Une chorale scolaire...

A Lodève, le 14 juin à 19h plus de 70 enfants chanteront du jazz accompagnés d'une formation de musiciens confirmés. Ce projet se veut une réponse locale à une problématique que beaucoup d'écoles de France rencontrent. Comment regagner de la mixité dans des écoles trop souvent, mais pas toujours, "évitées"  ? ou dit-autrement comment faire société ? en chantant ?

A Lodève, le 14 juin à 19h plus de 70 enfants chanteront du jazz accompagnés d'une formation de musiciens confirmés. Ce projet se veut une réponse locale à une problématique que beaucoup d'écoles de France rencontrent. Comment regagner de la mixité dans des écoles trop souvent, mais pas toujours, "évitées"  ? ou dit-autrement comment faire société ? en chantant ?

Après avoir souvent évoqué les enjeux nationaux de l’Éducation nationale, que l'on me permettent ici d'illustrer ce que peut être sur le terrain une "politique" établissement visant à développer la mixité sociale dans l'école. L'idée est de créer une chorale jazz, à partir du répertoire des P'tits Loups du Jazz d'Olivier Caillard qui fut de la partie l'année dernière, et de la rendre visible à la ville.

Un des buts recherchés par ce projet est donc la mise en valeur du travail des élèves et de leur école en montrant aux Lodévois, le sérieux, la rigueur, la joie et l'imaginaire des enfants du quartier. Classée en ZEP (RRS), les écoles du centre ville souffrent d'une image négative assez peu justifiée. Tout Lodévois le sait bien ; il y a une nette tendance au "séparatisme" scolaire et sociale dans la ville. Pourtant, malgré, le travail scolaire exemplaire accompli par des équipes stables ne permet pas d'inverser la tendance. Il était donc nécessaire, voire incontournable, de sortir des cadres de l'école et de prendre en compte une réalité dont on se détourne trop souvent. L'école n'est pas qu’institution scolaire mais aussi le cœur d’un quartier qui permet ou pas à une vie sociale, faite de mixité, de s’installer durablement.

La Culture, faite

par les petits Lodévois pour les Lodévois, prend ici tout son sens de communauté de vie.

Le dynamisme d’une « ville-centre » au cœur d’un territoire comme celui du Lodèvois-Larzac est  tributaire de l’emploi, des services et du prix du m2 à la location (ou la construction). Mais un point retient l’attention de ceux qui vise à vivre durablement sur un territoire : la réputation de l’école de secteur est un des premiers critères de choix d’installation dans un lieu de vie (Agès Van Zanten, Choisir son école, PUF, 2009). Montrer et mettre en valeur les écoles a donc une incidence directe sur l’image d’un territoire. En retour une image positive du territoire dégage des marges de manœuvre  pour les écoles en facilitant les relations au sein de la communauté éducative et en améliorant les résultats scolaires (Ecole les pièges de la concurrence S. Broccolichi, C. Ben Ayed, D. Trancart, La découverte 2010).

 

 

Ce projet, au-delà de la musique, est un pari. Où, comme le pari pascalien, les enfants seront de toutes façons gagnants. Quand bien même une plus grande mixité ne se réaliserait pas, les petits loups auront chanté ensemble, appris une dizaine de cha

nsons, se sauront fait plaisir,  auront découvert le jazz, la scène, le public, le spectacle dans des conditions pros, auront appris l'écoute, le partage, la fierté d'atteindre ce que l'on pense trop lointain ou ce qui semble trop difficile, bref, ils auront engrangé des souvenirs et "une leçon de choses". Chantant sur une place centrale de la Ville, ils auront gagner leur place dans la Ville.

voici le courrier envoyé aux élus de la Ville de Lodève

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A l’attention des élus de la municipalité de Lodève

 

Mesdames, Messieurs,

 

 

J’ai le plaisir de vous inviter à deux rendez-vous. Le jeudi 14 juin à 19h pour le concert des Petits Loups du Jazz de Prosper Gély et César Vinas accompagnés par le Bernard Ariu Quintet et le samedi 2 juin à 10h30 sur le marché pour un mini-concert.

 

Ce projet de chorale jazz pour les enfants n’est pas qu’un projet pédagogique ; certes, il permet de travailler de nombreuses compétences inscrites dans les programmes, mais il est bien plus.

Ce projet n’est pas qu’un projet culturel ; certes, il permet de sensibiliser des enfants et leurs parents à un pan majeur de la culture musicale du XXème siècle et constitue par là un évènement original sur le territoire en termes de politique de public en faisant venir à une manifestation culturelle des personnes qui n’ont pas cette habitude ; mais c’est aussi bien plus que cela.

Ce projet n’est pas qu’un concert de plus animant la ville ; certes, il réunit des musiciens de grande qualité et rassemblera plus de deux cents personnes au cœur de la ville ; mais encore, c’est bien plus que cela.

Bien qu’étant un projet pédagogique, culturel et un évènement, ce projet se veut d’abord comme un projet de ville. C’est pour cela que j’ai voulu l’inscrire dans le projet CUCS. Partant du constat qu’une partie du dynamisme de la ville est freinée par l’image négative du centre ville, et donc des écoles du centre-ville, proposer un évènement où les enfants de ces écoles donnent un véritable concert marque la volonté de contredire une réalité qui n’a plus cours d’être aujourd’hui. Fondé sur les valeurs de sérieux, de travail et de joies à partager, le concert signe le moment où la ville noue une nouvelle relation avec ses enfants. C’est pour cela que dans la recherche de tous les partenaires partageant les valeurs de ce projet, les écoles souhaitent entretenir un rapport privilégié avec la municipalité.

En retour, j’ai l’intuition que les écoles y gagneront en mixité sociale et donc en dynamisme.

 Je suis, vous l’imaginez, disponible pour vous rencontrer et échanger nos vues sur ce projet.

En espérant vous rencontrer bientôt, je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de mes sincères sentiments républicains et lodévois.

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