Lettre ouverte à Médiapart

101 signataires à ce jour (10 juin 2021), et il en arrive d'autres, pour une pétition partie il y a 3 semaines et demie dans le huis clos du Club. Un texte qui met le doigt sur la difficulté de Médiapart à prendre suffisamment en compte les opinions pluralistes et leur expression (à travers les commentaires, les billets, la place qui leur est donnée…), notamment sur les sujets dits polémiques.

La liste des signataires s'allongeant, nous les invitons à communiquer à partir du courriel suivant : olivierbouquet@laposte.net
Nous mènerons notre action ENSEMBLE.

Cordialement.
Les Pétitionnaires.

Vous pouvez aussi aller recommander le même texte sur le blog de ALICIA DEYS :
https://blogs.mediapart.fr/alicia-deys/blog/150521/lettre-ouverte-mediapart
et sur celui de JOËLMARTIN :
https://blogs.mediapart.fr/joelmartin/blog/150521/lettre-ouverte-mediapart

D'après la Charte de Mediapart :

« Le Club – et plus généralement tous les espaces de contribution de Mediapart (commentaires des articles du Journal, tchats...) – est un lieu d’information, de débats, d'échanges et de discussions, respectueux de la liberté d’expression, du pluralisme et de la réputation ou des droits d’autrui. »

Malheureusement, il semble que le respect du pluralisme soit désormais compris par la Modération comme équivalant à une approbation inconditionnelle de la ligne éditoriale et des contributeurs associés. Cette évolution est nettement perceptible depuis quelques mois. Les motifs de dépublication deviennent de plus en plus arbitraires, partiaux et parfois absurdes.

L'exemple le plus caricatural entre tous est celui où Joël Martin s'est vu censuré pour avoir parlé de « couper les nouilles au sécateur ». Pour la Modération, il s'agissait d'un appel à la haine…

Mediapart a fait le choix d'une modération interne, sans doute pour éviter un traitement robotique, mais nous constatons que la dépendance de la Modération envers la rédaction joue désormais contre le pluralisme garanti par la Charte. Des commentaires et des billets sont, par exemple, dépubliés pour « racisme » simplement parce qu'ils se démarquent de l'approche « dé-coloniale » ou en contestent les conclusions.

Certains abonnés se voient parfois dépubliés pour avoir fait état de faits publics :

https://web.archive.org/web/20210502174830/https://blogs.mediapart.fr/cambyse/blog/020521/humour-et-bannissement

De plus, alors même que la Modération a communiqué explicitement sur les problèmes de la violence verbale, elle ne les sanctionne pas de manière égale.

https://www.mediapart.fr/journal/france/040521/le-suspect-la-dgsi-et-la-bombe-qui-n-pas-explose/commentaires#comment-10625500

À titre d'exemple, il est considéré comme normal d'être traité de raciste, d'islamophobe, de fasciste, de suppôt du RN ou d'idolâtre de Zemmour alors même que ces propos ne sont pas étayés et malgré le fait qu'un bon nombre de personnes qui les subissent professent depuis toujours des opinions opposées . En réponse à ces diffamations, et toujours à titre d'exemple, le vocable « islamo-gauchiste » est systématiquement dépublié alors que rien, ni dans la Charte ni dans la loi, ne le justifie. Il s'agit donc d'une censure politique et d'une distorsion de traitement directement liées au statut des Modérateurs en tant que préposés soumis aux directives de la rédaction. C'est donc une violation de la Charte.

De plus, la Charte contient des notions particulièrement vagues, comme le hors-sujet et la bonne tenue du débat, permettant à la Modération de censurer ce que bon lui semble. Ce qui accroît encore l'arbitraire et la restriction du pluralisme.

Il est par exemple interdit de critiquer un article ou un billet qui utilise l'écriture inclusive alors même que celle-ci est largement controversée, y compris dans la communauté des linguistes qui la jugent politiquement illusoire et socialement discriminante envers les handicapés, les dyslexiques et les enfants des catégories sociales défavorisées. Pour la Modération, il ne peut s'agir que d'un hors-sujet. Pourtant, cette critique ne trouble pas plus que cela les échanges.

Nous constatons aussi, bien souvent, que nos alertes restent lettre morte dans des cas où la Charte trouverait un motif de censure : dénigrement, harcèlement, calomnies, diffamation.

Nous ne remettons pas en question l'obligation légale de modérer les commentaires contrevenants à la loi, mais nous demandons une application de la Charte qui soit uniforme, impartiale et transparente, qui respecte la libre expression et le pluralisme, en conformité avec ses principes Nous n'acceptons pas les privations de droits participatifs fondés sur une modération biaisée, arbitraire et parfois vindicative.

Le seul moyen honnête d'assurer cette demande nous semble être la création d'un espace de débat sur l'application de la Modération, et pas, comme nous le voyons régulièrement, une chronique d'autosatisfaction qui distribue les bons points. Dans cet espace, il serait autorisé de republier un commentaire censuré, en l'anonymisant, pour permettre à chacun de juger du bien-fondé de la censure l'ayant frappé (sauf, bien entendu, s'il contrevient ouvertement aux dispositions de la loi sur la presse et à sa jurisprudence).

S'agissant de la création de billets, nous constatons des mesures de dépublication similaires, qui prêtent tout de même sérieusement à discussion et qui s'ajoutent aux choix promotionnels de Mediapart.

Nous comprenons parfaitement que Mediapart donne une plus grande visibilité aux billets qui lui conviennent, mais pas qu'il condamne les autres à la clandestinité, ce qui constitue une autre violation du pluralisme. Nous demandons à Mediapart de prendre des mesures en ce sens pour que les opinions divergentes puissent apparaître à la Une, notamment lorsque des billets sont largement commentés.

Nous tirons donc un sérieux signal d'alarme.

Médiapart appartient à ses lecteurs, donc à tous ses lecteurs, la diversité d'opinion est une richesse. Que Mediapart continue à ne rendre de compte qu'à ses lecteurs, cela suppose la critique, y compris de la ligne éditoriale ! Nous demandons le respect du pluralisme que la Charte garantit et que l'on est en droit d'attendre en s'abonnant et en soutenant Mediapart. Le « politiquement correct » n'est pas de nature à faire avancer les débats nécessaires à la cause commune d'une République des Égaux.

Nous espérons que Médiapart va le comprendre et réagir en conséquence.

A Médiapart comme ailleurs, la résolution de la crise de la représentativité politique est à ce prix. 

Liste des premiers signataires :

ABOUADIL, AGNES GOUINGUENET, ALICIA DEYS, ALIOSHA, AMITIÉ ENTRE LES PEUPLES, ANACHARSIS, ANDRÉ BELLON, ANDRE BERNOLD, ANNEJULIE, _ANON_,  AUCKLAND1, BEA18, BERNARD VIGUIÉ, BERTRAND DEMEE, BINBIN RORO, BOB6999, BORIS CARRIER, BRETTUS, BRUNO HUBACHER, BRUNO MAZERAT, CAGNOTTE, CAMBYSE, CAVAPAS, CEINNA COLL, CHEVAPHIL, CHRISTIAN DELARUE, CORNICHONJOUFFLU, CRAMPON, DUCON1ER, FRANCKPEYRE1968, FRATERNITAIN, GIBUXXX, GIL GOSSEYN, GILLIANE, GPTO, HORATIUS, JEAN BACHÉLERIE, JEAN-CLAUDE CHARRIÉ, JEAN-FRANÇOIS ARMENGAUD, JEAN LOUIS RECOUSSINE, JEANNE AZOU, JEAN-PIERRE KAYEMBA, JEAN-PIERRE ROCHE, JF SCHNEIDER, JOEL BELLENFANT, JOELLE LOCATELLI, JOËLMARTIN, KOALA EN COLÈRE, LAIRDERIEN, LANCETRE, LE CONCOMBRE MASQUÉ, LE CRI DES PEUPLES, LEZANIMOS, LUC RIGAL, MALINALCO, MARC DANIEL LEVY, MATA BOUTROS, MCX, MELGRILAB@YAHOO.FR, MICHEL DELARCHE, MICHÈLE DESSENNE, MINGA, MITHRA-NOMADEBLUES_, MORPHOS, MOTUS, MOULOUD AKKOUCHE, MUSTAPHA AIT LARBI, MYRELINGUES, NETMAMOU, NOTULE, PAQUET D'ONDE, PAUL REPORT, PERSONNE LAMBDA, PIERRE CAUMONT, PIERRE GUERLAIN, PORFIRIO, PRADES & CIE, RAYMOND SAMUEL, RENÉ MAGNIEZ, RICHARDTHEVENON, ROGER EVANO, SBORE, SERGE DODOUSSIAN, SERGE MARQUIS, STÉPHANE RIAND, SYLVAIN TRUFFIER, THIERRY REBOUD, TOTOBO, UNDERZEVOLKANO, UTOPART, VAUDIOUX14, VENT D'AUTAN, VINCENT PRÉSUMEY, VINGTRAS, VIVRE EST UN VILLAGE, XYLOVA, YANN.DEJOMARON, YVES BAKRA, YVON STUBERT, ZARGOS…   

Si vous souhaitez signer, merci de nous le faire savoir. Cordialement. 

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