L'après 26-Mai

Pour gagner contre le gouvernement des riches, la gauche doit cesser de se parler à elle-même !

Emmanuel Macron est minoritaire dans le pays. Il a été élu avec 18 % des inscrits au 1er tour et, par défaut, au second. Pourtant, ses contre-réformes à l’anglo-saxonne passent et le mouvement social ne parvient pas à lui faire rendre gorge.

Sa coalition est en effet puissante : les forces de l’argent, les « élites » européistes, l’appareil d’État, qu’il utilise de surcroît de manière monarchique grâce à la Constitution de la Ve république. Il bénéficie aussi du cumul des politiques libérales des quatre dernières décennies, menées par des gouvernements de droite comme se disant de gauche.

Notre point de départ est donc le suivant :

Comment la minorité agissante (et courageuse !) que nous sommes peut-elle se faire entendre du reste de la population et l’encourager à entrer dans l'action ?

C'est un problème d’ordre stratégique.

Il serait vain de gonfler artificiellement les muscles, en se cachant derrière des chiffres de participation frelatés ou d’occuper simplement les médias par le Verbe.

Or, au vu du tour de table des organisations qui préparent la manifestation du 26 mai prochain, la tournure que prend notre bataille n’est pas tout à fait réconfortante.

Le caractère « politico-syndical » (associant partis, syndicats et associations de gauche) de cette manifestation en préparation, POUR NÉCESSAIRE, est insuffisant pour gagner. Et que cette manifestation s’organise au nom de « la justice sociale, de l’égalité et de la fraternité » n’est pas non plus une garantie pour être entendu.

Car c’est, une nouvelle fois, LA GAUCHE QUI S’ADRESSE À LA GAUCHE. (Rappelons que la gauche de 2012 obtient 51,7 % sur la base du discours du Bourget contre le Finance ; et moins de 30 % cinq ans plus tard au 1er tour de 2017. Qui peut dire que depuis la décomposition du corps social ne s’est pas accélérée ?)

Et ce sont pas des valeurs générales, un peu abstraites, qui décideront du « top départ » de la population.

Quant à transformer les « comités [de préparation] du 26 mai » en structures permanentes à la base, comme cela a été proposé mais finalement repoussé, cela aurait été une fausse bonne idée. Il ne suffit pas de dire qu’ils existeront « à la base » pour qu’ils prennent le caractère de masse nécessaire. Nous aurions alors pris le risque d’hypothéquer l’idée même de « comités ».

L’esprit des comités à mettre en place vaut mieux que la lettre.

Par ailleurs, certains se disent favorable à un « Front populaire » sans éclaircir les modalités par lesquelles un tel front pourrait se créer et être autre chose qu'un slogan.

Nous réitérons ainsi nos propositions :

1/ C’est à partir de ses problèmes prosaïques que la population peut décider d’agir. Voir disparaître les services publics et dilapider nos actifs, NOTRE BIEN COMMUN, est parlant pour tout un chacun.e. S'y opposer est un objectif fédérateur et à la portée.

2/ Créer des comités citoyens à la base pour reprendre pied sur le terrain oblige à s’adresser à toutes et tous, EN PARTICULIER AUX ABSTENTIONNISTES.

Pour le faire :

— il faut garantir à chacun.e sa place légitime, indépendamment de son itinéraire politique propre. Car il s’agit de reconstituer un PEUPLE CONSTITUANT.

C’est ainsi que la bataille cardinale du « Non » au Traité de Constitution européenne de 2005 a été gagnée. Il ne s’agissait pas d’un « non » de gauche ou de droite mais d’un « non » tout court.

Dans le prolongement de ce combat gagnant, nous devons opposer à la privatisation crescendo de nos services publics et au bradage de nos actifs un « Non » strict, sans fioritures et coupure de cheveux en quatre.

— Il faut, aussi, garantir l’absence de sigle particulier des structures partisanes, afin d’éviter leur course à l’échalote (leur compétition « libre et non faussée ») qui ne peut que gêner et nous ramener au huis-clos. Imaginez la distribution d’un tract avec le badge de telle ou telle organisation : quel message serait envoyé ?

3/ Dans un tel processus de sensibilisation et d’entrée en action de la population, notre politique de classe continuera d’avoir droit de cité. Car gagner sur cette bataille, quoi de plus encourageant pour élargir notre propos au recouvrement total de notre souveraineté ? Nous serions dans le droit fil des combats du socialisme historique.

En résumé : la préparation de la manifestation du 26 mai prochain doit être utilisée pour faire mûrir parmi nous les esprits, afin que soient prises très vite les décisions de l’après-26 mai !

Les cheminots attendent, et derrière eux tous les salariés des secteurs abandonnés par la puissance publique. Le temps nous est compté.

Ne soyons pas à l’image du vieillard et sa canne attendant fatalement la mort sur le pont, au vu et au su de tous !

MERCI DE RELAYER, ENCORE ET ENCORE, CETTE PÉTITION !

https://www.change.org/p/partout-des-comit%C3%A9s-citoyens-en-d%C3%A9fense-du-bien-commun

Pour distribution, un « visuel » de la pétition peut vous être fourni à l’adresse suivante : olivierbouquet@laposte.net

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