Serge MALIK
Expert
Abonné·e de Mediapart

107 Billets

0 Édition

Billet de blog 14 janv. 2021

Ma chronique #1

Le boulevard Haussmann, au carrefour Lafayette - Chaussée d’Antin, sans les cars qui muraient la voie, occultant la vue sur les façades des immeubles, colonisant l’espace, empuantissant l’atmosphère, c’est presque incroyable.

Serge MALIK
Expert
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je pensais ne jamais revoir ce coin de ma ville autrement que bondé de touristes, principalement des chinois qui n’ont d’yeux et d’intérêt que pour les produits de luxe vendus par les Galeries Lafayette. Ces touristes que le communisme dégénéré de la Chine réveillée de ce début de siècle à transformés en consommateurs incontinents, ont un mépris souverain pour nos rues, nos places, nos commerces, nos gueules.
La voracité palpable de ces acheteurs compulsifs rend leur présence insupportable.
Jouissons pendant que c’est possible, de ce temps magique, qu’un sale virus porté par le libre échangisme et le capitalisme libéral dont les touristes de masse sont les excrétions, nous permet de connaître. Des touristes il y en a, des français de plus loin, et quelques voisins européens, qui se fondent dans la population parisienne. Voyez la Seine, sans ces gros insectes qui naviguent au fuel lourd, admirez le calme de sa surface, la tranquillité de son flot, troublées seulement, du côté des piles de pont, par de lents tourbillons. La paix des rues AIRB&B, dans lesquelles circulent des habitants, ces êtres devenus rares dans des villes abîmées par les masses d’étrangers pressés, roulant bruyamment de grosses valises, le regard rivé sur un smartphone et l’appli qui va avec, c’est de l’antan qui revient. Ces restaurants où plus personne ne photographie ce qu’il va manger, ces ponts où plus un cadenas ne vient défigurer l’ouvrage d’art, racontent une histoire dans laquelle ce ne sont ni la raison écoresponsable ni le bon sens qui en sont les principaux moteurs, mais l’horrible Covid 19, qui fait fuir les touristes.
Pourvu qu’il ne s’agisse pas d’une histoire courte et que la peur du français covidé laisse des traces dans l’imaginaire consumériste des voyageurs compulsifs. On ne se représente que difficilement ce que représentent 120 000 avions qui décollent TOUS LES JOURS transportant en un an, 4 MILLIARDS d’individus, dont le seul objectif, pour la plupart, est d’avoir « fait » telle ou telle destination. Mon écœurement atteint un climax à la vue de ces gens tournant le dos à la Joconde pour un selfie ! Ils ont engagé une partie non neutre de leurs économies, pour visiter le musée du Louvre, qui devrait se rebaptiser le musée de la Joconde et de la laideur, ce rien artistique est aussi laid que Saint Pierre de Montmartre et la Tour Eiffel.
Ils font la queue pendant des heures pour se trouver face au laideron peint par L de V, ce tableau, dont on dit, - puisqu’on ne pourraient rien trouver de bien sensé à en dire à part que c’est moche -, qu’elle possède le sourire le plus énigmatique de l’art figuratif de tous les temps. Qui a tenté un benchmark pour réfuter ce postulat prétentieux ?
Le plus grand musée du monde réduit à un objet de consommation délirant et à une prise de vue qui exige que l’on tournât le dos à son sujet ! La mentalité touristique dit tout, absolument tout, de ce qu’est le tourisme de masse … Après ce petit coup de colère rétrospectif, je reprends ma ballade automnale, en ce mardi tranquille, de début d’après-midi en direction du Palais Royal où je ressentirais encore plus profondément à quel point ce que nous possédons, nous autres parisiens, qui nous fait si injustement différents,

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Les agentes du KGB étaient des Américaines comme les autres
Pendant la guerre froide, Russes et Américains arrivent à la même conclusion. Ils misent sur le sexisme de leurs adversaires. Moscou envoie aux États-Unis ses meilleures agentes, comme Elena Vavilova et Lidiya Guryeva, qui se feront passer pendant dix ans pour de banales « desperate housewives ».
par Patricia Neves
Journal — Corruption
Le fils du président du Congo est soupçonné d’avoir blanchi 19 millions d’euros en France
La justice anticorruption a saisi au début de l’été, à Neuilly-sur-Seine, un hôtel particulier suspecté d’appartenir à Denis Christel Sassou Nguesso, ministre et fils du président autocrate du Congo-Brazzaville. Pour justifier cet acte, les juges ont rédigé une ordonnance pénale, dont Mediapart a pris connaissance, qui détaille des années d’enquête sur un vertigineux train de vie.
par Fabrice Arfi
Journal — Écologie
« L’urbanisation est un facteur aggravant des mégafeux en Gironde »
Si les dérèglements climatiques ont attisé les grands incendies qui ravagent les forêts des Landes cet été, l’urbanisation croissante de cette région de plus en plus attractive contribue aussi à l’intensification des mégafeux, alerte Christine Bouisset, géographe au CNRS.
par Mickaël Correia
Journal — Santé
Les effets indésirables de l’office public d’indemnisation
Depuis vingt ans, l’Oniam est chargé d’indemniser les victimes d’accidents médicaux. Son bilan pose aujourd'hui question : au lieu de faciliter la vie des malades, il la complique bien trop souvent.
par Caroline Coq-Chodorge et Rozenn Le Saint

La sélection du Club

Billet d’édition
Besoins, désirs, domination
[Rediffusion] Qu'arrive-t-il aux besoins des êtres humains sous le capitalisme ? Alors que la doxa libérale naturalise les besoins existants en en faisant des propriétés de la «nature humaine», nous sommes aujourd'hui forcé·es, à l'heure des urgences écologique, sociale et démocratique, à chercher à dévoiler et donc politiser leur construction sociale.
par Dimitris Fasfalis
Billet de blog
La sobriété, c'est maintenant ou jamais
Le bras de fer en cours avec la Russie autour des énergies fossiles est l’occasion d’entrer de plain-pied dans l’ère de la sobriété énergétique. Pourtant, nos gouvernants semblent lorgner vers une autre voie : celle qui consiste simplement à changer de fournisseur, au risque de perdre toute crédibilité morale et de manquer une occasion historique en faveur du climat.
par Sylvain BERMOND
Billet de blog
Leur sobriété et la nôtre
[Rediffusion] Catherine MacGregor, Jean-Bernard Lévy, et Patrick Pouyanné, directrice et directeurs de Engie, EDF et TotalEnergies, ont appelé dans le JDD à la sobriété. En réponse, des professionnel·les et ingénieur·es travaillant dans l'énergie dénoncent l'hypocrisie d'un appel à l'effort par des groupes qui portent une responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Un mea culpa eût été bienvenu, mais « difficile de demander pardon pour des erreurs dans lesquelles on continue de foncer tête baissée. »
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
De quoi avons-nous vraiment besoin ?
[Rediffusion] Le choix de redéfinir collectivement ce dont nous avons besoin doit être au centre des débats à venir si l'on veut réussir la bifurcation sociale et écologique de nos sociétés, ce qui est à la fois urgent et incontournable.
par Eric Berr