Seraya Maouche
Bioinformaticienne, ingénieure en informatique,entrepreneuse "Life-Sciences" et co-fondatrice de l'association Ethique & Intégrité.
Abonné·e de Mediapart

26 Billets

0 Édition

Billet de blog 24 mai 2018

Petit et Chambaz réfutent les accusations publiées sur « Sauvons l’Université »

Un groupe de chercheurs anonyme a remis en cause les conclusions du rapport d'enquête dans le cadre de l'affaire "Jessus et ses co-auteurs". Dans une déclaration commune, le PDG du CNRS et le Président de Sorbonne Université réfutent les accusations de ces chercheurs.

Seraya Maouche
Bioinformaticienne, ingénieure en informatique,entrepreneuse "Life-Sciences" et co-fondatrice de l'association Ethique & Intégrité.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Une lettre ouverte et un contre-rapport de 45 pages ont été publiés, le 16 mai dernier sur le site « Sauvons l’Université », par un groupe d’experts anonyme pour répondre au rapport de la commission Sorbonne Université - CNRS dans le cas des allégations pour fraude scientifique que la presse appelle "affaire Jessus". 

Contactée ce matin, la directrice de la communication du CNRS, Madame Brigitte Perucca, nous a communiqué, aujourd'hui à 18h26, cette déclaration commune du Président-directeur général du CNRS, Antoine Petit, et du Président de Sorbonne Université, Jean Chambaz :

« Sorbonne Université et le CNRS réfutent les accusations de la récente lettre ouverte anonyme publiée sur le site de « Sauvons l’Université ». Ils n’acceptent pas cette mise en cause anonyme de l’intégrité des membres de la commission mise en place pour traiter les soupçons de méconduite scientifique à l’encontre de Catherine Jessus et de ses co-auteurs. Sorbonne Université et le CNRS se portent garants de la renommée scientifique des experts choisis et de l’absence de tout conflit d'intérêt. Ils assument le choix de ne pas avoir divulgué leurs identités, précisément pour les protéger de ce type d’attaques.

Profondément attachés au respect de l’éthique aussi bien dans les conduites des recherches que dans leur publication, le CNRS et Sorbonne Université rappellent leur engagement d’institutions scientifiques à traiter avec la plus grande rigueur les affaires de méconduite scientifique, en protégeant les lanceurs d’alerte sincères comme les chercheurs et enseignants-chercheurs dont l’innocence est démontrée. En cas de méconduite ou de fraude  avérée, ils prennent des sanctions adaptées, sans aucune complaisance.

Le CNRS et Sorbonne Université appellent enfin à la plus grande vigilance collective quant à la multiplication de dénonciations fallacieuses, sans aucune justification scientifique, sous couvert de pseudonymes, car elle complique l’identification des fraudes réelles. »

Le CNRS nous a autorisé à citer cette réponse en partie ou en totalité.

Depuis la publication de cette lettre ouverte, Éthique & Intégrité a été sollicitée par la presse nationale et internationale pour commenter le contenu de ce contre-rapport. En attendant la publication de notre analyse détaillée de ce contre-rapport, nous refusons de :

1- parler d'affaire "Jessus", mais d'affaire qui touche tous les co-auteurs des 11 publications mises en cause. D'autres institutions sont donc concernées par cette affaire tout comme pour le CNRS et Sorbonne Université.

2- focaliser sur le caractère anonyme des commentaires qui sont publiés sur PubPeer ou sur le site « Sauvons l’Université ». Le rapport de la commission d'enquête Sorbonne Université - CNRS a choisi aussi l'anonymat! Les propos d'Antoine Petit sur France Culture, qui ont fait le parallèle entre les commentaires anonymes sur PubPeer et les accusations pour pédophilie sont inacceptables. Jean Chambaz sait parfaitement ce que risque un.e jeune chercheur.s.e à Sorbonne Université lorsqu'il ou elle refuse la fraude scientifique. L'anonymat est malheureusement nécessaire dans certaines situations.

3- collaborer avec les titres de presse qui ont passé sous silence certaines affaires de fraude commises par leurs collaborateurs et qui se réveillent aujourd'hui pour commenter l'affaire de Catherine Jessus et de ses co-auteurs.

Éthique & Intégrité dispose d'éléments mettant en cause la gestion des allégations pour fraude scientifique au CNRS (avant l'arrivée d'Antoine Petit à la direction de cette institution) et à Sorbonne Université et appelle les responsables de ces institutions à jouer la transparence et à respecter leurs engagements pour la promotion de l'intégrité scientifique.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
En laissant courir Omicron, l’Europe parie sur un virus endémique
Un à un, les pays européens lèvent les restrictions comme les mesures de contrôle du virus. Certains, comme le Danemark ou la France, sont pourtant touchés par une contamination massive. Ils font le choix d’une immunisation collective, avec l’espoir de vivre avec un virus circulant tout au long de l’année à basse intensité.  
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
Nouveaux vaccins, traitements… : des pistes pour protéger les plus fragiles
Avec des vaccins peu efficaces pour limiter la transmission d’Omicron, le raz-de-marée des infections se poursuit. Si une quatrième dose est écartée, des vaccins plus adaptés et de nouveaux traitements sont attendus pour aider à protéger les plus vulnérables.
par Rozenn Le Saint
Journal — Énergies
Nord Stream 2 : le gazoduc qui ébranle la diplomatie allemande
Entre intérêts économiques et alliances, Nord Stream 2 se retrouve au cœur des contradictions de la politique allemande. Sous pression, la coalition gouvernementale accepte finalement que le gazoduc construit pour écouler le gaz russe vers l’Allemagne par la mer Baltique soit inclus dans les sanctions en cas d’invasion de l’Ukraine.  
par Martine Orange et Thomas Schnee
Journal — Politique
À Drocourt, le bassin minier oscille entre abandon et vote Le Pen
Dans cette petite ville communiste du Pas-de-Calais, les échanges avec les habitants laissent apparaître l’ampleur de la déconnexion avec les thèmes et paroles qui rythment la campagne électorale médiatique.
par Jean-Louis Le Touzet

La sélection du Club

Billet de blog
La Chimère Populaire (bis)
Un prolongement du billet du chercheur Albin Wagener, sur les erreurs de la Primaire Populaire pour organiser la participation aux élections présidentielles, avec quelques rapides détours sur les formes de participation... Alors que la démocratie repose bien sur des techniques, elle est tout autant une affaire sociale et écologique !
par Côme Marchadier
Billet de blog
La Chimère Populaire
Pourquoi certain·es d'entre nous se sont inscrit·es à la Primaire Populaire et envisagent désormais de ne pas y voter ? Un petit billet en forme de témoignage personnel, mais aussi d'analyse politique sur l'évolution d'un choix électoral - parce que la trajectoire de l'électorat est mouvante, n'en déplaise aux sondages ou aux Cassandre de tous bords.
par Albin Wagener
Billet de blog
Pour en finir avec la Primaire populaire
[Archive] Allons ! Dans deux semaines aura lieu le vote de la Primaire populaire. On en aura fini d'un mauvais feuilleton qui parasite la campagne « à gauche » depuis plus d'un an. Bilan d'un projet mal mené qui pourrait bien tourner.
par Olivier Tonneau
Billet de blog
L'étrange éthique de la « primaire populaire »
La primaire populaire se pose en solution (unique) pour que la gauche gagne aux présidentielle de 2022. Si plusieurs éléments qui interpellent ont été soulignés, quelques détails posent problème et n'ont pas de place dans les média. Il faut une carte bancaire, un téléphone portable et une adresse e-mail pour participer. La CNIL est invoquée pour justifier l’exigence d'une carte bleue.
par Isola Delle Rose