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"Stage de journalisme musical" au festival Jazz à Junas

L'intitulé apparaît page 14 du programme de la 17e édition du festival Jazz à Junas (du 21 au 24 juillet) : "stage de journalisme musical". C'est une première pour la manifestation, probablement aussi dans un festival de jazz et dans un festival de musique.

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http://www.lemonde.fr/festivals-de-l-ete/article/2010/07/24/stage-de-journalisme-musical-au-festival-jazz-a-junas_1391744_1383721.html

L'intitulé apparaît page 14 du programme de la 17e édition du festival Jazz à Junas (du 21 au 24 juillet) : "stage de journalisme musical". C'est une première pour la manifestation, probablement aussi dans un festival de jazz et dans un festival de musique.

Deux modules sont proposés, du mardi 20 au dimanche 25 juillet, presse écrite et audiovisuel. Guy Lochard, professeur à l'université Paris-3 Sorbonne nouvelle et l'un des responsables de l'association Jazz à Junas, organisatrice du festival, explique : "Dans beaucoup de festivals de jazz, il y a des master class avec des musiciens. Ils transmettent leur savoir, leur expérience à d'autres musiciens. C'était un peu l'idée de départ, adaptée au journalisme et à la critique musicale."

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De fait, si le journalisme s'enseigne, la critique, elle obéit à des notions où la subjectivité, le style, la passion sont mises en jeu. "Notre propos est d'abord de nous adresser à des journalistes, ajoute Philippe Marion,formateur de ce stage, pianiste de jazz, journaliste à Le Vif-L'Express, l'édition belge de l'hebdomadaire L'Express. Y-a-t il des techniques spécifiques, un vocabulaire, pour rendre compte d'un concert, pour écrire sur la musique et en particulier sur le jazz ? Est-ce qu'un entretien avec un musicien se mène comme avec un politique, un financier ? La question de la critique vient en plus."

"LÀ JE DÉCOUVRE TOUT"

Pour la presse écrite, l'une des salles de l'école de Junas a été transformée en salle de rédaction. Avec ordinateurs portables et écran de projection. ClaireIsabelle, Catherine et Estelle sont au travail de tôt le matin à tard le soir. La première est journaliste culture à La Gazette de Nîmes : "Je suis l'actualité culturelle de la région, dont la musique, du baroque au rock, mais avec des lacunes dans le domaine du jazz. Sur son histoire, les termes qui permettent d'en parler." La deuxième est l'une des responsables de la Médiathèque de Mauguio, pas très loin de Junas : "De plus en plus souvent on nous demande de rédiger des présentations sur les disques en prêt, les livres, les DVD. Pour moi il s'agit d'être plus à l'aise avec l'écrit." La troisième est étudiante à Institut supérieur de communication et publicité de Montpellier : "Là je découvre tout. Les techniques de base, ce que doit identifier un journaliste, ce qu'il doit garder, la rapidité d'exécution…"

Après les séances sur les techniques de base, les travaux pratiques. Mercredi 21 juillet, entretien avec le guitariste Noël Akchoté. Philippe Marion ne leur a pas choisi le plus simple des clients, même pour des journalistes aguerris. "Nous lui avons demandé de nous parler de musique mais, il était plutôt dans l'envie de parler de politique." Avec une présentation du musicien et sous la forme d'un entretien avec questions et réponses – genre qu'elles voient plutôt réservé aux politiques, aux scientifiques… – il faudra rendre 3 000 signes environ. Mais les réponses sur la musique ne sont pas vraiment satisfaisantes. On suggère de changer l'angle de l'entretien mais quid du propos du stage. Dilemme.

"BON, IL Y A PLUSIEURS TRUCS QUI NE VONT PAS…"

Autre approche, celle du compte-rendu du concert. Ce sera celui de la soirée du même jeudi 22, avec le trio du saxophoniste Jérôme Sabbagh et le quintette Contact. L'exercice inquiète un peu. Est-ce qu'il faut mettre beaucoup d'éléments d'ambiance, avec des réactions du public ? L'excès d'adjectifs, et lesquels, est-il une facilité ? Un film, un livre se racontent, un tableau se décrit, mais la musique ? Et si le concert est ennuyeux ? Elles auront tout le temps de la soirée pour profiter de la prestation, la nuit pour se reposer et une partie de la journée du vendredi pour mettre tout ça au clair, rédiger, échanger leurs impressions.

Le journaliste du Monde, lui, retourne à son hôtel dès la fin du concert et rédige en espérant ne pas avoir été trop brumeux sur le coup de 2 heures du matin. Les responsables de l'édition du jour doivent avoir reçu le papier à leur arrivée entre 6 heures et 6 h 30. En cas de problèmes, angle mal défini, phrases mal rédigées voire obscures, ce sera le coup de téléphone accompagné du rigolard "dis-donc coco, t'étais pas en forme. Bon, il y a plusieurs trucs qui ne vont pas… " La version améliorée est attendue dans une demi-heure. La royale grasse mâtinée jusqu'à 8 heures est le signe que tout va bien. Deux ou trois jours plus tard, peut venir un "au fait coco, pas mal du tout ton papier de l'autre jour". En option.

Sylvain Siclier

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