Ma chronique #16

Je ne sais pas vous, mais moi, ce rendez-vous télé avec Emmanuel 1er de-sa-voix, m’attriste. Voilà un homme de 40 balais, qui aime s’asseoir derrière une vieille table de brocante, entre des drapeaux qui n’ont plus de signification en dehors des stades de foot, fixant un objectif télé d’un regard de poisson antédiluvien,

... débitant des mots que tout le monde a déjà entendus à la radio et à la TV, c’est pas très gai.

Le solo show, où il semble se foutre de sa propre gueule en même temps que de la nôtre est mal écrit et mal interprété. Il m’arrive de penser que Macron est factice. Je veux dire, en plastique, artificiel, un genre de Robocop mou. D’ailleurs, dans mon souvenir, Macron a salué brièvement un homme qu’on a tous juste aperçu dans la foule des gens qui assistaient à son intronisation, lequel ressemblait étrangement à Gepetto.
Pour améliorer mon image de mec incontrôlable, j’essaie, pour complaire à quelques-uns de mes amis chers, de trouver quelque chose à Macron qui m’inspire autre chose que des méchancetés, en vain.


Je pense à cette fois où, j’allais au baloche du Twenty Club qui se tenait à la salle des fêtes de Sarcelles le Vieux avec mon pote Patrick qui avait pécho in extremis. Voyant que ma copine, Annie me faisait le coup du lapin, il embarque sa frangine de 16 ans, (nous en avions 18), je la trouvais moche et pas finie. La seule idée de rouler un patin à sa bouche pleine de barbelés me foutait la trouille. Comme mes copains d’aujourd’hui, à propos de Macron essaient de me persuader il fait ce qu’il peut ! que ferais-tu si tu étais à sa place ? Il fait ce qu’il dit etc…, mon Patrick me crachait à l’oreille (il postillonnait grave), mais chi mais chi, tu vas voir elle est pas comme cha ! La manière d’alors de faire le portrait vite-fait de quelqu’un d’indéfendable. Mais Patrick, pas plus que mes camarades du moment ne m’ont convaincu de me taper une bouche ferrée où d’adhérer ne serait-ce qu’un instant aux bavardages bleu blanc rouge et aux menées liberticides, de Macron et de sa bande.
L’actualité du nettoyeur Blanquer, celle du blanchisseur Darmanin, la conduite honteuse du troupeau de veaux qui tient lieu de majorité parlementaire à Macron, vis à vis de la Loi dite de la Sécurité Globale et son délirant article 24, ne sont que des accélérateurs de ma défiance à l’égard de cet homme qui prétendait être l’homme d’un monde nouveau. Je me souviens de lui, quand sa voix partait en couille, de Benalla et du scooter des mers.


C’était tout lui, çà. Tu fais confiance à un mec qui ne maîtrise ni sa voix, ni ses copains et qui imite Vincent Lagaf, pour la galerie? Mais il y a plus grave, car le macronisme passera comme une mauvaise saison. Parmi les énormités macroniennes, le mot GUERRE prononcé lors de son tout premier discours sur la pandémie, et la création du conseil ad hoc, ont donné le la, à l’enchaînement de délires paranoïaques, exprimés sous la forme d’ordonnances visant exclusivement à limiter les libertés les plus fondamentales. Le principe de l’ausweis, la mise sous surveillance de la population par la police et la gendarmerie, les amendes souvent abusives vous n’êtes pas en tenue de jogging : 135 € ! les abus de flics excités et soutenus par l’abominable Darmanin, témoignent, non pas d’un état de guerre mais d’une montée en puissance d’un totalitarisme brechtien. Car Macron, n’arrive pas à la cheville de Arturo Ui, malgré ses efforts pathétiques. Nous inaugurons un temps où des foules d’humoristes peinent à nous tirer un sourire, et où les hommes au pouvoir, nous font rire de plus en plus jaune. Marrant, ce matin 26 novembre – oui, je me fiche de la temporalité de mes exactions -, j’entendais l’excellent Guillaume Erner interviewer en mode, je ne lâche rien, Jean-Michel Fauvergue, député LaRem, rédacteur de la Loi Sécurité Globale et Pierre-Henri Tavoillot, philosophe, maître de conférence à Sorbonne- Université. Le premier, explique qu’il ne comprend pas le tollé que déclenche l’article 24 parce que blablabla la Loi ne change rien à la liberté de chacun de filmer ou photographier les forces de l’ordre en action mais il reste muet quand Erner lui demande ce qu’il pense de la déclaration de Darmanin sur la question d’obliger les journalistes à se faire accréditer pour couvrir les manifs. L’autre, le philosophe mon père disait : c’est la poule qui fait les œufs.

Avec l’accent arabe évidemment soit : si la pole qui fi lo zofs !

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