NPA, LO et POI sont-ils des sectes ?

En mars 2009, le Parti communiste français se présente aux élections européennes en compagnie du Parti de gauche et de la Gauche unitaire, issue du NPA, sous la bannière du Front du gauche. Le NPA refuse la main tendue avec comme argument que ce parti stalinien, qu’il a combattu hier, retrouvera très vite le giron du Parti socialiste dès l’élection finie, en particulier lors des élections régionales qui devraient suivre, afin de préserver ses postes et l’appareil…

En mars 2010, le PCF poursuit pourtant son alliance avec le Front de gauche dans 17 régions sur 22, mettant en péril la situation de ses 182 conseillers régionaux.

Le NPA refuse de nouveau la main tendue, suivant l’argument que le PCF ira dès la fin du 1er tour rejoindre les exécutifs régionaux dirigés par le PS.

Dans le Limousin, la liste Front de gauche et NPA tendance unitaire, avec à sa tête un communiste, réfute le diktat du PS, qui veut bien intégrer la liste à la condition que les gens du NPA n’en fassent pas partie, puisque ces derniers veulent garder leur indépendance de vote dans l’exécutif. Cette liste participera donc à une triangulaire.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, la liste Front de gauche est intégrée dans le conseil régional PS-EE tout en obtenant sa non-participation à l’exécutif, afin de préserver sa liberté totale de vote.

De ces actes, entre autres, plusieurs observations doivent être tirées par le NPA.

1/ Le PCF n’est plus ce monolithe stalinien, où les militants ont le doigt sur la couture, même s’il en reste des résidus.

2/ Une mutation véritable a lieu en son sein, sur la base de l’échec politique de son orientation, durant notamment sa participation à la gauche plurielle.

3/ Il n’obtempère ni au diktat des roitelets régionaux du PS ni aux revendications maximalistes, qui visent à lui faire brûler tous ses vaisseaux sans lui offrir en contrepartie une garantie minimale d’honnêteté à son égard. Il demande simplement à être respecté.

Ce n’est pas le simple attrait des postes qui le guide.

Proposez-lui une orientation efficiente et il aura l’intelligence d’apporter son obole, dans le respect de chacun. Ne pas le comprendre et le mépriser, voilà l’erreur d’appréciation politique grave qu’a fait jusqu’ici le NPA.

Que fera demain le NPA à de nouvelles propositions unitaires ?

Jouera-t-il de nouveau la surenchère ou dira-t-il : chiche, on essaye ?

De son attitude dépendra la possibilité rapide d’un renouveau de la gauche radicale en France. Ce sera une nouvelle possibilité aussi de peser d’un poids certain sur le reste de la gauche et empêcher la dérive continue du PS, rejointe par les Verts avec EE, vers le social-libéralisme.

Le temps presse. L’abstention gagne.

La solution politique reste en suspens tant que la stratégie unitaire des anticapitalistes n’est pas entièrement accomplie.

LO, NPA et POI doivent prendre leurs responsabilités une fois pour toute. Ils diront ainsi s’ils sont ou non des sectes.

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