6ème Forum des enseignants innovants : Le jazz pour l'école inclusive

Comment montrer et démontrer qu'une école ZEP à la mauvaise réputation ne mérite pas cette étiquette ? L'idée des "Petits Loups des Voix" est de mettre en avant les petits lodévois dans un concert phare, dans des conditions pro, avec des jazzmen reconnu, sur la place principale de la ville. Avec ce projet porté depuis 3 ans, le pari est en phase d'être réussi. Cette année pas moins d'une dizaine d'enfants (sur 110 environ) sont revenus dans l'école de quartier ; certains quittant l'école privée. Plus encore, en écrivant des paroles de chansons sur des standards, les élèves changent eux-mêmes de regards sur leurs possibilités.

Comment montrer et démontrer qu'une école ZEP à la mauvaise réputation ne mérite pas cette étiquette ? L'idée des "Petits Loups des Voix" est de mettre en avant les petits lodévois dans un concert phare, dans des conditions pro, avec des jazzmen reconnu, sur la place principale de la ville. Avec ce projet porté depuis 3 ans, le pari est en phase d'être réussi. Cette année pas moins d'une dizaine d'enfants (sur 110 environ) sont revenus dans l'école de quartier ; certains quittant l'école privée. Plus encore, en écrivant des paroles de chansons sur des standards, les élèves changent eux-mêmes de regards sur leurs possibilités.

Ce projet est présenté au 6e Forum des enseignants innovants, les 5 et 6 avril à Nantes. Je reproduis ici, en partie, l'entretien que j'ai donné au Café Pédagogique, organisateur du forum.

Entretien réalisé par Isabelle Lardon


Quelle a été l'origine (la personne, l'évènement, la rencontre...) de votre projet ?

 

 

 

 

Ce projet a une double filiation : personnelle et professionnelle. Personnelle d’abord parce je suis un enfant de Junas (Gard) et que depuis 20 ans il s’y déroule l’un des grands festivals de jazz de France : Jazz à Junas. Depuis mes quinze ans, je participe à son organisation. L’association Jazz à Junas a développé ses activités durant toute l’année, notamment avec un service éducatif reconnu par le Rectorat et auditionné récemment par le Ministère de la Culture. Bizarrement, je ne me suis pas appuyé, les deux premières années, sur l’association pour réaliser ce projet. Par contre, j’ai pu y exprimer toutes les connaissances pratiques acquises de l’organisation d’un évènement, en l’appliquant à l’école.

 

Filiation professionnelle en second. Non-musicien, mais amateur de toutes les musiques, j’ai rencontré deux excellents formateurs en IUFM à Mende puis à Montpellier : David Pendrous et Pierre Gaucher. Dans mes premières années d’exercices, c’est avec entrain, insouciance et pas toujours de justesse vocale, que j’ai fait chanter mes élèves.

 

Les fil personnel et professionnel se sont croisés à l’occasion d’une réflexion sur la situation de mon école. Notre travail était reconnu par les professionnels (médecin scolaire, éducateurs, services de soin…), mais pas dans la Ville. L’école d’un quartier paupérisé restait l’école à éviter. Comment retourner l’image d’une école ? Il fallait mettre les élèves sur la principale place de la Ville, les faire chanter dans des conditions professionnelles.

 

Avec les moyens du bord, ma collègue et moi-même nous avons travaillé avec Olivier Caillard et son répertoire, les « Petits Loups du Jazz ». Le premier concert a été une réussite. Le deuxième, un franc succès, avec 500 spectateurs, qui finit par convaincre les partenaires du bien-fondé de l’action. Le troisième, cette fois-ci en partenariat avec Jazz à Junas, va plus loin puisque les élèves écrivent toutes les paroles des chansons sur des thèmes de jazz allant d’Amstrong à Ibrahim Maalouf, de Gershwin à E.S.T., de Miles à Texier, de Coltrane à Salis. Ils chanteront « accompagnés » par des musiciens reconnus dans le milieu du jazz tel que Guillaume Séguron (prix jazz migration Afjima), Samuel Sulivan, Franck Nicolas, Gabriel Fernandez, Pierre-Coulon Cerisier. Enfin, ils sont dirigés par un musicien lodévois, Bernard Ariu ayant de bonnes compétences pédagogiques. Les « Petits Loups des Voix » sont désormais devenus de vrais « Newgaro » en herbe.

 

Pouvez-vous décrire, du point de vue des activités menées avec les élèves, une situation dans laquelle vous avez vu un impact positif sur les apprentissages scolaires ou de la mobilisation des élèves ?

 

L’un des effets attendus du projet est de voir les enfants saisis d’une nécessité à agir autrement vis-à-vis de la chose scolaire, des camarades et d’eux-mêmes. Les enfants ne s’élèvent que si l’on montre un point haut...

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Dans les jours qui viennent j'ajouterai un paragraphe, dans les commentaires, en complément.

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