Ma chronique #48

Ce matin, je suis allé, un peu enrhumé, me faire vacciner Pfizer à la mairie. Les bonnes habitudes de la ville de Paris ayant la vie dure, deux douzaines d’agents de sécurité dûment siglés Anne Hidalgo, ridiculement suréquipés de tonfa, gaz lacrymo ...

... et divers autres objets contondants, dont je suis certain que pas un ne saurait les utiliser, s’il le fallait, me demandent de présenter une pièce d’identité.

Une bonne dizaine de minutes après que l’un d’eux a trouvé mon nom sur une liste, me voilà dans la salle de vaccination.

Prise de température, 35,5°, chouette, moi qui me croyais fiévreux ! Le doc me calme, d’un c’est très bas... très bas, c’est comme de la fièvre ... je ne peux pas vous vacciner, il faut faire baisser la fièvre...

Interloqué par le propos du doc, peut-être un hommage à Raymond Devos me dis-je ? Je me suis demandé si je devais répliquer quelque chose comme, si je fais baisser la fièvre à plus ou moins exactement 37°, ça ira ? Comme j’étais en forme, malgré mon rhume, je me suis lancé, et lui ai posé la question. Oui, c’est ça, 37° ! C’est la norme. Juste après, j’aurais dû lui demander comment on fait pour faire baisser la fièvre en faisant grimper les degrés ?

Mais il y avait la queue dans le couloir.

En sortant, j’ai pu lire dans les yeux des gens qui attendaient, comme une ferveur, un éclat, qu’on trouve à l’église, dans le regard des fidèles attendant l’hostie. 

Recalé.

De retour à mon poste de travail, c’est à dire chez moi, j’écoute des infos périmées de la veille, où il est question de militaires haut-gradés, signataires d’une tribune, une motion dirait-on dans un cénacle partisan, qui contiendrait, en filigrane, l’annonce d’un putsch, d’un coup d’État, d’une rébellion, d’une jacquerie kakie, à raison du fait que le pays partirait en couilles.

Oui, mon général, le mon est le diminutif de monsieur, pas un pronom possessif, en effet, ce pays, cette cinquième, est complètement sorti des rails mais pas de la raillerie, que mérite le pouvoir, c’est à dire le Macron.

En effet, le président, qui devrait présider, c’est à dire regarder loin, prévoir, anticiper, suivre, faire en sorte que la politique, dont il a proclamé que c’est notre projet en se niquant au passage une corde vocale, soit correctement conduite ; au lieu de quoi il gouverne.

Ce que l’on fait, sans légitimité, n’a pas de valeur.

Plus de parlement, un guignol qui serait risible s’il ne prenait pas tellement au sérieux ce rôle de premier ministre dont Macron a fait un majordome.

Alors les képis s’énervent, ils voient la France aux mains d’insurgés en djellaba et en burqas, perçoivent dans les manières de la macronie une hérésie institutionnelle, l’autorité de l’État bafoué surtout dans les basses-fosses des périphéries où des hordes d’immigrés s’adonnent à des bacchanales communautaires, islamistes, bien sûr. Ces mèches allumées au cul de braques islamisés à la va-vite, poignardeurs de secrétaires de commissariat par un laxisme inadmissible pètent dans une atmosphère banalisée d’anti-France généralisée.

Et puis il y a la minute de vérité, le moment où Macron, en Jésus à moumoute, descend de sa croix, bras ouverts, suant la bonté, délivrant ses disciples du carcan du confinement et du couvre-feu. Allonger la laisse, c’est le truc à faire quand on veut éviter de se faire pisser sur les pompes.

Ce n’est pas encore le moment de poser le slip de gueule qu’il faudra porter encore longtemps. Ce machin dans lequel les gens respirent leurs propres miasmes dont la toxicité est aggravée par le fait que beaucoup ne se lavent plus les dents, déjà que les français achètent moins d’une brosse à dents par année et par personne, je ne le porte jamais. Un slip c’est pas fait pour être porté sur le visage à moins d’avoir une face de cul.

Bon, en vrai, j’en ai marre de Macron, de l’autosatisfaction de Demorand, de la bêtise de Praud, de la vulgarité de Castex, de ne pas pouvoir raconter mes conneries, pousser mes coups de gueule, au comptoir de La Rimaudière, où j’ai pris l’habitude de choquer les buveurs de petit blanc au petit dam de Martine et Guy qui me tolèrent depuis des années.

Dans combien de temps pourrais-je enfin poser un ordi sur la table d’angle chez les Dames de Granvelle ?

Ah, ça y est, le déconfinement progressif est annoncé et l’élargissement de la vaccination aux obèses, on avance, vous dis-je, pas encore au pas de l’oie, mais ça viendra !

                                                

 

 

 

 

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