Petit et Chambaz réfutent les accusations publiées sur « Sauvons l’Université »

Un groupe de chercheurs anonyme a remis en cause les conclusions du rapport d'enquête dans le cadre de l'affaire "Jessus et ses co-auteurs". Dans une déclaration commune, le PDG du CNRS et le Président de Sorbonne Université réfutent les accusations de ces chercheurs.

Une lettre ouverte et un contre-rapport de 45 pages ont été publiés, le 16 mai dernier sur le site « Sauvons l’Université », par un groupe d’experts anonyme pour répondre au rapport de la commission Sorbonne Université - CNRS dans le cas des allégations pour fraude scientifique que la presse appelle "affaire Jessus". 

Contactée ce matin, la directrice de la communication du CNRS, Madame Brigitte Perucca, nous a communiqué, aujourd'hui à 18h26, cette déclaration commune du Président-directeur général du CNRS, Antoine Petit, et du Président de Sorbonne Université, Jean Chambaz :

« Sorbonne Université et le CNRS réfutent les accusations de la récente lettre ouverte anonyme publiée sur le site de « Sauvons l’Université ». Ils n’acceptent pas cette mise en cause anonyme de l’intégrité des membres de la commission mise en place pour traiter les soupçons de méconduite scientifique à l’encontre de Catherine Jessus et de ses co-auteurs. Sorbonne Université et le CNRS se portent garants de la renommée scientifique des experts choisis et de l’absence de tout conflit d'intérêt. Ils assument le choix de ne pas avoir divulgué leurs identités, précisément pour les protéger de ce type d’attaques.

Profondément attachés au respect de l’éthique aussi bien dans les conduites des recherches que dans leur publication, le CNRS et Sorbonne Université rappellent leur engagement d’institutions scientifiques à traiter avec la plus grande rigueur les affaires de méconduite scientifique, en protégeant les lanceurs d’alerte sincères comme les chercheurs et enseignants-chercheurs dont l’innocence est démontrée. En cas de méconduite ou de fraude  avérée, ils prennent des sanctions adaptées, sans aucune complaisance.

Le CNRS et Sorbonne Université appellent enfin à la plus grande vigilance collective quant à la multiplication de dénonciations fallacieuses, sans aucune justification scientifique, sous couvert de pseudonymes, car elle complique l’identification des fraudes réelles. »

Le CNRS nous a autorisé à citer cette réponse en partie ou en totalité.

Depuis la publication de cette lettre ouverte, Éthique & Intégrité a été sollicitée par la presse nationale et internationale pour commenter le contenu de ce contre-rapport. En attendant la publication de notre analyse détaillée de ce contre-rapport, nous refusons de :

1- parler d'affaire "Jessus", mais d'affaire qui touche tous les co-auteurs des 11 publications mises en cause. D'autres institutions sont donc concernées par cette affaire tout comme pour le CNRS et Sorbonne Université.

2- focaliser sur le caractère anonyme des commentaires qui sont publiés sur PubPeer ou sur le site « Sauvons l’Université ». Le rapport de la commission d'enquête Sorbonne Université - CNRS a choisi aussi l'anonymat! Les propos d'Antoine Petit sur France Culture, qui ont fait le parallèle entre les commentaires anonymes sur PubPeer et les accusations pour pédophilie sont inacceptables. Jean Chambaz sait parfaitement ce que risque un.e jeune chercheur.s.e à Sorbonne Université lorsqu'il ou elle refuse la fraude scientifique. L'anonymat est malheureusement nécessaire dans certaines situations.

3- collaborer avec les titres de presse qui ont passé sous silence certaines affaires de fraude commises par leurs collaborateurs et qui se réveillent aujourd'hui pour commenter l'affaire de Catherine Jessus et de ses co-auteurs.

Éthique & Intégrité dispose d'éléments mettant en cause la gestion des allégations pour fraude scientifique au CNRS (avant l'arrivée d'Antoine Petit à la direction de cette institution) et à Sorbonne Université et appelle les responsables de ces institutions à jouer la transparence et à respecter leurs engagements pour la promotion de l'intégrité scientifique.

 

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