Et joyeux 14 juillet!

Depuis le 7 janvier dernier, j'ai le coeur gros. Ce jour-là, à mes yeux, la France payait sa position de puissance diplomatique et militaire, sa position de collaborationniste face à la misère des populations assiégées pour leurs richesses (Afrique, pays arabes). Une misère extérieure qui nous explosait violemment à la gueule sous le visage de notre misère sociale. Une violence qui explosait d’ailleurs ironiquement le symbole de notre « liberté »… Stanley Kubrick suggérait avec talent dans "Orange Mécanique" que toute société a la violence qu'elle mérite. Je replaçais alors avec grande tristesse la France des Droits de l'Homme au même rang que les Etats Unis d'Amérique vendant la démocratie. Une vaste blague. Pardonnez-moi ma jeunesse, pardonnez-moi d'avoir cru jusqu'au tiers de ma vie à quelques utopies tandis que nous vivons dans le noir. Notre pays est aussi triste que le vampire américain. Cynique Occident.

France – Mexique en ce 14 juillet, vente d’armes à la face de tout un peuple, fier comme un coq. Notre diplomatie militaire me fait littéralement vomir, tout comme notre bêtise à avoir quelconque fierté dans notre capacité à produire de telles merveilles de technologie, produite pour tuer. Pour tuer. Pour tuer. On ne tue rien d’autre que la vie remember. Ce qui est liberté ici (j’entends déjà le refrain des porcs) est synonyme de Mort avec un grand M ailleurs. Et si nous inversions le monde? Qu’arriverait–il si ta famille était amené à quitter son sol, son amour, son histoire, sa culture, pour venir se réfugier dans ce monde protecteur qui est le nôtre où nous les traiterons toujours comme de sales étrangers venant nous voler alors que leur dignité est déjà souillé. Je vomis sur nous autres porcs et je prie parfois pour que nos grands parents souffrent aussi, pour que nos femmes ne puissent pas nourrir leurs enfants. Car dès lors, il n’y aura plus de loi, plus de foi. Que la force de la réalité. 

C'est le 14 juillet, et nous autres porcs magnifiques vondriont aller fêter ça en famille? L'armée symbôle de liberté? Elle le serait si elle assiégait le siège des banques que nous avons aidé en 2006 et qui aujourd'hui dansent sous la pluie, pissant au visage des peuples mais se courbant devant leur parterre d’actionnaires minables, qui vont bientôt devoir se cacher derrière de hauts murs tellement leur richesses est écoeureante pour les pauvres. 

Et aujourd'hui, 24 heures après avoir mis la Grèce des Citoyens, ce pays qui nous a offert la Démocratie, à terre, à genoux, les visages meurtris de son peuple me font monter les larmes aux yeux. Que se passerait-il ici si nos grands parents ne pouvaient toucher le fruit d'une vie de travail? J'ai honnis les taxis pour avoir retourné leurs ennemis à la main. Mais pour la survie des mes proches, pour leur santé, leur dignité, je serais prêt à tout. Comme tout être vivant et digne. Alors accueillons les réfugiés, les étrangers, les africains, les afghans, les irakiens, les syriens ou laissons leur leurs sols, leurs suprématies et leurs cultures. Arrêtons de jouer ce double jeu qui finira par nous péter à la gueule encore plus fort que le 7 janvier. Et ce jour-là, il n’y aura plus de droit. Juste la dureté de la réalité. 

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