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Billet de blog 4 nov. 2013

Consultation sur les programmes de l’école primaire : l'avis de notre équipe

Chers lecteurs, je vous donne à lire aujourd'hui, l'avis de l'équipe enseignante de mon école sur les programmes de 2008 réalisés sous Xavier Darcos par Brighelli.

Sebastien Rome
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Chers lecteurs, je vous donne à lire aujourd'hui, l'avis de l'équipe enseignante de mon école sur les programmes de 2008 réalisés sous Xavier Darcos par Brighelli.

Afin de faciliter l’analyse des contributions à la consultation nationale, il vous est proposé de suivre le guide de questionnement suivant :

Les programmes de l’école sont en application depuis la rentrée de l’année scolaire 2008-2009. Après cinq ans de mise en œuvre, quels sont selon vous les principales qualités et les principaux défauts de ces programmes ? (Vous pouvez évoquer leurs finalités, leur faisabilité, les conceptions didactiques et pédagogiques qui les sous-tendent, l’articulation avec les compétences du socle commun, la continuité école-collège, les découpages par domaine d’enseignement, par cycle et les repères annuels)

  • Leur finalité : En comparaison avec les programmes de 2002, beaucoup moins de sens est mis dans les apprentissages.
  • Leur faisabilité : Ces programmes ne sont pas réalisables, car certaines notions sont enseignées trop tôt, à des enfants qui ne sont pas prêts à les assimiler. Ils aussi sont trop lourds, de manière générale. Et nous avons 2 heures d’enseignement en moins par semaine pour les appliquer (par rapport aux programmes de 2002). Le temps de classe est beaucoup trop intense pour les élèves, et beaucoup trop frustrant pour les enseignants qui n’arrivent pas à tout faire.
  • Les conceptions didactiques et pédagogiques qui les sous-tendent : Une volonté de revenir aux programmes de 1923 en mathématiques et grammaire qui correspondent à la réalité des heures possibles de travail de l’époque (30h de classe contre 24h aujourd’hui & entre-temps une multiplication exponentielle des disciplines à enseigner - tout cela sans obligation de faire réussir tous les élèves). Les documents d’application des programmes sont aussi importants, voire plus, que les programmes eux-mêmes, or, ils ont disparus. Cela souligne une pédagogie de l’accumulation des savoirs alors que les enfants ont besoin de faire, de chercher, de refaire…
  • découpages par domaine d’enseignement : Les découpages par domaines d’enseignement sont satisfaisants.
  • l’articulation avec les compétences du socle commun : le socle est invisible dans les programmes
  • Les repères annuels : En contradiction avec l’idée de cycle. Les progressions présentes en fin de programmes peuvent toutefois avoir leurs intérêts pour organiser le travail en équipe (le cadrage par année n’est pas nécessairement le bon)

Quelles sont les parties des programmes dont l’application vous a semblé difficile, pourquoi ? (précisez le cycle et le domaine d’enseignement considéré)

  • En fin de cycle 3, tous les domaines ont été abordés de manière lacunaire : les lourdeurs accumulées depuis le CP rendent  la tâche impossible. Soit on survole l’ensemble du programme au risque d’avoir des élèves aux compétences plus que fragiles, soit on effectue des coupes (sombres) afin de privilégier la compréhension et l’acquisition réelle dans la durée.
  • Cycle 2 : En mathématiques, l’apprentissage de la technique opératoire de la soustraction en CP nous semble une aberration, et quasiment infaisable pour la majorité des élèves. En français, le programme de grammaire et de conjugaison (le passé composé) de CE1 est trop lourd, compte tenu du temps passé à renforcer la lecture.
  • Cycle 3 : En histoire, le programme d’histoire et d’histoire des arts en cycle 3 est trop ambitieux et irréalisable. En sciences, l’idée de programme est en contradiction avec la volonté de mise en place d’une pédagogie de la recherche du type « main à la pâte » qui rend compte de la démarche scientifique. En français, aborder les temps les plus complexes conduit à négliger les temps les plus utilisés par les élèves. En mathématiques, les programmes ne sont pas suffisamment centrés sur la résolution de problèmes.

Quels sont les éléments que vous souhaiteriez voir conservés ? (précisez le cycle et le domaine d’enseignement considéré)

 La lecture au CP.

Quelles sont vos suggestions pour les prochains programmes ?   

  • Mettre plus de sens dans les apprentissages.
  • Laisser le temps aux enfants de stabiliser les bases avant de faire apparaitre de nouvelles notions complexes (par exemple, mettre l’enseignement de la technique opératoire de la soustraction au programme du CE1 et non du CP, pour laisser le temps que la technique opératoire de l’addition soit bien solide).
  • Insister sur : la résolution de problèmes en mathématiques et la production d’écrit
  • Alléger l’apprentissage de la technique opératoire de la multiplication en CE1 : sans l'abandonner totalement, il faudrait se contenter de faire des problèmes avec des situations multiplicatives faisant intervenir l'addition réitérée et n'apprendre qu'une seule table de multiplication (de 2 par exemple) pour comprendre le sens de la multiplication, mais ne pas aller au-delà. Découvrir et apprendre les tables de 2 ; 3 ; 4 ; 5 prend beaucoup de temps qu'il vaudrait mieux consacrer à l'addition et à la soustraction à retenues, qui sont vraiment des supports à la compréhension de la numération.
  • En sciences : privilégier l’apprentissage de la méthode scientifique & la recherche documentaire à partir de thèmes possibles sans fixer de programme à faire. Cet apprentissage méthodologique et culturel est plus fondamental à acquérir que de constituer un savoir encyclopédique dans un programme.
  • Si le CE2 fait parti du cycle 2, les objectifs devraient être approximativement ceux du CE1 actuel. Cela correspondrait à la perte de temps de l’école entre 1967 et 2008 (1128h contre 840h aujourd’hui, soit sur 5 ans 1440h, presque 2 années de classe en 2013…)
  • Il est nécessaire aussi de s’interroger sur la place de certains enseignements à l’école comme les premiers secours, la sécurité routière…et donc le sens de l’école. Doit-elle répondre à tous les manques de la société ? Quelle est sa mission ?

En quelle qualité participez-vous à cette consultation ? (enseignant(s), inspecteur de l’éducation nationale, parent d’élèves….)

Équipe de professeurs des écoles

 ****

Pour la part de Brighelli au programme : écoutez ceci

(https://www.dropbox.com/s/wq5t1dddhq7pwkt/INTERCEPTION%2024.01.2010.Brighelli2.mp3)

la part de BrighelliInterception du 24.01.2010

et sa part de sa connaissance du primaire : 

Sibille, vous avez raison — en ce qui concerne les écoles normales.

Je vais une fois de plus — mais ce sera la dernière — répondre à PP…
Les évaluations de CM2 au mois de janvier, j'ai dit ici-même ce que j'en pensais. Qu'il y ait au ministère des bureaucrates infiltrés depuis les années Lang qui fassent de leur mieux pour saboter le travail, comme il y en a d'autres pour suggérer à Robien de ne pas sanctionner cette vieille crapule de Frackowiak, je suis bien obligé de le constater. Le samedi chômé, j'ai dit aussi (ici et directement à Darcos) ce que j'en pensais).
Quant à l'idée de ne pas vouloir faire au collège ce qui n'aurait pas été fait avant… Mais pourquoi diable ne pas le faire avant ? Pourquoi ne pas consacrer le collège à affiner ses vraies compétences ? Parce qu'il faudrait renoncer au collège unique ? Ça ne me gêne pas. Vous dites que je ne connais pas grand chose à l'enseignement en Primaire… Je l'ai dit moi-même. Mais je connais à fond ce qu'il en est au lycée et post-bac : et si vous voyiez de vos yeux l'état dans lequel sont les étudiants, y compris ceux qui sont supposés être bons, vous iriez vous empaler vous-même, trou du cul que vous êtes, pour avoir laissé se dégrader à ce point l'enseignement des fondamentaux.
Fin message.
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 janvier 2010

Brighelli ne connait rien à l'école primaire © Brighelli

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