales par la présence uniforme des mêmes enseignes commerciales. La métropole compte une centaine de centres commerciaux. Une dizaine dépassent les 100 000 m² de surface commerciale. Le Forum des Halles est le 2e centre commercial le plus visité du pays avec 40 millions de visiteurs par an. Même après l'arrêt de Europacity, les surfaces agricoles sont toujours menacées au profit de nouvelles zones commerciales. Les gares parisiennes et les aéroports se transforment aussi en vaste centres commerciaux, privatisant les espaces publics au service d’intérêts spéculatifs et marchands. Saint-Lazare et Montparnasse ont récemment développé leurs galeries marchandes. Seul le projet démesuré de 30 000m² de commerces dans la Gare du Nord fait l’objet de contestations mais toutes les autres gares ont déjà été transformées ou sont en cours de transformation.

Le centre administratif de Sully Morland, ex-préfecture de la Seine, comme la poste du Louvre ont été privatisés et reconvertis en hôtels de luxe avec boutiques et restaurants panoramiques. La Bourse du Commerce a été cédée à la Fondation Pinault par la ville pour une redevance annuelle de 60 000 €/an ( moins de 10€/m².an). Le palais de justice, le 36 quai des Orfèvre et les Mairies de trois arrondissements du centre de Paris récemment libérés de leurs occupants risquent de connaître le même destin. Le centre de Paris se  transforme ainsi en quartier pour tourisme de luxe. En 2019, quelques semaines après l’incendie de Notre-Dame, 20 000 mètres carrés de l’Hôtel-Dieu ont été cédés au gestionnaire financier Novaxia pour des activités marchandes avec un bail de quatre-vingts ans. Notons que depuis 20 ans, l’AP-HP réduit ses capacités d'accueil et vend son foncier pour réaliser des opérations immobilières (Laennec, Saint-Vincent-de-Paul, Boucicaut, Broussais, désormais Bichat et Beaujon). En 2014, les logements construits sur l'hôpital Laennec dans le 7e arrondissement se vendaient déjà 17 000€/m².

Au-delà de Paris, le territoire francilien est aussi le plus inégalitaire du pays. Les Hauts-de-Seine est le département le plus riche et la Seine-Saint-Denis le plus pauvre de France. Il s’y construit des polarisations sociales avec d’une part les "gated communities" (quartiers résidentiels sécurisés), de plus en plus nombreux en Hauts-de-Seine, Yvelines et une partie de l’Essonne, et d’autre part des bidonvilles. Un tiers des bidonvilles du pays sont regroupés en Île-de-France. 16% de la population francilienne vit sous le seuil de pauvreté, soit 1% de plus que la moyenne du pays. En Seine-Saint-Denis, près de trois habitants sur dix vivent au-dessous du seuil de pauvreté. En matière d’éducation, le mieux doté des collèges de Seine-Saint-Denis serait moins bien doté que le moins bien doté des collèges parisiens.

L’épisode du COVID-19 nous a montré que, dans cette agglomération excessivement “tertiarisée”, beaucoup des emplois de bureaux n’avaient finalement que peu d’utilité pour tenir la société. D’autres métiers au contraire, jusqu’à maintenant très peu valorisés et rémunérés, sont apparus comme essentiels : chauffeur·e·s routiers, éboueur·e·s, magasinier·e·s, livreur·e·s, caissiers et caissières, infirmières et infirmiers, aides à la personne, personnels de nettoyage…

 

Exclusion

En Île-de-France, 16% de la population, soit plus de 1,7 millions d’habitants, se trouvent exclus des promesses urbaines : sans domicile, précaires, sans abri, migrants, Roms, habitants des quartiers prioritaires. 230 000 jeunes des quartiers franciliens de 15 à 25 ans vivent aussi dans une forme de relégation, de non-reconnaissance ou de mépris social. Privée du “pouvoir d’achat”, un pan entier de la population de la métropole est coupé de la vie urbaine, écarté des services les plus essentiels de la vie économique et civique.

La région compte entre 30 à 40 000 sans-domicile fixe, dont 10 % de sans-abri, les statistiques varient mais ce chiffre semble en constante augmentation. Beaucoup vivent soit dans des dispositifs d'accueil d'urgence (hôtels, centres d'hébergement), soit dans des conditions indignes d’occupations précaires (squats, caravanes, tentes, baraquements). Plus d'une centaine de campements et de bidonvilles ont été recensés en Île-de-France, regroupant plus de 6 000 personnes. Aucune cartographie de ces campements n’est possible, 40 % des bidonvilles franciliens ont moins d'un an d'existence. Ils sont régulièrement démantelés et remontés particulièrement au nord-est de la région parisienne (à Paris, Boulevard Ney le long de la petite ceinture, Argenteuil, Aubervilliers, Pantin en bord du canal de l’Ourcq, Bobigny le long de la Nationale 3, La Courneuve, dans le bois de Boulogne et le bois de Vincennes…)

L’Île-de-France compte aussi 272 quartiers prioritaires (quartiers de la politique de la ville) regroupant 1,6 millions d’habitants (soit 13% de la population régionale, contre 8 % en France métropolitaine) dans 160 communes franciliennes. Ces quartiers sont parmi les plus précaires d’Île-de-France. En rupture, ils concentrent les populations plus pauvres, plus jeunes (1/3 d’enfants en plus), moins qualifiées et moins bien insérées sur le marché du travail que le reste de la population francilienne. La Seine-Saint-Denis, département où les revenus des ménages sont les plus bas de France, regroupe un quart des quartiers prioritaires. 40 % des Séquano-Dionysiens vivent dans des quartiers prioritaires et 280 000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le “Rapport sur la pauvreté” de l’Observatoire des Inégalités[10] publié fin novembre 2020, compte sept villes de Seine-Saint-Denis parmi les vingt plus pauvres de France. A Aubervilliers, Clichy-sous-Bois ou encore La Courneuve, plus de 40% des habitants vivent avec moins de 885 € par mois. La pauvreté touche 17,5 % de la population Séquano-Dionysienne, soit 2,5% de plus que la moyenne nationale. En comparaison, ce taux est à 5 % de la population du Chesnay (Yvelines) et de Gif-sur-Yvette (Essonne), ou 6 % de la population de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)...

La population de ces quartiers est en renouvellement permanent selon le géographe Daniel Behar. Il qualifie ce département de “sas d’insertion” de la métropole[11]. Les familles monoparentales, les familles nombreuses et les bénéficiaires de l’allocation chômage y sont plus présents. Les quartiers prioritaires concentrent trois fois plus d’habitants moins diplômés et habitués aux emplois précaires (CDD, apprentissage, intérim, stages) par rapport à la population des communes où ils se situent. Le taux de pauvreté (37 %) dépasse de 21 points celui de la région. Deux tiers des habitants y bénéficient de prestations sociales, elles constituent plus de 50% des revenus pour 2 habitants sur 5 et 100% des revenus pour presque le tiers de la population.

 

Carte des quartiers prioritaires © fair Carte des quartiers prioritaires © fair

Carte Quartiers prioritaires

Ces quartiers constituent une forme de ségrégation territoriale qui éloigne leurs habitants de tout ce qui fait la ville, les services, les commerces, les équipements publics, culturels et sportifs… Ils n’ont pas les mêmes conditions de départ, les mêmes services de base et donc la même chance de pouvoir se construire et s’épanouir. L’écart d’égalité, le déséquilibre ne cesse de croître selon les territoires, les origines sociales, la géographie urbaine.

Contrairement aux idées reçues, les communes comportant des quartiers prioritaires ont plus de besoins mais moins de ressources : elles disposent de 30% de ressources financières en moins, bien que leur taux d’imposition soit deux fois plus élevé et que leurs besoins soient de 30% supérieurs. En 2018, Jean-Louis Borloo dénonçait : “La grande mystification. La vérité, c’est qu’aucun plan n’a jamais été mis en place. Et moins on en a fait en matière de politique de la ville, plus on a annoncé de dispositifs, de chiffres et de politiques prioritaires. On a remplacé les moyens publics par les annonces publiques. Résultat, dans les quartiers, il y a moins de services publics, moins de crèches, moins d’équipements sportifs, moins de capacités financières des communes (30 % de moins), moins d’accès à la culture, moins de policiers, des professeurs et des agents de police plus jeunes, qui coûtent donc moins cher… C’est un scandale absolu.” [12]

Ces quartiers ont aussi moitié moins de pédiatres, de dentistes, de gynécologues, mais 3 fois plus de personnes discriminées, moins de transports publics mais 2 fois plus de ménages sans voiture, 2 fois plus d’enfants de 6ème ne prenant pas de petit-déjeuner, 25% des habitants renonçant à des soins dentaires pour raisons financières…

Durant la première vague de la crise du Covid-19 la Seine-Saint-Denis a été le département le plus touché, les villes de Saint-Denis, Argenteuil et Montreuil ont connu la mortalité la plus forte de France, avec Paris et Strasbourg. Avec la crise économique, on assiste à une explosion de la pauvreté. La crise accentue la situation des plus faibles et notamment celle des personnes ayant un emploi précaire, CDD, intérimaires, jeunes diplômé·e·s, étudiantes et étudiants, travailleuses et travailleurs de l'hôtellerie et la restauration…

 

Une OPA hostile sur la Seine-Saint-Denis et les quartiers populaires

Sur le plan urbain, les quartiers populaires sont particulièrement visés par les projets de la métropole. Les terrains y sont meilleur marché et il est simple de s’appuyer sur les besoins de rénovation urbaine pour spéculer sur une montée des prix du foncier. Ainsi nombre de projets du Grand Paris se concentrent en Seine-Saint-Denis. Beaucoup ont été planifiés de manière opaque et autoritaire : les habitants de ces quartiers n’ont souvent pas été écoutés et n’ont pas accès aux décisions prises sur l’avenir de leur territoire.

Avec sept gares du Grand Paris Express, le territoire de Plaine Commune concentre à lui seul 10% des sites desservis. Saint-Denis-Pleyel est notamment conçu comme l’un des nœuds du réseau. Une part importante des chantiers des Jeux Olympiques de Paris 2024 ont aussi lieu en Seine-Saint-Denis : Le village olympique, le centre aquatique à proximité du stade de France, deux piscines d'entraînement olympique et le village des médias. Ce dernier donne l'occasion aux promoteurs d’urbaniser 6,5 ha d’espaces verts de l’Aire des vents à Dugny. Ainsi la construction de ces équipements ne va pas sans poser de problèmes : JO et gares du Grand Paris Express prévoient de métamorphoser des quartiers entiers, spéculant sur les dernières terres disponibles comme les jardins ouvriers du Fort d’Aubervilliers. Plus de 10 000m² de ces jardins sont à la fois menacés par le solarium d’une piscine d'entraînement Olympique et par la construction d’une gare du Grand Paris Express. Pourtant la protection de ces jardins ouvriers, tout comme celle des boisements du Fort d’Aubervilliers, est requise par le Schéma Directeur d’Île-de-France (SDRIF). La destruction des jardins ouvriers et des bois du Fort d’Aubervilliers va à l’encontre du SDRIF.

La question des gares du Grand Paris dépasse la Seine-Saint-Denis : À Gonesse dans le Val-d’Oise, la société du Grand Paris prévoit de construire une gare au milieu des champs, à 1,7km des premières habitations; À Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, 15 ha de friches verdoyantes et de jardins ouvriers sont menacés par un nouveau quartier lié à la gare de Bry-Villiers-Champigny.   

En dehors de ces projets très médiatiques, c’est l’ensemble du tissu urbain des quartiers populaires qui est en mutation. D’une part des centaines de quartiers font l’objet de rénovations urbaine, elles sont inscrites dans le Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) lancé en 2004 ou sa suite lancée en 2014 (NPNRU). D’autre part, des milliers de logements sont en construction pour répondre à l’agenda politique du Grand Paris.

La rénovation urbaine est centralisée par un seul organisme l’ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine) doté de milliards d’euros pour ses projets ( 46 milliards d’euros au total ). Cette agence est vivement critiquée d’une part pour sa lenteur et sa bureaucratie, d’autre part pour son absence d’écoute des populations concernées. Sous prétexte de requalification, de redynamisation, de désenclavement, la rénovation urbaine provoque souvent la destruction des liens sociaux, amicaux, et familiaux établis dans les quartiers. Par ailleurs, elle chasse les populations les plus précaires. Seuls les géants du BTP semblent se réjouir de l’existence de ce programme. 

Dans le quartier des Francs-Moisins à Saint-Denis, le projet de rénovation urbaine prévoit la démolition de 477 logements sociaux sur les 3 800 existants, la réhabilitation de 1 390 logements et la reconstruction de 224 logements sociaux et 423 logements privés. Les locataires concernés ont la promesse d’être relogés mais selon une étude de l’association APPUII[13], l’organisation de ce relogement semble se faire de manière opaque et avec peu de concertation. Les locataires ont un sentiment de relégation et de méfiance. Ils craignent un traitement inégalitaire et risquent d’être reloger encore plus loin de Paris. APPUII a travaillé avec ces habitants pour proposer des alternatives.

La Cité-jardin de la Butte-Rouge à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine, est aussi un projet assez emblématique de la rénovation urbaine. Il risque d’entraîner la destruction de 80 % du site, référence architecturale et paysagère de l’urbanisme de l’entre-deux-guerres. Le projet prévoit la suppression d’environ 1 500 logements sociaux. Le protocole de préfiguration de l’ANRU semble vouloir attirer des ménages plus aisés : “L’image négative aujourd’hui renvoyée par le quartier doit conduire à envisager une stratégie de requalification qui progressivement lui redonne une attractivité dans le marché immobilier.”[14]

Carte des ségrégations territoriales et des projets de densification © fair Carte des ségrégations territoriales et des projets de densification © fair

Carte des ségrégations territoriales et des projets de densification

La transformation des quartiers populaires passe aussi par la destruction des lieux de production. La ville se tertiarise et se débarrasse des ateliers, usines et terrains maraîchers. Cette disparition constitue pourtant une perte de résilience et d’emplois. Si la ville est incapable de relocaliser ses productions et de créer des emplois de proximité, elle ne survivra pas à l’après-pétrole. C’est donc avec une vision courte que les zones industrielles et les friches sont reconverties en quartiers de logements. Aux abords du canal de l’Ourcq, à Romainville, Noisy-le-Sec et Bobigny, sur les derniers terrains maraîchers et sur les friches industrielles se dressent des dizaines de grues, les bétonneuses s’y succèdent pour construire des milliers de logements dans des quartiers toujours plus denses. 

La loi Grand Paris adoptée en 2010 fixe l’objectif de “construire chaque année 70 000 logements en Île-de-France”. Un scénario réalisé par l’Etat, l’INSEE et plusieurs agences urbaines[15] prévoient 17% de ces logements  (12 400 log /an) en Seine-Saint-Denis. En petite couronne, Est Ensemble constitue, après Paris, le territoire le plus dense de la métropole du Grand Paris, avec 106 habitants/hectare en 2016 contre 86,2 à l’échelle métropolitaine. Au sein d’Est-Ensemble, les bois et milieux semi-naturels occupent seulement 1 % du territoire intercommunal. Malgré cette densité très forte, le PLUi d’Est Ensemble prévoit la construction de 2 800 logements par an, celui de Plaine Commune a défini un objectif de construction de 4 200 logements par an. La préservation des espaces naturels et semi-naturels n’est donc pas la priorité. C’est ainsi qu’une partie du Parc Lucie Aubrac aux Lilas (93) a été menacé pour la construction de logements. Les 9,7 hectares de terre du lycée agricole de Vaujours (93) font aussi l’objet de spéculation immobilière. A Dugny (93), l’Aire des vents, une partie du parc de la Courneuve, a été ouverte à l’urbanisation en 2019 par une modification du Schéma Directeur d’Île-de-France (SDRIF). Le site devant recevoir le village des médias, le SDRIF a fait l’objet d’une “Mise en compatibilité pour les JOP 2024”. Or sur les 1 300 logements prévus pour loger les journalistes sur l’Aire des vents, il a été annoncé que 600 logements ne seront construits qu’après les jeux olympiques de 2024[16]. Il s’agit donc d’une grossière opération de promotion immobilière, réalisée sous couvert des Jeux Olympiques.

Face aux 250 000 demandes de logements sociaux à Paris et à l’inflation des prix de l’immobilier sur l’ensemble de l'agglomération, les besoins de logements neufs semblent être une évidence. Pourtant la réalité démographique rend-elle nécessaire la construction d’autant de logements ?

Selon L’INSEE, l'Île-de-France compte 400 000 logements vacants dont près de 117 000 logements à Paris[17], ce chiffre progresse de 2,6% par an. Cela correspond à près de 6 années de construction prévue par la loi et permettrait de loger près d’un million d'habitants. Par ailleurs, les dernières statistiques[18] indiquent qu’en cinq ans, la population francilienne a augmenté de 254 000 personnes, ce qui représente une hausse annuelle moyenne de 50 800 personnes (ou 0,4 % de la population). L’objectif de construire 70 000 logements est donc 3 fois plus rapide que la croissance réelle.

La population de Seine-Saint-Denis a augmenté de 4,7% sur 5 ans. L'Insee estime que la Seine-Saint-Denis pourrait encore gagner 215 000 habitants d'ici 2050, c’est donc 3 100 logements neufs par an qui y sont nécessaires et non 12 400. Même si la population des Hauts-de-Seine connaît une faible croissance de population de 1,5% sur 5 ans, les secteurs les plus riches sont en déclin démographique : Paris perd 10 800 habitants par an en moyenne. L'intercommunalité (EPT) Paris-Ouest-La-Défense qui regroupe 11 villes de l’ouest parisien dont Puteaux, Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret, etc. perd aussi en moyenne 2 000 habitants par an. La nécessité de construire 70 000 logements par an ressemble donc assez à des hypothèses,  des spéculations ou suppositions d’une “ croissance démographique inédite” de la métropole dans les années à venir.

Derniers territoires au foncier abordable en Île-de-France, les quartiers populaires sont véritablement attaqués par une spéculation sans frein, ni vision d’aménagement responsable. Comme le reste de la métropole, le seul programme politique porté sur ces territoires est l’attractivité. La construction de logements et la densification permettent aux promoteurs de réaliser des profits à court terme. Les JO et le super métro du Grand Paris express sont les seuls programmes urbains qui englobent l’ensemble du territoire. Si ces deux opérations appellent des milliards d'investissements, elles paraissent bien anecdotiques au regard de ce que devrait être la politique d’aménagement d’une métropole comme le Grand Paris : la recherche de bien-être de ses citoyens, la recherche de résilience face aux crises à venir, la recherche de solutions pour lutter contre les inégalités sociales, etc.

 

Fragmentation de la société

Ce bilan des inégalités du Grand Paris nous entraîne assez loin de notre recherche de symbiose urbaine. La métropole serait une “non-symbiose”, un reflet des divisions sociales, une expression des fragmentations de l’organisation de la société. Aujourd’hui la société n’a jamais été aussi divisée, cloisonnée socialement mais aussi religieusement et politiquement, polarisée sur les questions de genre, d’origine ethnique, de croyance, d’âge, d’équité sociale…

Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment, dans ce “monde d'après", pourrions-nous nous réapproprier le “droit à la Ville” ? comment inventer de nouvelles valeurs de solidarité et de coopération ?

 

La discorde est une stratégie connue depuis la nuit des temps, “divide et impera” n’a pas échappé au capitalisme. Emmanuel Macron[19] et même récemment Ian Brossat[20] voudraient opposer les questions sociales et les questions écologiques, rendre l’écologie responsable de la fermeture des usines, de l’augmentation des prix, des pénuries de logements neufs, des mesures contre l’automobile en ville. Ces questions sociales et politiques sont plus complexes et elles sont en partie liées à la gestion du territoire : dans une tribune, l’urbaniste Stéphane Lecler note que “Les difficultés des “gilets jaunes” sont pour une grande part la conséquence de la politique d’urbanisme mise en œuvre dans notre pays depuis cinquante ans. (...) celle-ci a consisté à vider les villages, bourgs et villes petites et moyennes d’une grande partie de leurs habitants et activités au profit de périphéries sans âme et sans vie. Cette politique, à laquelle peu de territoires ont échappé, s’articule autour du triptyque : étalement urbain de l’habitat, centre commercial et voiture individuelle.”[21]

Selon l’historien Jacques Rougerie, la politique d'urbanisme du Second Empire, fut aussi un des facteurs de la Commune de Paris (1871).  Les quartiers parisiens tendaient jusque-là vers une réelle mixité sociale mais celle-ci disparaît avec l'Haussmannisation. La bourgeoisie se concentre alors dans les quartiers de l'ouest parisien et les classes populaires, ouvriers, artisans et petits commerçants sont repoussés vers l'est. Selon Rougerie, l'insurrection de la Commune est alors “une tentative de réappropriation populaire de l'espace urbain”[22].

Depuis 150 ans, l’embourgeoisement de la société ne s’est pas arrêté. La montée des individualismes est évidente aujourd’hui et elle s'accompagne de quête de reconnaissance sociale ou de richesse, de cupidité et d’égoïsme. Suivant l’idéologie de la méritocratie, la société a flatté la réussite individuelle et a appauvrit les relations de coopération. Le capitalisme abhorre les relations qui ne sont pas marchandes. Les relations sociales, amicales ou encore les rapports hiérarchiques, la transmission, l’art, la beauté, la bonté doivent générer du profit. Le soin, la santé, l’éducation, l’eau, l’énergie, les transports et tout autre service public sont à rentabiliser. De la même manière, l'organisation sociale complexe des villes, leur “symbiose urbaine”, s’est inexorablement fragilisée.

Le modèle capitaliste industriel et le libéralisme post-industriel sont les seuls systèmes que nous connaissons encore. Ils sont devenus notre seule référence d’organisation sociale et de production économique. La conflictualité sociale serait un héritage de l’ère industrielle. En valorisant l’individualisme, l’idéologie des capitaines d’industrie a largement fragmenté la société et fragilisé le phénomène urbain : La ville n’est plus le support de la coopération mais de la concurrence, de la compétition à toutes les échelles : des rapports de forces entre Etats, la concurrence entre entreprises, et la rivalité entre individus. Chaque entité, en manque d’hégémonie, en quête de plus de richesse et de croissance, s’affronte pour assurer sa domination technologique, commerciale, économique... Les métropoles sont en concurrence entre elles. Au sein des villes, les citoyens sont en concurrence pour trouver un logement, un emploi, une place dans la société. Le foncier et l’immobilier sont vendus aux plus offrants, ce qui accentue l’augmentation des prix et la spéculation. La métropolisation augmente les divisions sociales et amplifie les phénomènes de classe et les inégalités. D’un côté, les bénéfices et les plus-values produits par les métropoles sont captés par des intérêts privés, de l’autre, les pertes et les nuisances doivent être supportées par l’ensemble de la société et par l’environnement. Le système de concurrence généralisée, de compétition et de prédation engendre des comportements égoïstes, dangereux et violents voire toxiques : Le stress, la fatigue, l’épuisement des personnes comme l’épuisement des ressources, les crises, les faillites, les effondrements, les exclus et les victimes nombreuses…

Le capitalisme industriel s’est construit en morcelant la société. Pour construire les citées ouvrières, au début du XXe siècle, les industriels écartent les modèles de logements collectifs ou de phalanstère, et favorisent des formes d’habitat individuel ou mono-familial. La maison individuelle devait faciliter la division du corps social et fragiliser les organisations syndicales. Pour augmenter les cadences de production, le Taylorisme individualise les tâches, l’ouvrier est à la fois démis de savoir-faire complexes et rendu responsable d’une monotâche. La publicité fonctionne en flattant le “client-roi”, en exaltant l’individualisme plutôt que le fait social. L’automobile, la maison individuelle, l’accès individualisé à l’eau potable, à l’énergie électrique, au micro-ordinateur (“personal” computer ou PC), au téléphone portable, etc... sont autant de marqueurs matériels d’une volonté d’atomiser, de rompre la cohésion de la société.

L’urbanisme contemporain, la planification et le droit des sols, sont nés avec l’industrialisation du pays. Leur action s’est efforcée de diviser la vie urbaine  en “fonctions” et en “zones” avec une précision toute industrielle. L’urbanisme de la productivité et de l'efficacité a considéré les citadins soit comme producteurs, soit comme consommateurs, méprisant toutes les autres dimensions de l’existence. La ville fonctionnaliste, les grands ensembles de logements, les zones d’activités, les nappes pavillonnaires ne bénéficient pas des fonctions d’une ville. L’idée de partage ne pouvait que disparaître au profit d’une liberté illusoire et de besoins inutiles promis à un consommateur rendu égoïste par le monde marchand, la publicité et le marketing.

Depuis une dizaine d’années, même le salariat disparaît de nos métropoles au profit des emplois précaires et de l’auto-entreprenariat. Uber, Airbnb, Deliveroo et beaucoup d’autres ont poussé la libéralisation jusqu'à la destruction du cadre du travail. Ces plateformes ne se soumettent ni à l’impôt, ni au droit des travailleurs qu’elles emploient. Elles prospèrent par l’individualisation de l'activité et précarisent leurs employés avec des revenus instables, l’absence de formation, l’absence de sécurité en cas de maladie, de chômage, les difficultés d’accès aux prêts et au logement. Elles ont automatisé la gestion du personnel via des algorithmes, un chauffeur Uber ou un livreur Deliveroo n’est pas licencié, mais désactivé par un algorithme.

 

[1] Public Sénat : « Les chiffres sont absolument hallucinants » : la gauche du Sénat s’empare d’un nouveau rapport sur la suppression de l’ISF - https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/les-chiffres-sont-absolument-hallucinants-la-gauche-du-senat-s-empare-d-un

[2] Le Parisien : “ Palmarès des villes les plus attractives : Paris ne fait plus rêver, Rennes en tête” https://www.leparisien.fr/economie/palmares-des-villes-francaises-les-plus-attractives-rennes-en-tete-paris-ne-fait-plus-rever-06-12-2020-8412749.php

[3] Le Figaro, L'Île-de-France, premier désert médical de métropole 11/12/2020 https://www.lefigaro.fr/actualite-france/l-ile-de-france-premier-desert-medical-de-metropole-20201211

[4] Le Parisien, L’Ile-de-France devrait gagner un million d’habitants d’ici 2050 - 30 juillet 2018

https://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/l-ile-de-france-devrait-gagner-un-million-d-habitants-d-ici-2050-30-07-2018-7838502.php

[5]Société du Grande Paris : Un investissement d'avenir https://www.societedugrandparis.fr/info/economie-et-emploi-201

[6] Paris Région, Activité touristique à Paris Ile-de-France Bilan Carbone et scénarios d’évolution, 2014 http://www.srcae-idf.fr/IMG/pdf/BC_tourisme_idf_cle031c92-1.pdf

[7] “Rem Koolhaas, as du shopping “ Le Monde 11 octobre 2012 https://www.lemonde.fr/culture/article/2012/10/11/rem-koolhaas-as-du-shopping_1774041_3246.html

[8] David Mangin, La Ville franchisée, Editions de La Villette, 2004

[9] Jean Baudrillard, La Société de consommation, Gallimard, 1970

[10] Observatoire des Inégalités, « Rapport sur la pauvreté en France 2020-2021 », Novembre 2020

https://www.inegalites.fr/Le-Rapport-sur-la-pauvrete-en-France-2020-2021-vient-de-paraitre

[11]Daniel Behar « Les difficultés de la Seine-Saint-Denis tiennent d’abord au renouvellement permanent de sa population » Le Monde,05 juin 2020

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/06/05/les-difficultes-de-la-seine-saint-denis-tiennent-d-abord-au-renouvellement-permanent-de-sa-population_6041890_3232.html

[12] Banlieues à l’abandon : Jean-Louis Borloo dénonce un « scandale absolu », Le Monde, 26 avril 2018 https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/04/26/banlieues-a-l-abandon-jean-louis-borloo-denonce-un-scandale-absolu_5290955_823448.html

[13] APUII, Franc-Moisin (Saint-Denis) : Premiers résultats de la contre-expertise sur le relogement menée par les citoyen.ne.s, https://appuii.wordpress.com/2020/12/17/franc-moisin-saint-denis-premiers-resultats-de-la-contre-expertise-sur-le-relogement-menee-par-les-citoyen-ne-s/

[14] La Croix, Cité-jardin de la Butte-Rouge, l’enjeu du logement social

https://www.la-croix.com/France/Cite-jardin-Butte-Rouge-lenjeu-logement-social-2021-01-21-1201136263

[15] Scénario réalisé par IAU îdF, Insee Île-de-France, Apur, DRIEA et DRIHL http://www.driea.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/evolutions_conjointes_du_parc_de_logements_et_de_la_population_en_ile_de_france.pdf

[16] Le Parisien, Paris 2024 : en Seine-Saint-Denis, le village des médias sera en partie construit… après les JO, 13 octobre 2020 https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/paris-2024-en-seine-saint-denis-le-village-des-medias-sera-en-partie-construit-apres-les-jo-13-10-2020-8401704.php

[17] Insee, Les logements vacants progressent plus vite que l’ensemble du parc, https://www.insee.fr/fr/statistiques/3572856

[18] INSEE Population légale de l’Île-de-France https://www.insee.fr/fr/statistiques/5002478

[19] Vidéo en ligne le 16/11/2020 où Emmanuel Macron donne une subtile variante de l’écologie punitive en prenant à partie les français qui n’ont pas d’autres choix qu’un pavillon périurbain et une voiture diesel. https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1328416043627372547?s=20

[20] Ian Brossat : « Comment répondre au besoin fondamental de se loger dignement s’il n’est plus possible de construire en ville ? » Le Monde, 16 decembre 2020

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/16/ian-brossat-comment-repondre-au-besoin-fondamental-de-se-loger-dignement-s-il-n-est-plus-possible-de-construire-en-ville_6063597_3232.html

[21] Stéphane Lecler, « Les difficultés des “gilets jaunes” sont la conséquence de cinquante ans de politique d’urbanisme », Le Monde 02 janvier 2019, https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/02/les-difficultes-des-gilets-jaunes-sont-la-consequence-de-cinquante-ans-de-politique-d-urbanisme_5404280_3232.html

[22] Jacques Rougerie, Paris insurgé : La Commune de 1871, Gallimard, 1995.

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