Ma chronique #47

Le postulat selon lequel la liberté est l’ennemie de la concorde, de la paix, et d’une forme d’égalitarisme bien compté, avec pour conséquence la colonisation de l’humanité par une gouvernance totalitaire impitoyable, est en germe dans un nombre croissant de pays, parmi les plus puissants et les plus peuplés de la planète.

Notre pays, la France, à la faveur, si l’on peut dire, de la crise sanitaire, la guerre à Macron, s’accoutume, prend acte, de la nécessité d’abandonner une part de plus en plus large de notre libre arbitre, cet ingrédient indispensable au vivre ensemble et à la démocratie, pour se conformer servilement aux injonctions autoritaires du gouvernement, justifiées par la pandémie.

Le totalitarisme, comme moyen de gouverner, pourtant, n’est moralement, intellectuellement, pas tolérable, qu’il soit motivé par une crise sanitaire ou une idéologie. 

Le lavage de cerveau, visé par Anna Arendt* comme modalité efficace d’asservissement des peuples, est aujourd’hui à l’œuvre en Chine, en Russie, au Brésil et dans beaucoup de pays musulmans sous le régime de la charia ou non.

Le bruit médiatique 24/24, 7/7, auquel participe l’ensemble des media et des réseaux sociaux, lave à grande eau. En France, la population est soumise, dans l’attente de la permission d’aller picoler en terrasse et dépenser chez Zara, au bombardement des neutrons de l’info continue, pour un récurage en profondeur des cerveaux disponibles.

Même si l’efficacité n’est pas encore optimale, car chez nous, la laverie à cerveaux est encore en phase de test.

Les français, comme sans doute, les autres populations des pays occidentaux, n’ont rien changé à la hiérarchie de leurs préoccupations. Consommer est l’urgence première. La croissance, ce cancer, cette énorme menace, est encore un motto obsessionnel pour une immense majorité des porteurs de cerveaux récurés. Ils y croient.

La religion du pouvoir d’achat et de la consommation compulsive est bien pourvue en apôtres, en évangiles et en fidèles. La planète mondialisée est leur temple.

Il ne manquera plus, quand la mobilisation totale aura fait son œuvre, qu’à adapter les infrastructures, fabriquer les robots, élaborer les algorithmes qui mèneront l’humanité tout entière à la baguette, d’un concessionnaire de SUV à un hypermarché ou un mall, il n’y aura plus de résistance, à quoi bon ?

Retraite © Serge Malik Retraite © Serge Malik

Les peuples, enchantés par la fin de la pandémie, passeport sanitaire en poche, les bras troués par deux doses de vaccin et 3 rappels, qu’il faudra bien accepter si on veut partir en croisière dans un HLM flottant ou faire le Maroc ou la Thaïlande, seront décérébrés, définitivement virussés par la consommation de masse qui justifiera encore et encore la production de masse et la mise à sac de notre monde, celui de nos enfants.

Par ailleurs ...

... la vie continue, un filet de vie sociale, un entre soi qu’on veut élargir. On décide un diner, des nouveaux venus, attendus comme de bonnes surprises, sont conviés, qui proposent de contribuer en apportant le repas. On ne sait pas très bien comment s’appelle un ragoût d’agneau, légumes et sauce qu’on mange sur de la semoule alors on dit que c’est un tagine. Pourquoi pas. Toutes les pâtes ne sont pas des nouilles, pourtant, les français ne mangent pas des pâtes, mais des nouilles.

Bon, à table, la conversation s’engage sur des sujets très personnels que nous livre l’un des convives, photos, verbatim, tout ce qui peut n’intéresser que les intimes, que nous ne sommes pas. Sinon, rien. De conversation il n’y en aura pas.

Puis, viennent des propos étranges. L’homme assis à côté de moi raconte ses armes, les cours de tir qu’il donne à sa fille, affirme sans rire qu’un jour avec ses amis, tous aussi bien armés que lui, ils vont descendre dans la rue et tirer dans le tas.

On est partis ...

 

 

 

           

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