Quand la foi, la croyance remplacent les idées.

Bonjour, c’est Covid 19, je peux entrer ? Le virus s’est invité chez nous, pour la deuxième fois en 8 mois, avec cette fois, son package de symptômes. Pourtant, on ne s’en fait pas trop.

En gros, quand on est malade, on ne regarde pas les statistiques des ARS, on n’écoute pas Véran, on questionne l’entourage. Dans presque tous les cas, les potes qui ont croisé le Mal Absolu, selon notre roi, n’ont pas connu les affres des difficultés respiratoires, qui entraînent hospitalisations et prophéties maléfiques de la part des media.

De ce fait, avec la vision de la base que nous sommes, on a du mal à comprendre la panique qui se lit dans toutes les interventions des personnels politiques, cette espèce de rage, d’hommes et de femmes qui mordent avec les gencives, faute de dents, dans un fruit tellement mûr, qu’il leur dégouline entre les doigts.

On sent chez ceux-là, comme une conviction, une foi, une profonde croyance. Dans la ferveur des Attal et Castex, on perçoit l’endoctrinement, dans les propos des députés LREM, omniprésents sur les plateaux de télé et dans les studios de radio, l’obédience.

Ces élus, on peine à voir ce qu’ils font dans la vie, pourquoi ils se sont présentés à des élections, puisqu’ils n’ont ni projet, ni programme, ni vision de long terme. Ils sont là, à tenter de justifier l’injustifiable, à expliquer l’inexplicable, à vendre l’idéologie délétère de la relance et du rebond, avec des arguments de peur, parce qu’ils n’en ont pas d’autres. Ce sont des soft terrorists.

Je sais, le Covid, ce virus plénipotentiaire, gouverne, assisté de la Haute Administration, en charge de démolir, dans notre pays, ce qu’il reste de démocratie, en son nom. C’est son agenda qui prévaut, c’est son programme qu’on applique.

Les gens qui nous gouvernent, ne savent même plus pourquoi, ils sont là où ils sont, parce leur conscience est soluble dans la conversion. Sans nul doute, ils ont été convertis, ensuqués par le virus.

Questionner la toute-puissance de l’administration, c’est se demander pourquoi on a oublié l’origine de la Vème République1, dont les gens comme Macron, ne veulent surtout pas se débarrasser. Notre chère Vème est issue du coup d’État commis par Charles de Gaulle, en 1958. Prise du pouvoir, sans partage, rédaction d’une constitution taillée sur mesure, faisant du bicamérisme un banquet de bouffons, un théâtre d’ombres, et des élections, un bal de la cour.

Dans le fonctionnement intrinsèque à cette République, qui n’avait et n’a toujours pas grand-chose de démocratique, il y avait, et il y a encore, ce qu’on peut, sans peur de glisser sur la peau glissante de l’absurdité, appeler une justice d’exception, entre autres moyens de coercition. Je fais l’impasse sur l’invention de la CRS par de Gaulle, dont l’utilité comme force de maintien de l’ordre n’a jamais crevé les yeux de personne.

En France on fait dans l’exception à tout bout de champ. La Vème le permet, voire l’encourage. Le pouvoir absolu, conféré au Président, l’autorise à faire ce que bon lui semble, des libertés individuelles et collectives, inhérentes à notre statut de citoyen, de femme et d’homme, libres et égaux en droit.

Les droits de l’homme, dans notre pays, sont réduits aux acquêts. Hors, depuis de Gaulle, tous les occupants de l’Élysée, ont fait en sorte de délayer, autant qu’ils le pouvaient, les conquêtes ou les acquis sociaux, surtout ceux qui, en égalisant, faisaient peser un risque, sur l’économie de marché, sur le dividendisme, et le libéralisme.

Les temps anciens, où il y avait encore des ouvriers, des travailleurs, qui voulaient plus que le pain et l’eau que payait leur salaire, et se formaient en syndicats, lisaient les professions de foi, les manifestes des gauches, imitaient les grévistes des usines et des mines, américains, anglais, adhéraient au PCF, fantasmaient sur le PCI, levaient le point, soutenaient journaux et revues ouvriéristes, chantaient l’Internationale, vendaient le muguet du 1er mai, sont définitivement révolus.

Plus personne ne se bat, selon la devise tous pour un, un pour tous, le chacun pour soi étant érigé en dogme universel et intransigeant.

De Gaulle encore, qui, dès 1945 transforma, par le verbe, en Résistance victorieuse, l’énorme contribution au nazisme, de la collaboration, Honneur ! Honneur pour toujours, à nos armées et à leurs chefs ! Honneur à notre peuple, que des épreuves terribles n'ont pu réduire, ni fléchir !

Dans la même logique, le général décida que les magistrats, les fonctionnaires, surtout les hauts, comme Papon, qui avaient du sang de juifs, de communistes, d’étrangers et de résistants sur les mains, ne devaient pas être inquiétés par la sanction de leurs actes. Ces milliers d’ordures, inspirés par l’idéologie de l’occupant nazi, ont poursuivi leur carrière jusqu’à la retraite.

De Gaulle pensait, comme le pensent toujours les dirigeants de ce pays, que l’administration, et on parle là, de la Haute Administration, sortie de l’usine ENA, était indispensable au gouvernement de la France, nazi, fachos, totalitaires, petits chefs ont une place, qu’importe, pourvu qu’on soit énarque.

Mais de Gaulle, aussi malin qu’il ait été, n’a pas anticipé que l’économie et la finance allaient s’emparer de tous les pouvoirs et de tous les esprits, y compris celui des hauts fonctionnaires. Le marché, ayant pris le pouvoir sur l’économie, et l’économie sur les idées, les idéologies, la pensée politique, carburants indispensables de la politique comme moteur de la nation, ont disparu.

Ma prière, est que les français, aient compris que la politique, dans notre pays, est D.C.D, faute de combattants. Le seul et unique moyen de montrer cette évidence, est une abstention massive, à la seule élection, dit-on, qui n’a jamais connu la crise abstentionniste. Macron est un haut fonctionnaire, c’est à dire un ennemi ontologique de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Laissez tomber les urnes au deuxième tour ! On me dit, et Le Pen ? Je réponds, et alors ? Le Pen, c’est Coluche, Dieudonné, Zemmour ou Bigard. C’est le Tribunal des Flagrants Délires, en moins drôle, c’est sûr, mais en aussi peu sérieux.

Peut-être alors, les français se poseront ils les vraies questions, reconsidèreront-ils leur habitus individualiste, et hyper-consumériste. Peut-être accepteront ils de faire face à l’erreur, d’avoir abandonné toute dignité de citoyen, tout engagement à défendre leurs acquis et leurs droits.

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