Rythmes scolaires : si j’étais parisien...

Sur la question des rythmes scolaires, si j’étais parisien… Si j’étais éducateur, si j’étais enseignant parisien, si j’étais parent d’élève parisien...

Sur la question des rythmes scolaires, si j’étais parisien… Si j’étais éducateur, si j’étais enseignant parisien, si j’étais parent d’élève parisien...

Si j’étais éducateur à la ville de Paris, mardi, j’aurais fait grève pour demander une augmentation de salaire parce que mon travail a évolué avec une charge supplémentaire. (cf le sujet du journal de France Culture à 4min 10).

Si j’étais enseignant parisien, il est fort à parier que je sois en grève, car je ne comprendrais pas pourquoi les élèves ont encore deux journées de classe de 6 h. Pour moi, la régularité est en soi une richesse éducative pour les enfants. J’insisterais aussi sur mes conditions de travail et de déplacements qui, comme beaucoup de franciliens, me contraignent à une vie sans respiration dans le temps.

Si j’étais enseignant parisien en maternelle, je serais en grève, car je me dirais que cette organisation irrégulière n’a pas été faite pour les petits.

Si j’étais parent d’élève parisien, je m’étonnerais des conditions d’accueil des enfants durant le temps périscolaire qui ne m’étonnaient pas avant cette réforme des rythmes scolaires. Quelles sont les qualifications des intervenants ? Y a t’il une cohérence avec le temps de classe (par exemple, évitons un cours de musique suivi d’un atelier périscolaire de chant) ?

Si j’étais élève à Paris, il est fort à parier que je m’interrogerais sur ce bordel où les adultes n’arrivent pas à se mettre d’accord et où je fais des trucs parfois pas mal et parfois où je m’ennuie comme à l’école. (cf par exemple l’article de 20 minutes sur l’avis des enfants)

Si j’étais toulousain, en fait, depuis 2008 j’irais à l’école le mercredi matin et l’organisation de la classe serait la même.

Mais je suis lodévois et un dialogue s’est instauré depuis de nombreuses années sur ce sujet pour qu’une solution équilibrée soit recherchée.  S’il y a des mécontentements, ils proviennent d'enseignants qui ne manifestaient pas quand une classe était fermée, à moins que cela soit la leur ; ces mêmes enseignants n’étant pas payés, selon leurs dires, pour s’occuper des élèves en difficulté. J’ai donc l’esprit serein de celui qui ne porte pas un masque parisien pour dissimuler des traits peu républicains.

Je n'étonnerai personne en qualifiant cette réforme d'essentielle, positive, qui est implique une nouveauté en France : pousser vers une démocratie du dialogue plutôt que de l'affrontement. Aujourd'hui, dans les territoires, il y a deux France, celle qui dialogue et celle qui est poussée, malgré elle, dans cette voie et qui manifeste son refus.

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