Salvini sous enquête pour «enlèvement» de réfugiés à bord du Sea Watch 3

Le parquet de Catane ouvre une enquête pour "enlèvement" dans le cas des 47 réfugiés du Sea-Watch 3 à qui il avait refusé d'ouvrir ses ports en janvier dernier.

Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien se retrouve aujourd'hui une nouvelle fois sous-enquête par un tribunal italien.


Après l'affaire du Dicciotti, où Salvini avait refusé l'accès au port à 10 rescapés secourus en mer au mois d’août 2018, c'est maintenant pour avoir empêché de débarquer les 47 survivants sauvés par Sea-Watch 3 que Salvini est sous investigations pour « délit d'enlèvement commis à Syracuse du 24 au 30 janvier 2019 » par le parquet de Catane.


Salvini qui tente depuis des mois de criminaliser notre travail et de fournir des preuves fallacieuses d'une hypothétique collusion entre ONG et passeurs comme son homologue français, devras, si l'enquête se poursuis, répondre de sa décision criminelle de fermer ses ports, devant le tribunal de Catane, seul habilité à juger les ministres de son pays.


Au sein du gouvernement italien les dents commencent à grincer et des dissonances se font entendre, notamment au travers de la voix de Elisabetta Trenta, ministre de la défense. En effet, Trenta affirme dans une interview à Radio Capital ce matin que « en cas de guerre [En Libye] il ne s’agira plus de migrants mais de réfugiés et nous devons accueillir les réfugiés », se rangeant ainsi du coté de la politique de sauvetage d'urgence des ONG, qui semblent seuls spectateurs raisonnables de la situation en méditerranée centrale.


Malgré la situation en Libye qui ne cesse de se dégrader, malgré une guerre ouverte déclarée depuis le 4 avril entre le gouvernement reconnu par la communauté internationale et l'armée du maréchal Haftar qui poussera de nouveau non seulement les réfugiés d'Afrique subsaharienne fuyant la misère, la guerre, et les persécutions dans leurs pays, mais également des civils Libyens à tenter la traversée mortelle de la méditerranée, non pour voler notre el dorado Européen mais pour vivre simplement sans avoir peur de mourir à chaque minute, Salvini persiste et signe dans sa politique de fermeture des ports italiens.

Il est urgent pour les gouvernements européens de prendre conscience de leur responsabilité dans les milliers de morts noyés dans la traversée mortelle de la méditerranée.


L'Italie a besoin, nous avons besoin, d'une réponse européenne et étatisée en terme de moyens de sauvetage et d'intégration des réfugiés qui fuient l'horreur, la guerre, et la torture.

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