La République peut-elle être écologique ?

Les journées d'été des écologistes débutent et l’on voit fleurir de la "République écologique" sans définition satisfaisante. L'idée de République née avec la Révolution industrielle peut-elle se marier l'évidence écologique ? Nous serions surpris par une relecture du socialisme républicain originel qui pense la place de l’humanité dans la Nature. Alors la République peut-elle être écologique ?

L’idée d’accoler deux concepts, celui de République et celui d’écologie, semble avoir émergé en plusieurs points du paysage politique pour résoudre en une formule magique les crises issues du système capitaliste libéral avec d’une part la montée du populisme et de l’autre dérèglement climatique.

On pourrait aussi se laisser croire que des écologistes pour faire plus sérieux ajoutent le mot « république » et que des républicains pour faire plus dans le vent, ajoutent le mot « écologie ». Est-ce bien suffisant pour en faire un programme politique ?

L’ambition que nous nous donnons ici est de faire un essai, un brouillon, une tentative de définition de ce que pourrait-être une République écologique. Si nous n’y parvenons pas ici, au moins donnerons-nous l’occasion à d’autres de faire mieux. Avant cela, il faudra bien accepter une réalité. Juxtaposer « République » + « Ecologie » est d’abord, au mieux un slogan de communiquant vide de sens, au pire une contradiction totale qui se fait passer pour intelligente.

Pourtant, à y regarder de plus près, et suivant certaines traditions philosophiques définissant la Nature et la République, on peut tisser une solide étoffe, comme trame et chaîne, prête à nous couvrir les épaules pour le gros temps qui arrive.

Quand on voit arriver une nouvelle expression en politique, le premier réflexe devrait être : «  qui sont les communicants qui ont sorti du chapeau ça et quelle est leur intention ? ».

Candidats à la primaire des écologistes Yannick Jadot et Eric Piolle mettent en avant l’expression.

Le premier, favorable « à la libre entreprise et à l’économie de marché », nous parle de « République écologique et sociale ». Ajoute-t-il « sociale » pour mieux compenser son déficit médiatique en la matière ? Il fait de la République écologique le titre même de ses 10 grands chantiers. Mais rien n’articule ces idées ensemble. Le second s’en tient à la « République écologique » en sous-titre de son livre, préférant mettre en avant l’idée de « l’arc humaniste ». Mais là encore, on ne trouvera pas de développements d’une République écologique.

On trouve aussi une version plus aboutie, mais restant incantatoire, dans le Manifeste pour une échelle humaine, initié par un collectif issue de la gauche prônant une « République écologique et altruiste ». On retrouve dans ce manifeste à la fois un constat (glaçant) de la situation sociale, économique et climatique et une suite de propositions générales en forme de pêle-mêle1.En bref, des lignes directrices avec lesquelles on peut être d’accord, mais qui ne définissent jamais ce qu’est une République écologique sauf en creux.

Le mystérieux* think thank « Pour une république écologique », le PRé, fait le pari audacieux de réconcilier les positions de Chevènement avec celle de l’écologie politique française. Une sacrée gageure !

Car dans la tradition politique française, c’est bien là que le bât blesse pour qui veut nous faire croire que l’on unir dans un même moule « république » et « écologie ». Les « républicains » sont, traditionnellement, pour le nucléaire, productivistes, la croissance, l’indifférence universaliste aux couleurs de peaux et religions, jacobins, économiquement protectionnistes et pour l’affirmation de la nation quand les « écolos » sont pour la sortie du nucléaire, la sortie de la société de massification, décroissants, portées à soutenir les minorités visibles et religieuses, girondins, économiquement ouverts et européanistes. Bref, l’un est l’exact opposé de l’autre. Dans le programme des journées d’été 2021 d’EELV, on retrouve un débat sur « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, ADELPHITÉ ». Une horreur pour un républicain patenté qui ne retrouvera ni les mots ni le sens de « sa » République.

Ajoutons à tout cela un électorat écologiste métropolitain aux revenus plus élevés que la moyenne, « bobos », diamétralement opposés à la défense du monde ouvrier. On peut s’assurer que l’on a face à face, dos à dos, deux mondes politiques vivants sur deux planètes différentes, aux intérêts divergents.

Mais il ne faut pas s’y tromper. Ces oppositions frontales sont un héritage politique largement lié au contexte français et de l’histoire des femmes et des hommes qui ont constitué et ont porté ces partis. On peut acter que l’on ne fera pas République sans les républicains et que l’on ne fera pas d’Écologie sans les écologistes. Mais pas plus que les « républicains » n’ont le monopole de la République2, les écologistes n’ont celui de l’écologie. Au regard des questions qui nous intéressent, l’enjeu n’est pas d’identifier un parti qui pourrait capter la République écologique, mais de savoir en quoi l’écologie peut être républicaine. Autrement dit, en réactivant une tradition républicaine particulière à la France, comment peut-on être écologiste ?

Sans prétendre à une étude qui demanderait de bien plus longs développements que d’autres feront probablement mieux ou autrement, je souhaite jeter les bases de quelques principes que la pensée écologiste peut avoir en commun avec les conceptions philosophiques de la République.

Le premier de ces principes est de considérer que la République, qui est d’essence universaliste, partage ce trait avec la pensée écologique.

Quand on dit « écologie », on signifie dans un premier sens que l’écologie est l’étude des systèmes vivants et des interactions des vivants entre eux et avec le milieu. Dans un second sens, on évoque plutôt la doctrine politique qui pense un certain équilibre entre les sociétés humaines et la Nature. Dans un cas, comme dans l’autre, c’est la totalité du vivant qui est visée. On ne saurait isoler dans l’ensemble du vivant et des entités naturelles (forêts, fleuves, glaciers…) un élément qui pourrait être négligé par rapport à un autre. Chaque être vivant et entité naturelle à un droit à persévérer dans son être. Cette idée qu’il existe un droit universel pour chaque vivant à être et conserver sa place sur cette Terre se répand aujourd’hui.

Emmanuel Kant, cherchant à fonder philosophiquement les droits de l’homme et visant une Idée universelle de la République, tire son principe universaliste selon lequel qu’« il n’y a donc qu’un impératif catégorique, et c’est celui-ci : Agis uniquement d’après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » Ce qui conduit à agir « de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, jamais simplement comme un moyen. » Ce sont ces principes humanistes, que Hans Jonas transpose aux générations futures et par extension à notre responsabilité humaine dans la Nature « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre. » Du contrat social fondant la République, nous passons à un contrat naturel, cher à Michel Serres, où la Nature entre dans le tour de table des contractants de la République.

Depuis 2015, l’article 515-14 du Code civil précise que « les animaux sont « des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens. » Plus encore, certains États attribuent une personnalité juridique à un « espace naturel ». Le Whanganui, fleuve de Nouvelle-Zélande, a désormais les mêmes droits qu’une personne. Cette extension du domaine du droit doit se lire dans la continuité historique où l’ensemble des humains n’a pas été toujours entièrement considéré comme des sujets de droit. Le droit à une pleine existence, d’abord restreint à la communauté dominante, s’est élargi progressivement pour commencer à englober aujourd’hui des non-humains.

Si une pensée authentiquement républicaine considère qu’il y a « quelque chose » de fondamentalement commun à toute l’humanité, un universel humain, source de l’humanisme, une République écologique impose l’idée qu’il y existe une continuité, un commun, entre tous les êtres et entités terrestres. Ils partagent non seulement un lieu de vie, la planète, mais aussi une communauté d’existence qui implique que la menace d’une partie de cette communauté peut remettre en cause l’ensemble de la communauté. La crise du Covid, la déforestation ou le ralentissement du Gulf Stream sont de cet ordre. Qui peut croire que si l’ensemble des eaux de la planète étaient polluées, nous n’en subirions aucune conséquence ? La distinction opérée par la modernité entre Culture et Nature tombe. De la même manière que par le passé des hommes se sont interrogés sur l’humanité d’une partie des êtres humains, il nous revient maintenant à penser au droit à exister (comme fin et non comme un moyen) la partie non humaine du vivant.

Il nous faut être conséquents et croire que pour la République écologique c’est la forme qui emportera le fond pour reprendre les mots de Gambetta. Faire entrer la Nature au sein du contrat social, attribuer un droit à la Nature, c’est aller au-delà de l « animisme juridique » pour nous entraîner dans une certaine forme de spiritualité laïque, d’harmonie de l’humain au sein de la Nature. Pour le lecteur des plumes républicaines et plus encore pour celui de Jaurès, rien de nouveau pour lui. Pour Jaurès, une société parfaitement juste n’accomplit pas ce pour quoi l’humanité est faite si elle n’incarne pas dans une certaine dimension spirituelle, profondément ancrée dans le cœur des hommes. Il place donc comme fin ultime de la République, l’harmonie au sein de la Nature dans un style aussi lyrique qu’engagé, où le soleil, l’insecte et la feuille s’unissent à la conscience de l’homme3. Mieux que tout autre, en républicain et socialiste convaincant, Jaurès convoque chacun à percevoir l’unité qui lie tous les êtres sur cette terre.

Oh ! combien est plus profonde et plus poignante cette amitié de notre chair et de la terre, que l’amitié errante et vague de notre regard et du ciel constellé ! Et comme la nuit étoilée serait moins belle à nos yeux, si nous ne nous sentions pas en même temps liés à la terre […]” (De la réalité du Monde Sensible, 1902, p 217).

La République est l’expression de cette unité et de l’harmonie. Cette spiritualité trouve une réalisation tout à fait concrète politiquement dans la vie publique, dans les rapports au travail, à la propriété privée et en un mot, dans la manière dont toutes choses devenues publiques deviennent l’occasion d’une implication de chaque citoyen4.

L’ensemble de la pensée jauresienne est dès lors la recherche de l’unité : unité du monde ouvrier, l’unité de l’humanité entière et celle de cette humanité au sein de la Nature. Cette unité peut s’exprimer sous la forme d’une appropriation des moyens d’existence. Reprendre le contrôle sur nos vies et la défense des intérêts de la planète (c’est-à-dire nos intérêts bien compris) par les associations, les syndicats, la participation aux décisions dans les entreprises, les sociétés coopératives, les collectivités locales, l’État, l’Assemblée nationale et la coopération internationale. La question étant chaque fois, quels sont les outils de contrôle citoyen les plus pertinents dans telle ou telle action humaine au sein de l’écosystème ? Qui contrôle la production agricole et sa distribution ? Doit-on laisser cela à de grandes multinationales ou organiser des systèmes locaux ? Un marché du carbone et une taxe carbone sont-ils les solutions pour réguler notre production de gaz à effet de serre dans un système de « capitaliste vert » ou faut-il planifier une transition vers des énergies moins émettrices de CO2 et organiser des économies d’énergie ? On le voit, une République écologique est un retour au socialisme tel que les républicains français le pensaient avant l’URSS et de l’omniprésence d’un marxisme dévoyé. Si « République » et « socialisme » pouvaient être synonymes chez un Pierre Leroux, un Jean Jaurès ou Léon Blum5 on peut y ajouter aujourd’hui l’écologie.

De cette manière, on retrouve aussi le combat de Jaurès de l’unité des courants du socialisme dont une République écologique peut devenir le socle, transposé un siècle plus tard, pour l’ensemble de la gauche. Ce socle intègre le discours de la science et du progrès. Le reprendre, c’est reprendre le grand discours de l’espérance qu’une partie de la gauche a abandonné au profit de la gestion « réaliste » du pouvoir.

Il n’est point besoin de rappeler que l’ensemble du constat climatique est réalisé par un collectif international de scientifiques qui vient de rendre son sixième rapport sur l’évolution du climat. Partisan des Lumières contre les obscurantismes, La République écologique partage nécessairement les traits de la science : la raison et le débat argumenté dans sa méthode, le doute et la prudente dans ses choix, le progrès en ligne de mire.

C’est là le dernier point, autour de l’idée d’un progrès de l’humanité qu’il nous est permis de rapprocher une conception centenaire de la République et de l’écologie d’aujourd’hui.

L’idée de progrès est remise en cause aujourd’hui. Fondés sur la croyance erronée dans le productivisme, la croissance économique sans fin sur une planète finie et la consommation à l’excès, ces deux derniers siècles sont loin d’avoir accompli les espérances de progrès. À tel point que la décroissance semble pour beaucoup d’écologistes une urgence pour faire reconnaître les services gratuits rendus par la planète. Pour d’autres, la décroissance a le sens de régression. Là encore, c’est en retrouvant le sens originel de ce que signifie le progrès que l’on peut rapprocher République et Écologie.

Il nous revient d’abord de considérer le legs passé. Les combats politiques et sociaux au cours du XIXe et XXe siècle ont été de rendre inexorable l’idée que chaque être humain avait droit à une pleine dignité : de l’universalisation progressive du droit de vote et à la participation générale aux débats publics, de la reconnaissance plus large à être des humains de plein droit (de l’esclavage et la colonisation à la lutte contre les discriminations en passant par les droits civiques, ceux des femmes et des enfants), le droit au secours et à la solidarité (santé, retraite), les droits sociaux par le travail et les droits à mener une vie hors du travail salarié (temps de travail et congés, retraite), le droit à l’éducation et aux libertés. Ils ont acté en principe qu’en tout point de la planète chaque vie humaine était digne.

Une nouvelle phase du progrès humain est aujourd’hui nécessaire où le progrès humain épouse le mouvement naturel de la planète. Mieux isoler les bâtiments et réduire l’utilisation d’énergie fossile est un progrès, car nous atteignons une plus grande efficacité dans nos gestes du quotidien. Avoir des villes moins chaudes et des campagnes moins exposées aux risques « naturels » est un progrès dans la protection de chaque vie. Manger sans pesticide est un progrès, car il va de la meilleure santé de l’ensemble du vivant. Produire tout en laissant les écosystèmes de se développer en réduisant l’impact humain est un progrès, car les régulations naturelles seront profitables à tous. Comme l’artiste ou sportif de haut niveau, après s’être débarrassés de l’agitation excessive des débutants, atteignent le geste le plus simple, le plus efficace et le plus ordonné par le travail, notre humanité peut, dans le travail qu’elle doit impérativement accomplir face aux changements climatiques, une économie d’impact sur la Nature. Nous devons épargner les richesses gratuites de notre planète et épouser le mouvement du monde.

Pour conclure de manière provisoire, l’idée de « République », équivalente de « socialisme » pour de nombreux républicains français, s’était consolidée autour de l’universalisme, des sciences, de l’harmonie fraternelle entre les hommes, de progrès, d’une spiritualité sans clergé, c’est-à-dire autant de traits que l’on retrouve dans une écologie politique conséquente avec elle-même.

La République écologique peut être bien plus qu’un gadget de communicants pour candidats à la présidentielle et devenir le socle du projet politique de long terme réunissant ce qui fut un temps appelé la gauche. C’est un idéal souhaitable d’une société qui se débarrasse de l’excès, de l’inutile, pour favoriser la proximité, l’échange, le partage, la coopération. C’est revenir en un point du passé où nous avons bifurqué en comprenant mal l’humanisme. Non, l’homme n’est pas « maître et possesseur de la Nature ». Il ne peut faire tout au plus que « comme si » il l’était en augmentant sa compréhension des écosystèmes et des impacts de l’activité humaine sur ces derniers. Pas plus que la liberté n’est la licence d’agir à tort et à travers sur toutes choses et l’égalité l’égalitarisme, la maîtrise n’est pas l’abus du pouvoir humain sur le vivant. Elle est la compréhension de la responsabilité humaine sur la Terre, la volonté de mieux comprendre l’écosystème et la place qui est la nôtre, la recherche du geste économe. Notre devise républicaine se lit ainsi : la Fraternité est ce qui nous uni au vivant, l’Égalité constitue possibilité faite à chaque vivant de persévérer dans son être, la Liberté est cette puissance faite à chaque être de réaliser pleinement sa place dans l’écosystème.

Cette philosophie a été résumée il y a longtemps par celui qui nous a légué l’idée de progrès au XVIIe siècle, avant la Révolution industrielle, Francis Bacon : « on ne commande à la Nature qu’en lui obéissant ». Par temps de dérèglement climatique, notre progrès se mesurera à notre capacité à accepter ces règles trop longtemps ignorées. De trame républicaine et de chaîne écologique, La République écologique sera-t-elle l’étoffe dont on fait l’espoir pour nous couvrir les épaules ?

* * *

* Lors des journées d'été des écologistes j'ai rencontré les responsables de ce qui n'est ni un think tank, ni mystérieux. Claire Monod et Frédéric Kalfon ont dirigé un recueil de textes, de réflexions sur le thème de la République écologique sorti le 18 août dernier. On y retrouvera largement les thèmes, les références et les manières d'aborder la question ici traitée. Ce billet a permis ces échanges. C'était son intention.

1« Nous appelons à une nouvelle République écologique dont le cœur serait la citoyenneté et non la figure étriquée du consommateur. » « Nous aspirons à une vie plus belle et plus juste. Nous ne voulons plus de la société de consommation, polluante et excluante. Pour accomplir cette transformation radicale, nous commencerons par réformer l’État. […] Nous devons restaurer son efficacité. ». « Notre nouvelle République écologique donnera un statut à part aux biens publics et aux biens communs. La biodiversité devra être sanctuarisée. Les forêts, les cours d’eau… ». Manifeste pour une échelle humaine, Collectif, Bouquins édition

2« Le républicanisme qui sert e drapeau et d’étendard aujourd’hui aux forces les plus antirépublicaines n’a rien à voir avec la doctrine républicaine. […] Mais si on a pu en arriver là, si l’extrême droite française peut récupérer sans honte ni vergogne le vocabulaire républicain, par exemple les mots laïcité ou de patriotisme, c’est qu’un certains de prétendus républicains, de gauche comme de droite, lui ont préparé le terrain en faisant du républicanisme une idéologie réactionnaire, identitaire, nationaliste, intolérante, antireligieuse, antidémocratique et antilibérale » ; Vincent Peillon, « Quelques idées fausses sur la République » in L’Émancipation, PUF, p. 55

3« Lorsque je vais dans les sentiers des champs, méditant, rêvant et regardant, ma conscience ouverte à tout accueille, dans une unité confuse et douce, le rayon de l’astre lointain, le murmure caché de l’insecte, le frisson des feuilles tremblantes, et des souvenirs remués. Ah ! il y aura, un jour, entre toutes ces choses des liens explicites, mais en attendant ma conscience est bien, comme je le disais tout à l’heure, une anticipation sublime d’unité. » (De la réalité du Monde Sensible — Félix Alcan p. 328)

4« Car le prolétariat dans son ensemble commence à affirmer que ce n’est pas seulement dans les relations politiques des hommes, c’est aussi dans leurs relations économiques et sociales qu’il faut faire entrer la liberté vraie, l’égalité, la justice. Ce n’est pas seulement la cité, c’est l’atelier, c’est le travail, c’est la production, c’est la propriété qu’il veut organiser selon le type républicain. À un système qui divise et qui opprime, il entend substituer une vaste coopération sociale où tous les travailleurs de tout ordre, travailleurs de la main et travailleurs du cerveau, sous la direction de chefs librement élus par eux, administreront la production enfin organisée. » (Discours à la Jeunesse, Albi, 1903).

5« Le développement du socialisme en France a toujours été arrêté ou accéléré par les progrès et les reculs de l’idée républicaine en France. » Les Congrès ouvriers et socialistes français, Léon Blum 1901 ou encore « l’émancipation ouvrière est liée au salut de la République. » Réflexions sur le Congrès socialiste 1900

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