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Billet de blog 18 janv. 2021

Ma chronique #23

La reconnaissance est une maladie du chien non transmissible à l'homme, disait Antoine Bernheim, un banquier qui s’y connaissait pour avoir pratiqué, à leur avantage, Bernard Arnault, François Pinault et Vincent Bolloré.

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Il est mort, eux sont devenus les GAFA locaux à nos frais. Ils n’ont évidemment pas la puissance des ricains, mais ils en ont les méthodes en matière fiscale. Le ruissellement, ces larmes de compassion du riche qui devaient dégoutter sur le gilet jaune, reste une hypothèse invérifiée, une théorie fumeuse un fantasme de Macron pour faire passer les cadeaux aux actionnaires et aux patrons. Rien à faire, les impôts c’est pas pour les super riches. Le président aurait pourtant dû se montrer un peu reconnaissant aux 20% de la population qui ont voté pour lui dans l’espoir que son enmêmetemptisme, cette idéologie désormais connue pour être une plaisanterie de mauvais goût, leur profiterait, par un ajustement des niveaux, un abaissement significatif des injustices. Ceux qui ne sont rien, qui dorment dans la rue, auraient été bien heureux de lui faire un petit signe de cette reconnaissance de chien, s’il avait ne serait-ce que tenté de remédier à leurs problèmes de logement et de dignité, comme il s’y était engagé. Autour de l’église, en bas de chez moi, je compte désormais une vingtaine d’abris de fortune, occupés par des sans domicile qui ne sont pas des migrants. Ce sont des pauvres, des sans dents comme disait l’autre. Koh Lanta de misère, vécu au quotidien, dans une bataille sans fin pour préserver un peu de cette dignité si soluble dans l’indignité de Monsieur Macron et Madame Hidalgo. Celle-là, dont on apprend qu’elle prendrait bien la succession de celui-ci. Comme lui, elle laisse crever ces milliers de pauvres qui dorment à même le sol le long de pistes cyclables, alibis écolos qui redessinent la ville, autour des églises et des hôpitaux, dans les jardins et dans les bois de Vincennes et de Boulogne.

Voilà les coréens, discutant du revenu minimum et de la nécessité de réformer le système capitaliste. Les pauvres n’ont plus les moyens d’enrichir les mégastructures industrielles. Il faut que ces superpuissances lâchent du lest, augmentent les salaires et paient des impôts. L’empilement à l’infini de bénéfices obscènes vacille. Le capitalisme est en train de crever, ce qui est une bonne nouvelle, mais s’il crève ce n’est pas pour les bonnes raisons. La fin du travail, l’emprise des réseaux sociaux et des plateformes sur l’activité humaine, sont porteurs de mort pour cette idéologie obsolète. 

Les plus bornés d’entre les chantres du tourisme, commencent à comprendre la notion de tourisme confiscatoire. Il n’y a qu’à voir tous ces français qui vont pour la première fois, parce que les touristes n’y sont pas, au Trocadéro, à Orsay, au Louvre, à Versailles. Les français recouvrent une capacité à jouir de leur patrimoine de leur espace vital. Les foules furieuses, asservies par la névrose selfiste reviendront, mais je ne serais plus le seul à les détester.

Or donc, le pays est désormais dirigé par des citoyens, en l’occurrence 35, tirés au sort. Pourquoi 35 ? N’avons-nous pas 577 députés et 348 sénateurs ? Macron, qui gouverne absolument seul, a besoin de nommer des comités, tirés au sort. A chaque problème son comité. Une manipulation du concept de démocratie directe. La défiance du président à l’égard des chambres représentatives ne s’exprimerait pas autrement. 

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