Discours lors de la signature du Contrat de Ville de Lodève

Ce jeudi 2 juillet, la convention cadre du contrat de ville de Lodève a été signé, en présence notamment de M. le Préfet de Région, M. le Député de la 4e circonscription, M. le Conseiller Régional, M. le Président du Département de l'Hérault, M. le Directeur de la CAF de l'Hérault. Les 24 autres partenaires de cette convention étaient également présents pour officialiser ce partenariat, une vraie mobilisation pour Lodève.

Ce jeudi 2 juillet, la convention cadre du contrat de ville de Lodève a été signé, en présence notamment de M. le Préfet de Région, M. le Député de la 4e circonscription, M. le Conseiller Régional, M. le Président du Département de l'Hérault, M. le Directeur de la CAF de l'Hérault. Les 24 autres partenaires de cette convention étaient également présents pour officialiser ce partenariat, une vraie mobilisation pour Lodève.

voici mon discours :

 

"

Je suis sincèrement honoré de la charge qui m'est faite aujourd'hui d'introduire l'ensemble des prises de parole à venir. Quand on est un jeune élu, nouvel élu, profondément attaché dans son parcours à la République et à la transmission de ses valeurs, on ne peut que ressentir, ici et aujourd'hui, tout le sens de la responsabilité qu'implique l'engagement dans la vie de la cité.

 

Cet engagement est d'autant plus fort pour moi car, quand on évoque le quartier prioritaire de Lodève, je vois des visages, j'entends des timbres de voix, je reconnais des personnes avec qui je partage mon quotidien.

 

Le cœur de ville a été reconnu prioritaire par l'Etat au même titre que 1300 autres (environ) quartiers en France. Je tiens à saluer ici la méthodologie de l'Etat et du ministre qui a lancé cette réforme, François Lamy, pour définir la carte des quartiers prioritaires. En prenant comme critère principal, le critère de pauvreté (la part de personnes vivant en dessous de 60 % du revenu médian), la nouvelle géographie de la politique de la ville a non seulement gagné en objectivité mais aussi a mis sous notre regard, une France où la pauvreté se concentrait dans les grands ensembles urbains et dans les petites villes.

 

Cela est encore plus vraie dans notre Région, deuxième région la plus pauvre de France, et notre département, le 5e en matière de pauvreté,où les petits sites classés en politique de la ville sont nombreux. La récente étude de l'INSEE du 2 juin dernier sur la pauvreté en France confirme la nouvelle direction qu'a pris la politique de la Ville : la pauvreté est extrêmement présente en milieu rural.

 

La ville de Lodève a un quartier reconnu comme prioritaire à juste tire : son quartier, selon l' INSEE, est dans le premier tiers des 1300 quartiers concentrant le plus de pauvreté (377e place). Mais la pauvreté ne s'arrête pas à la limite de ce quartier. Sur 771 zones urbaines en France, Lodève est la 15e zone urbaine de France concentrant le plus de personnes pauvres, la 3e en Languedoc-Roussillon après Beaucaire et Lézignan-Corbières et la 1er dans l'Hérault.

 

Le revenu plafond par Unité de consommation des 10% des ménages les plus modestes est de 188€/mois contre 421€/mois dans l'Hérault, ce qui est déjà très bas au niveau national. Un enfant sur 2 vit en dessous du seuil de bas revenu. Le quartier cœur de ville est le 3e quartier dans l'Hérault où la rotation résidentielle des habitants est la plus forte et le 60e en France.

Derrière ces chiffres, il y a pour moi des visages connus. Ce contrat de ville est tissé, chaîne et trame, de chairs et d'os.

 

Ce quartier prioritaire représente donc 40 % de la population de la Ville, soit 3080 habitants (contre 1294 lors du précédant contrat urbain de cohésion sociale de 2006) et près d'1/4 de la population de la Communauté des Communes.

 

Placé au cœur d'une zone en revitalisation rurale, le contrat de ville de Lodève revêt un sens particulier. Il demande à chacun de repenser nos manières d'agir en quartier prioritaire dans un contexte qui n'est pas celui des grands ensembles. Avec les forces et les faiblesses de la ruralité et avec l'éloignement des grandes villes motrices de l'économie française.

C'est là qu'il faut comprendre tout l'intérêt de l'engagement multipartenarial voulu par l'Etat. Avec les partenaires, que je remercie d'être aussi nombreux aujourd'hui, nous avons défini ensemble 5 grands enjeux pour cette convention cadre.



1. RENDRE OPERANT LES CONNEXIONS AUX AUTRES PÔLES URBAINS (LA MOBILITE)

2. RENVERSER LA TENDANCE SUR L'HABITAT DEGRADE

3. STABILISER LA POPULATION FRAGILE POUR FAVORISER LES ACCOMPAGNEMENTS SOCIAUX ET EDUCATIFS

4 . RECREER DE LA MIXITE SOCIALE ET DE REVENUS DANS LE QUARTIER

5. REVALORISER L'IMAGE DE LODEVE A INTERIEUR ET A L'EXTERIEUR DE LA VILLE, RENFORCER SON ATTRACTIVITE



C'est ensemble que nous avons à relever ces défis. La démarche de partenariat voulu par l'Etat est sans conteste la voie d'avenir pour répondre aux besoins des habitants, durement touchés par la pauvreté ; des habitants de cette France des « sous-préfectures » comme l'aime l'appeler Raymond Depardon qui a porté un œil si juste sur notre ville.



Enfin, un dernier mot. La signature de cette convention cadre est un moment important. Elle est une véritable cérémonie Républicaine qui met en œuvre nos valeurs communes, non pas par la commémoration, mais par l'envie de se projeter dans l'avenir, dont nous avons le devoir qu'il soit meilleur pour ces habitants. La République, c'est aussi le droit. C'est sa colonne vertébrale. L'esprit de la nouvelle politique de la ville c'est de permettre aux habitants d'accéder à leurs droits, ce qui malheureusement, encore aujourd'hui, fait souvent défaut dans ces quartiers. En réclamant aux collectivités et aux services de l'Etat, le droit, rien que le droit mais tout le droit, les habitants seront les fers de lance de notre République.



Le premier de ces droits ouvert est celui de se constituer en conseil citoyen car cela ne se fera pas sans eux, cela ne se fera plus sans eux. Je remercie particulièrement les membres du conseil citoyen ici présents qui seront, avec leurs concitoyens tirés au sort, aux côtés des partenaires signataires de la convention cadre pour proposer, amender, donner un avis, chercher de nouvelles voies. Ils devront être aussi notre vigie à tous et savoir être critique car ils sont ceux qui vivent ce quartier.



Je conclurai donc par une invitation. Une invitation au travail sur les projets à mettre en œuvre pour poursuivre et approfondir cette convention cadre. Une invitation à un beau labeur, celui d'un projet pour la ville et le territoire. Une invitation aussi à l'effort soutenu de tous, ensemble, concitoyens et partenaires signataires, car c'est en cheminant que nous ferons le chemin."

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.