Le  D- Day : La falsification politique de l’Histoire

« Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ? Ce qu’ils voulaient, c’était glisser vers le nord le long de la mer  et, de là, donner l’assaut à l’Allemagne. Paris et la France ne les intéressaient pas. Leur stratégie, c’était d’atteindre la Ruhr, qui était l’arsenal, et de ne pas perdre un jour en chemin ». Charles-de-Gaulle

 

 

 

 Cette phrase de  de Gaulle résume à elle seule les non dits de ce que fut le débarquement de Normandie . Il nous renseigne aussi sur la falsification de l’histoire et la condition  des pays européens de plus en plus  sujets qu’acteurs de leurs destins  Le 75 e anniversaire du débarquement anglo-américain a été commémoré en l’absence du pays qui eut une part décisive  l’URSS mais en présence de l’adversaire en l’occurrence l’Allemagne Comme lu sur le journal Le Monde : « Emmanuel Macron et Donald Trump rendent hommage à ceux qui ont aidé à libérer le pays en présence de quelque 500 vétérans, souvent centenaires.  Quelque 500 vétérans, souvent centenaires, participent aux célébrations Emmanuel Macron a remercié en anglais les vétérans pour avoir libéré la France avant d’appeler Donald Trump, à ne « jamais cesser de faire vivre l’alliance des peuples libres »« L’Amérique n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle se montre fidèle aux valeurs universelles que défendaient ses pères fondateurs, lorsqu’il y a près de deux siècles et demi la France vint soutenir son indépendance », a-t-il ajouté. « Vous êtes la fierté de notre pays », a affirmé en écho Donald Trump à l’adresse des vétérans.   (…) Le 13 novembre, à peine rentré de Paris, où il avait célébré la paix avec d’autres dirigeants du monde, Donald Trump s’était vivement attaqué à son homologue français. Les Français « commençaient à apprendre l’allemand à Paris avant que les Etats-Unis n’arrivent », avait affirmé le président américain, en référence à l’occupation par l’Allemagne nazie à partir de 1940 jusqu’à la libération par les alliés.  (1)

 Sur les 155 000 hommes du jour J, la moitié sont britanniques, et quelque 14 000 soldats canadiens sont débarqués sur les plages normandes  Trois cent cinquante-neuf Canadiens sont morts ce jour-là, alors que 715 autres ont été blessés ou capturés . Sur cinq plages, trois ne sont pas américaines, Gold, Juno et Sword. Si le commandant en chef, Eisenhower, est américain, le chef des troupes à terre, Bernard Montgomery, est anglais. La Royal Navy et la Royal Air Force prirent une part décisive à l'assaut. Enfin, l'opération Fortitude, qui a trompé les Allemands de manière magistrale, a été conçue et réalisée par l'Intelligence Service et l'état-major britannique. C'est seulement par la suite que l'armée américaine prit l'ascendant sur les troupes britanniques,  

 L’apport  décisif mais ignoré  de l’URSS à la victoire sur le nazisme

Il est curieux de constater qu'au sortir de la guerre, la majorité de l'opinion euroépenne notamment française, reconnaissait sans aucune restriction que le grand vainqueur qui a terrasse le IIIe Reich était l'URSS.  et d'ailleurs le débarquement n' pas mis fin à la guerre qui a continué encore plus dure . le poids étant supporté par l'URSS.  Au fil des ans, le rôle de l'URSS a été de plus en plus minoré par une falsification éhontée de l'histoire, jusqu'à arriver en 2019  à ignorer dans la commémoration  l'URSS et ceci pour des motifs qui n'ont rien  à voir avec les faits passés, mais plutot avec la politique d'alignement  des vassaux devant l'Empire  américain qui dicte la norme.

Le site Causeur  s’interroge sur l’oubli de la Russie: " De la même façon, 27 millions de morts russes de la « Grande Guerre Patriotique » se sont sacrifiés après 1941 pour lutter contre l’Allemagne nazie. 27 millions de morts qui n’ont été représentés par personne dans ces cérémonies du Débarquement, Emmanuel Macron ayant jugé bon de ne pas inviter Vladimir Poutine. Sans le sacrifice soviétique qui a permis de fixer les troupes sur le front de l’Est, pourtant, le Débarquement allié n’aurait pas pu aboutir. Ne pas honorer cette mémoire relève à la fois de la contre-vérité historique, de l’insulte, d’une manipulation opportuniste de cour d’école qui n’est pas à la hauteur de la dignité requise pour célébrer un tel événement, et, surtout, de la manipulation.  Il est curieux de devoir soi-même tordre l’Histoire de manière propagandiste pour asseoir cette dénonciation…   Paul Ricoeur, énonçait pourtant lui-même : « Je reste troublé par l’inquiétant spectacle que donnent le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs, pour ne rien dire des commémorations et des abus de mémoire – et d’oubli. L’idée d’un temps politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués. » (2)

  Pourquoi la Russie est elle tenue à l’écart ? Est-ce que le rôle de l’URSS était marginal ? Rien de tout cela !   Cecie Vast  docteure en histoire écrit « La réussite du débarquement allié ne doit pas masquer son bilan humain et matériel particulièrement lourd, ni la période de souffrances qui a suivi jusqu’à la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, souligne, dans une tribune au « Monde », l’historienne Cécile Vast.  « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne ? » : à cette question posée en mai 1945 en France, par l’institut de sondage IFOP, 57 % des personnes sollicitées mentionnent l’URSS. Reconduit dans les mêmes termes en juin 2004, le sondage montre un changement profond dans la perception des événements de la fin de la guerre en Europe, avec désormais 58 % pour les Etats-Unis. Ce basculement interroge sur la place du débarquement anglo-américain de juin 1944 dans les mémoires, et sur la signification de sa centralité qui, dans l’immédiat après-guerre, n’allait pas de soi. En 1945, l’aura de l’Union soviétique et le poids politique considérable du parti communiste l’expliquent en grande partie (…)» (3)

 « Le président Vladimir Poutine n’a tout simplement pas été convié sur les plages de Normandie !  Malgré le poids monstrueux supporté par l’Union soviétique au cours de la guerre, malgré les trois grandes offensives menées (Bagration – Lvov/Sandomierz – Iasi/Kishinev) par l’Armée rouge entre le 22 juin et le 20 août 1944 sur un front qui va alors de Leningrad à la mer Noire, Emmanuel Macron n’a donc pas jugé opportun ni d’inviter son homologue russe, ni même de mentionner le rôle déterminant de l’Armée rouge. Cela est d’autant plus inacceptable que la chancelière Merkel était quant à elle bien présente. Rappelons également que l’Union soviétique a payé le plus lourd tribut à la victoire finale contre le nazisme avec la perte de 27 à 30 millions de ses citoyens, sur l’ensemble de la guerre 4 soldats allemands sur 5 furent tués par l’Armée rouge. Cette insulte à l’histoire ne peut être justifiée par les tensions diplomatiques actuelles. L’histoire ne peut pas être l’otage des querelles du présent entre les alliés d’hier » (4).

 Dans un entretien  télévisé à RT le  6/6/2019 Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d'histoire contemporaine dénonce une histoire à l’envers  .Elle donne son analyse du débarquement du 6 Juin 1944, et de l'importance de l'effort militaire des Etats-Unis dans la résolution du conflit de la Seconde Guerre mondiale. Pour elle, un mythe du sauveur américain s'est développé le long du XXe siècle surtout depuis 20 ans graduellement l’apport déterminant de l’URSS a été effacée , à la faveur de la domination économique des Etats-Unis sur le monde, occultant largement la victoire militaire de l'Union soviétique en Europe. (5)

 La porte-parole de la diplomatie russe met les pieds considère que le Débarquement en Normandie n'a pas eu d'influence décisive sur l'issue de la Seconde guerre mondiale  Tout en reconnaissant l’importance des Alliés, la Russie invite à ne pas minorer le rôle de l’Union soviétique dans la victoire contre les nazis. Sans elle, affirme  la porte-parole de la diplomatie russe, la victoire n’aurait pas eu lieu.  « L’apport des Alliés dans la victoire sur le Troisième Reich est clair. Mais il ne faut pas l’exagérer et minorer par là même la signification des efforts titanesques de l’Union soviétique, sans laquelle cette victoire n’existerait tout simplement pas », a déclaré aux journalistes la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.  « le Débarquement en Normandie n’a pas eu d’influence décisive sur l’issue de la Seconde guerre mondiale […] déjà déterminée par la victoire de l’Armée rouge, avant tout à Stalingrad, Koursk »  Le souvenir de la Grande Guerre Patriotique,  reste la source d’une immense fierté dans le pays et constitue un pilier essentiel du patriotisme prôné par le Kremlin ». (6) 

 Les pertes subies

 Il eut au total  près de 70 millions de morts 3,5% de la population totale L’union soviétique a payé le plus lourd tribut avec 27 millions de morts  (16,42 %) suivi de l’Allemagne 8 millions  (12,42 %)  La France avec 567000 morts (1,3%)  eu 200.000 militaires dont une grande partie venait des colonies Le Royaume unis eut 450.000 morts soit 0.94 % et enfin les Etats Unis avec 418.000 morts soit 0,32% . La perte des alliés  occidentaux  1, 6 millions de morts est au total  18 fois moins importantes que les pertes soviétiques  (7).

 Malgré cela la Russie actuelle est chaque fois « oubliée » comme cette fois ci et la fois d’avant. La Russie pendant ce temps là mise sur l’avenir. Le même jour un immense traité était signé avec la Chine pour les technologies du futur etle développement de l’immense potentiel russe  

 Le mathématicien Alan Turing casse le code allemand

 Pour Laurent Joffrin : « L'opération Overlord recèle encore des zones d'ombre, des épisodes mal connus ou volontairement occultés. Voici les derniers secrets du jour le plus long.  (…) Contrairement à ce qu'on pense souvent et malgré l'énormité des moyens déployés - 5.000 navires, 10.000 avions, quelque 155.000 hommes -, l'assaut du 6 juin 1944 fut à deux doigts d'échouer. Laurent Joffrin cite le cas de  Alan Turing qui fut un des hommes clés de l'opération en déchiffrant le code allemand.   Alan Turing était sans doute le mathématicien le plus doué de sa génération.  en imaginant le principe d'une machine universelle, qu'on appellerait bien plus tard un ordinateur. Quand la guerre commença, Turing fut engagé dans une équipe bizarre, composée de mathématiciens, de germanisants, de linguistes, de spécialistes des codes et d'amateurs de mots croisés.  , elle avait pour but de décrypter les communications secrètes de la Wehrmacht. Ces messages radio étaient cryptés par un appareil compliqué appelé Enigma, une sorte de machine à écrire à laquelle on avait ajouté trois rouleaux de métal qui tournaient dès qu'on tapait une lettre. Ces trois rotors garantissaient le secret : grâce à la rotation automatique, les lettres n'étaient jamais codées de la même manière, ce qui rendait les messages indéchiffrables par les crypto-analystes. (…) Les crypto-analystes détectèrent quelques régularités dans le codage des messages et comprirent qu'en mettant en oeuvre le principe de Turing, et donc en construisant grâce à lui l'un des premiers ordinateurs de l'histoire, capable de tester des milliers de combinaisons en quelques minutes, on pouvait déchiffrer en temps réel des messages qu'on aurait normalement mis des semaines à comprendre. Dès 1940, les équipes de Bletchley Park furent en mesure de transmettre chaque jour à Churchill le texte en clair des communications allemandes les plus confidentielles.  Grâce à eux, enfin, les Britanniques purent vérifier la bonne marche de l'opération Fortitude, destinée à tromper Hitler sur le lieu et la date du Débarquement. Turing avait donné à Churchill l'un de ses atouts maîtres » (8).

 La face cachée du débarquement en Normandie

 L’opération cesse officiellement le 30 juin 1944. La flotte d’invasion était composée de 6939 navires (1213 navires de guerre, 4126 navires de transport et 1600 navires de soutien  200.000 obstacles de plage installés par les Allemands le long du Mur de l’Atlantique, 200.000 véhicules alliés de toutes sortes débarqués en Normandie le 6 juin 1944 à minuit. 11.590 appareils alliés (chasseurs, bombardiers, transport, reconnaissance et planeurs), 10.395 tonnes de bombes alliées larguées sur la Normandie toute la journée du 6 juin 1944. Deux ans plus tôt l’opération Torch vit le débarquement des Alliés principalement en Afrique du Nord (  Algérie)  (9)

 Si l’on devait résumer l’apport de la France au débarquement , on peut citer il y eut les commandos et la résistance FFI et FTP  qui eurent une participation à saluer mais symbolique. Les commandos du Commando Kieffer, des Français qui ont fait le débarquement, étaient insignifiants en nombre 177 sur un total de plus de 150000 alliés  De plus Lucie Aubrac avoue que la Résistance avait « peu d’armes » mais surtout, qu’elles n’étaient pas regroupées en Normandie pour attaquer  Dwight Eisenhower écrit à leur propos : « Notre plan reposait sur l’appoint considérable que nous escomptions de la part des mouvements des maquis en France. On savait qu’ils étaient particulièrement nombreux en Bretagne, et dans les montagnes et les collines proches de la côte méditerranéenne. [...] Nous désirions particulièrement que, le Jour J, le général De Gaulle s’adressât avec moi par radio à la population française afin qu’elle ne se soulève pas et ne s’expose pas à des sacrifices inutiles qui n’avaient pas encore d’intérêt mais qu’elle se réservât pour le moment où nous lui demanderions son appui. » C’est net : pour débarquer, les Anglo-américains n’avaient nullement besoin de l’aide de la Résistance. Ils n’en voulaient pas. Ils considéraient que ce serait des « sacrifices inutiles ». Les actions de harcèlement n’ont nullement pesé sur le cours des opérations. » (10)

 De Gaulle tenu à l’écart du débarquement

 On sait qu’après la débâcle de mai-juin 40, l’armistice acceptée par le maréchal Pétain, réfugié en Angleterre dès le 17 juin 1940, De Gaulle lance sur les ondes de la radio britannique, la BBC, un appel à la Résistance le 18 juin 1940.   Pourtant, à force d’opiniâtreté et d’indépendance, le 3 juin 1944, De Gaulle se légitimise graduellement malgré ses alliés Le Comité français de la Libération nationale (Cfln) que présidait le général De Gaulle devint Gouvernement provisoire de la République française (Gprf). Les Alliés anglo-saxons considéraient en effet, que, dans l’attente d’assurances démocratiques sur la représentativité du gouvernement, le rétablissement de la loi et de l’ordre dans la France libérée devrait se faire sous la supervision du général Eisenhower. Parvenu dans la capitale anglaise le 3 juin en fin de journée, il rencontra Churchill puis Eisenhower le 4. Les rencontres se passèrent très mal, De Gaulle refusant toute idée d’administration provisoire de la France par les Alliés. (...) de Gaulle   est tenu à l’écart par les Alliés de la préparation du débarquement. Début juin 1944, il refuse toute idée d’administration provisoire de la France par les Alliés. Il fait son entrée en France le 14 juin. « Depuis plusieurs jours, j’étais prêt à ce voyage. Mais les Alliés ne s’empressaient pas de me le faciliter » ». (11)

  De Gaulle   a été  par la suite admis par les alliés  puis mis en avant pour contrer les maquis communistes qui se seraient organisé à la Libération. De Gaulle à été considéré comme une option anti-communiste,  Il faut se souvenir que le Parti communiste faisait alors 28,6% aux élections, qu’il atteint les 800 000 adhérents .Les anglo-américains ayant  accepté  finalement de Gaulle-- le moindre mal- en face de l'influence du  communisme qu'il fallait à tout prix 

Le refus de de Gaulle de toute commémoration

 On l’aura compris  de Gaulle a été tenu  délibérément à l’écart de la libération de son pays. On comprend son ressentiment  il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer « le débarquement des anglo-saxons »  Le site  UPr résume le refus : « Il n’échappe à personne que cet éloge permanent des États-Unis revêt une dimension politique et géopolitique marquée. Affirmer à longueur d’antenne que les États-Unis ont « libéré la France » en 1944 ne peut avoir pour effet que d’assourdir, et même de faire taire, les critiques contre la politique actuelle de Washington.  (…) C’est pourquoi cette opération à grand spectacle – dont les enjeux implicites en terme de propagande sont énormes – doit être examinée sans complaisance. Lorsque Charles de Gaulle était à l’Élysée, il ne fut jamais question de célébrer en grande pompe cette date du 6 juin. Le Chef de la France Libre avait même obstinément refusé de commémorer le 20e anniversaire du débarquement, le 6 juin 1964,   En fait, l’homme du 18 juin refusa toujours de commémorer cette date, que ce fût son 5e, son 10e, son 15e ou son 20e anniversaire » (12)

 « Pourquoi Charles de Gaulle refusa-t-il toujours de commémorer le débarquement du 6 juin ? Il s’en est longuement expliqué devant Alain Peyrefitte, en 1963 et en 1964, alors que celui-ci était son ministre de l’Information   Il suffit donc de relire les passages pertinents de l’ouvrage de Peyrefitte C’était de Gaulle (13)

  Verbatim des phrases de de Gaulle  - tirées de ses mémoires- : « Eh bien, non ! Ma décision est prise ! La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué d’Alger à Londres, le 4 juin, il m’a fait venir dans un train où il avait établi son quartier général, comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. Et il m’a annoncé le débarquement, sans qu’aucune unité française ait été prévue pour y participer. Nous nous sommes affrontés rudement. Il m’a crié de toute la force de ses poumons : « De Gaulle, dites-vous bien que quand j’aurai à choisir entre vous et Roosevelt, je préférerai toujours Roosevelt ! Quand nous aurons à choisir entre les Français et les Américains, nous préférerons toujours les Américains ! Quand nous aurons à choisir entre le continent et le grand large, nous choisirons toujours le grand large ! »    « Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! » (13)

 « Le débarquement du 6 juin,  ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne ! Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis. AMGOT = « Allied  military government for occupied territories », gouvernement militaire allié pour les territoires occupés (13)

 « C’est exactement ce qui se serait passé si je n’avais pas imposé, oui imposé, mes commissaires de la République, mes préfets, mes sous-préfets, mes comités de libération ! Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Je veux bien que les choses se passent gracieusement, mais ma place n’est pas là ! » Et puis, ça contribuerait à faire croire que, si nous avons été libérés, nous ne le devons qu’aux Américains. Ça reviendrait à tenir la Résistance pour nulle et non avenue » (13).

 « En revanche, ma place sera au mont Faron le 15 août, puisque les troupes françaises ont été prépondérantes dans le débarquement en Provence,   (…) Et je commémorerai la libération de Paris, puis celle de Strasbourg,   « Les Français sont déjà trop portés à croire qu’ils peuvent dormir tranquille, qu’ils n’ont qu’à s’en remettre à d’autres du soin de défendre leur indépendance ! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve, qu’ils paient ensuite par des ruines et par des massacres ! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes ! » (13)

 « Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ?  Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne. » Ce que Roosevelt et les Américains voulaient vraiment faire de la France en 1944 le général américain Eisenhower, bien entendu avec le plein accord du président Roosevelt, a décidé de maintenir l’Amiral Darlan, l’un des dauphins de Pétain, au pouvoir à Alger. En somme, Darlan a retourné sa veste et les Américains l’en récompensent en le maintenant dans ses fonctions à la tête de l’Afrique du nord française ! »  (13)

 On voit donc bien la collusion qu’il y avait entre les autorités américaines et les autorités du régime de Vichy. Le président Roosevelt et les cercles dirigeants américains voulaient disposer, au sortir de la guerre, d’une France aussi domestiquée que celle qu’avait souhaitée Hitler. C’était finalement un conflit d’impérialisme entre les Américains et les Allemands, rien d’autre.  (…) Cette vision stratégique de ce que devait devenir la France d’après-guerre selon Washington a été confirmée et précisée par Charles de Gaulle, vingt ans après les événements. Toujours à Alain Peyrefitte, dans un autre passage capital de l’ouvrage C’était de Gaulle. Passage que voici  : Charles-de-Gaulle : « Roosevelt était un type qui voulait dominer l’univers et, bien entendu, décider du sort de la France.   Roosevelt, c’était pareil, il ne traitait qu’avec des gens qui étaient mes ennemis.    Je me rappelle un soir, quand j’ai rencontré Roosevelt pour la première fois, au Maroc. Roosevelt voulait m’obliger à me soumettre à Giraud. J’ai envoyé Roosevelt se faire foutre, poliment mais fermement.  « La politique de Roosevelt, c’était exactement celle qu’ont aujourd’hui les Américains dans le Sud-Est asiatique. Ils ne peuvent pas en imaginer d’autre. Des marionnettes, c’est ça qu’ils veulent en face d’eux. » (14)

 Il est important que les Français, et notamment les jeunes générations, sachent que Roosevelt avait décidé : de placer la France « libérée » sous son occupation militaire américaine, de lui imposer une « fausse monnaie » imprimée aux États-Unis, et de maintenir Pierre Laval au pouvoir, figure hideuse et honnie de la Collaboration et de l’intelligence avec l’ennemi, et tout cela avec la complicité de l’ambassadeur d’Hitler en France. Au lieu de se plier servilement à l’opération de communication voulue par Washington afin de légitimer son hégémonie actuelle sur l’Europe et la France – par Union européenne et Otan interposées –, le président Hollande devrait ainsi garder à l’esprit que son rôle est d’enseigner la vérité historique aux jeunes générations et d’être « le garant de l’indépendance nationale », comme le lui en fait obligation l’article 5 de notre Constitution. » (12)

 Conclusion

 En tant q'u'"indigènes "  Algériens nous avons participé  à la seconde guerre mondiale d’une part avec les dizaines de milliers  de tirailleurs algériens dont beaucoup ne sont pas revenus. Le débarquement eut aussi à  Alger en 1942  (Opération Torch) Nous avons ingurgité en tant qu’Algériens  une histoire fausse de la réalité du débarquement. Un jour on écrira  aussi que la libération de la France  notamment le débarquement de Provence  et la remontée  jusqu’à Paris fut l’œuvre des troupes de l’Afrique du Nord principalement des Algériens des pieds noirs mais aussi des Marocains et des pays de l’Afrique Noire.

Le travail admirable sous la direction du  recteur  Benghebrit recteur de la Mosquée de Paris , et de l'imam  Mesli -qui sera déporté sur dénonciation a fait que 1600 juifs avaient eu des papiers attestant qu’ils étaient musulmans. Même  si le mémorial israélien de Yad Vachem les ignore injustement  lui qui a recensé tout les justes qui ont permit à Israël de lutter contre la barbarie nazie, les faits sont là et aucune falsification ne peut les effacer .Les Algériens qui ont  défendu les juifs en risquant leur vie , ne l'ont pas fait pour une quelconque reconnaissance l’ont fait par humanisme  et certainement pas pour Israël qui à bien des égards, applique vis à vis d'une autre humanité: Les Palestiniens, les mêmes méthodes que celles des nazis mais ceci est une autre histoire . Cependant , s'agissant de nos anciens rapports avec la France, il viendra le jour de l’écriture d’un chapitre de l’histoire de  France  non falsifié  : par le prix du sang des Tirailleurs algériens, ,  par le prix de la force de travail : les  tirailleurs bétons pour reconstruire la France…  C’est cela l’œuvre positive de l’Algérie pour la France…

1.https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/06/la-france-celebre-le-6-juin-1944-avec-donald-trump_5472133_3210.html

2.https://www.causeur.fr/d-day-emmanuel-macron-supprime-la-france-eternelle-de-la-lettre-dhenri-fertet-161935

3.Cécile Vast Docteure en histoire https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/06/le-6-juin-1944-ou-la-joie-mutilee_5472124_3232.html

4.https://www.vududroit.com/2019/06/commemoration-du-jour-j-la-fin-de-lhistoire/

 5.http://www.politique-actu.com/osons/debarquement-1944-mythe-sauveur-americain-avis-annie-lacroix-historienne/1770190/

6.https://www.ouest-france.fr/d-day/pour-la-russie-le-debarquement-n-pas-eu-d-influence-decisive-dans-la-victoire-6384124

7.https://fr.wikipedia.org/wiki/Pertes_humaines_pendant_la_Seconde_Guerre_mondiale

8.Laurent Joffrin https://www.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20140605.OBS9593/70-ans-apres-les-12-mysteres-du-debarquement.html

9.Chems Eddine Chitourhttps://www.legrandsoir.info/la-face-cachee-du-debarquement-en-normandie.html 

10.http://forumfrance-en-guerres.clicforum.fr/t2110-Le-mythe-de-la-Resist...

11.http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/05/23/les-principaux-acteurs-du_n...

12.https://www.upr.fr/actualite/france/charles-de-gaulle-refusait-de-commemorer-le-debarquement-des-anglo-saxons-le-6-juin-1964/

13.Alain Peyrefitte Extrait de l’ouvrage « c’était de Gaulle » Tome 2, Édition de Fallois Fayard 1997 – pages 84 à 87  

14.Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, Tome 2, l’Unité, 1942-1944, chapitre « Tragédie » Page 48 (édition Plon)

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

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