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Billet de blog 20 décembre 2024

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C’est où qu’on va ?

Disons que la question corollaire est où on est ? Les réponses, multiples, fusent, recouvrent la marée montante de l’ exaspération générale, d’une écume bouillonnante.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Au prétexte de la grand’messe promotionnelle des marques et du pognon, autrement dit de la consommation, durant laquelle on voit 10500 sportifs représentant 173 pays dans 47 disciplines et 329 épreuves, instrumentalisés au nom des valeurs du sport, par le CIO et ses comparses, usant de métaux plus ou moins précieux, pour récompenser et encourager des records qui finiront dans l’oubli, on ligature fortement les libertés publiques et davantage encore les libertés individuelles.

Comparons 45000 forces de l’ordre, représentant un seul pays, le nôtre, sécurité privée incluse, vs 10500 athlètes de 173 pays ! Quatre flics pour un athlète !

On dit que l’allocation aux JO d’un tel nombre de personnels de sécurité est en rapport avec l’affluence touristique attendue. S’il en est ainsi c’est que ces touristes seraient potentiellement dangereux. Le touriste est, en général, paisible, suiveur, peu curieux et encore moins agressif, pourvu que son immersion dans l’authenticité du lieu qu’il convoite le satisfasse, et il en faut peu ; les QR codes dont il est familier, les applis, les sites internet, la signalisation pour le guider vers les cages à fans, suffiraient amplement à l’augmenter en virus contrôlé. Pourquoi dès lors faire comme si cette foule servile représentait un danger ?

Si danger il y a, c’est une faute de nos dirigeants d’avoir laissé faire ce rassemblement bleu marine, dans une ville déjà saturée de visiteurs, de bagnoles, de cars, de bruit, de malheureux sans abris, au nom de ces fameuses valeurs du sport dont on nous rebat les oreilles depuis presque deux mois ?

Qui sortira vainqueur de ce délire sécuritaire dont les miasmes imprégneront bien des aspects de notre vie pendant longtemps encore. Tu te souviens des monceaux de barrières, empilés le long des quais ? Et le Pont Neuf, la rue Dauphine, complètement interdits, même aux piétons, la rue de Seine où des barrières longeaient les trottoirs, l’enfer pour traverser ... mais de quoi avait-on peur ?  Si les pouvoirs publics avaient eu vent de menaces terroristes, pourquoi avoir organisé ce barnum ? Propos de comptoir. Enfin presque, puisque de comptoirs, la capitale mondiale du tourisme n’en compte plus guère, depuis que, grâce au Covid, les bistrots, déjà bénéficiaires d’une TVA réduite qui devait profiter aux prix et à l’emploi, ont compris que c’est mieux de vendre un café en salle à 2,5 fois le prix du noir au zinc.

Exit donc, les comptoirs.

Sans LBD, parfois sans casque, juste avec des casquettes, les forces de l’ordre du Royaume Uni ont pour pratique, un maintien de l’ordre que nous devrions leur envier. En effet, malgré l’extrême violence des confrontations avec les contre manifestants, les ligues d’extrême droite et quelques groupes d’islamistes, on ne compte de blessés que parmi les forces de l’ordre, soit une quarantaine au total.

Là-bas, on ne connaît pas le meurtre d’Etat, par arme à feu au moindre refus d’obtempérer, ni d’énucléation ou de blessure grave par LBD, puisque les flics, ne sont armés pour maintenir l’ordre et refouler les meutes, que de boucliers et de matraques souples. Les flics british savent que la ligne derrière laquelle ils se tiennent est une fiction. La place qu’ils y occupent pourrait s’inverser, n’importe quand. C’est pour cela qu’ils se considèrent comme des citoyens ayant pour mission de rendre service à la population et de garantir la sécurité des biens et des personnes et pas comme des gardiens armés de la démocratie.

Depuis Thatcher, qui voulaient les armer, les flics anglais ont toujours refuser de porter un flingue, pendant qu’ici, nos valeureux députés ont voté les lois qui permettent aux flics municipaux de porter des armes de gros calibre. Chacun sait que celui ou celle qui porte une arme à beaucoup plus de chance de s’en servir un jour, que celui ou celle qui n’en porte pas, CQFD.

L’impunité de l’Etat d’Israël est consubstantielle à celle des USA, dont le gouvernement n’a jamais cessé d’affirmer son soutien inconditionnel à l’occupation, la colonisation et au génocide sioniste. Comment aider le peuple palestinien sans s’en prendre aux USA, cette nation impérialiste dont le monde occidental accepte de dépendre ? Question subsidiaire, que faire contre l’inventeur des sanctions internationales qui, en dépit des meurtres de masse, des crimes de guerre et autres joyeusetés, dont il est coupable, n’a jamais eu à subir ne serait-ce qu’un froncement de sourcil, à l’exception notable de celui permanent de Brejnev, à la fin de l’autre siècle.

Et nous, peuple de France, nous attendons la fin de la trêve démocratique imposée par Macron au nom du respect dus aux valeurs du sport. Ce coup d’Etat de Macron lui ressemble petit mesquin, sans avenir. Les ministres démissionnaires font comme s’ils étaient toujours 

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