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Billet de blog 21 févr. 2016

Politiques, Etat et valets: et si on se rendait service à changer de mode de pensée ?

Nous haïssons les politiques. Leur absentéisme à l’assemblée, leurs revenus, leurs mensonges, leur hypocrisie, leur capacité à surfer sur la surréalité médiatique sans changer notre quotidien. Dans notre réflexion binaire, nous sommes vulgaires.

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A coup de sondages sur notre confiance basse à nos hommes d’états, d’histoires de corruption, de Cahuzac l’homme caution, l’Etat est de plus en plus faible et appelé à le devenir toujours plus. Le danger guette pourtant.
Qui paiera pour nos parents le jour où ils auront besoin de soins ?
Qui protégera nos amis le jour où ils auront besoin d’être défendu devant un juge ?
Qui paiera la retraite de nos pères après des années de labeur qui mériteraient repos ?
Qui empêchera les OMG et le gaz de schiste de détruire nos vies ?
Qui sera là pour panser les plaies de notre pays si il arrivait un désastre nucléaire ?

L’Etat. Cet état que nous aimons tant détester. Nous.

Merci TF1, merci France 2, merci Canal +. A coup de reportages toujours plus vulgaires, vous descendez la crédibilité d’un Etat fort. Nous.

Pourquoi la TV aux grandes heures ne nous parle pas plus souvent de ces juges dévoués, de ces fonctionnaires épris de leur vocation de servir leur peuple ? Parce que c’est grandir l’Etat à nos yeux.

Leurs premiers serviteurs, ceux que la TV nous enfoncent dans le crâne à coup de « bien, pas bien », ceux-là, nous aimons les aimer ou les détester.  Nous sommes simplement appelés à les aimer ou à les détester.

C’est notre rôle et notre place. Notre vulgaire place.

Petite aparté, « C’est mon choix » est finalement l’émission de TV la plus géniale et représentative de notre monde. « Bravo ! », « ouuuuuuuh ». Nous sommes vulgaires, autant que des porcs dans leur souillure.  Il est vrai que nous sommes appelés à l’être. Mais pourquoi ne pas lutter un peu plus avec notre cerveau ? Plutôt que de nous lancer dans la bataille avec nos émotions, qui nous emportent et nous perdent…

A tous ceux qui se demandent à quoi sert un esprit critique, voilà pourquoi. Le jour où des intérêts privés prennent le dessus sur l’écologie collective, seuls les esprits critiques sauvent le monde. Tandis que ceux qui ont pris l’habitude d’accepter acceptent et subissent comme de vulgaires poupées de cire. A qui on a fait croire qu’elle pensait par elle-même. 

Apprenons donc à désobéir, à développer la contradiction, à nos enfants, à nos amis, à nos parents. La contradiction pas en terme dogmatique bien sûr, mais en terme d’outil de pensée.

L’Etat et ses structures, que des citoyens ont bâti à coup de combats et de blessures, sont les ennemis du marché, lui qui réclame les choses au nom de qui ? Au nom de l’argent roi, ce concept qui nous finira tous si la société moderne ne sort pas de son dogme.

Encore une fois avec le récent débat autour de la réforme du Droit du Travail, les politiques arrivés au sommet renient leurs idéaux. On se dit alors: « Myriam, pourquoi as-tu changé ainsi ? ». Mais Myriam n’a jamais changé, elle a simplement accepté les règles du jeu. On monte si l’on accepte les « règles ».

En entreprise, vous n’avez pas remarqué que votre collègue qui accepte tout progresse plus vite que vous ? Bah voilà, pas compliqué. C’est pour cela qu’il ne faut plus croire dans les serviteurs les plus hauts placés de l’état. Il ne travaille plus pour l’état, mais pour ceux qui ont asservi l’état : les industriels. Collusion entre intérêts privés et intérêts personnels. L’intérêt public disparaît.

Le financement des politiques est le point noir par là où tout commence. Les politiques dans la lumière sont les valets d’hommes de l’ombre, ceux-là même qui font la guerre entre eux pour manger notre terre et ses ressources, pour le marché libre… Ceux-là même que l’on retrouve une ou deux fois par an dans Capital. Apôtres abrutis du marché. Pour eux, les politiques sont des nuls, des entraveurs de liberté. Les pauvres bichons…

Et quand nous ne pourrons plus avoir de rôle dans ce monde appartenant à nos chers héros de « Capital », nous irons pleurer devant qui ? Devant une Marianne souillée, en lui reprochant de n’avoir pas su nous protéger alors que nous n’avons pas su la protéger, bien aidés il est vrai par des médias collabos.

Eteignons la TV, elle ne nous éclaire pas. Le prophète n’apparaîtra pas à la TV.

« La révolution ne sera pas télévisée » Gil Scott Heron, 1970.

C’est pour cette raison que j’ai toujours détesté les présentateurs du JT faussement naïf, ou réellement naïf. Leurs patrons sont les patrons de nos représentants les plus hauts placés.

Journaliste vs politique sur BFM, TF1, Canal + ? Valet contre valet. Et notre chère liberté là-dedans ? Elle n’est certainement pas dans la destruction de l’Etat, voulu par le Saint marché depuis longtemps maintenant.

Restons des adorateurs de l’Etat, qui n’est pas un gros mot.

Prière d’éteindre la TV et de jeter au feu vos magazines politiques, qui ne font que souffler dans les directions que vous finirez par accepter.

Ainsi, l’Europe finira bien par sombrer (vous l’entendez depuis longtemps la petite musique non ?), et le droit des citoyens avec. Vive TAFTA, les OGM et le schiste. Désolé Jean Monnet et Robert Schuman, la guerre est au loin, votre Europe ne sert plus à rien.

Ne haïssons pas nos politiques, ayons pitié d’eux et de leur servitude. Haïssons les médias, ou plutôt apprenons à les contourner, on gagnera du temps et de l’énergie pour remporter les défis qui nous appellent autour de nous : éducation, solitude, 2.0, pauvreté, faim… Bref !

La semaine prochaine : « la politique est morte, vive la politique » ou comment se réapproprier l’action politique par des initiatives personnelles et locales.

Réinventons. Car ce système est mort, notre survie ne passe pas par là.

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