26 mai, et ensuite ?

« La lucidité est la blessure qui se rapproche le plus du soleil. »  René Char

Nous venons d’assister à une suite continue de manifestations en soutien aux grévistes de la SNCF et à l’idée de convergence des luttes.

Le moindre que l’on puisse dire, c’est que le résultat n’est pas probant.

Il n’est pas utile d’insister sur le fait que nous l’avions pronostiqué. Le constat est en soi suffisamment tragique.

Le tableau serait plus sombre encore s’il fallait examiner, par le menu, les positions des uns et des autres durant toute cette période.

Résumons-les en une formule : LA GAUCHE N’A PAS CESSÉ DE SE PARLER À ELLE-MÊME.

Il est par conséquent normal qu’elle tourne en rond.

Et ce ne sont pas les astuces rhétoriques de certains, qui prétendent parler « large » sans s’en donner les moyens (d’autant plus qu’ils échappent à tout obligation démocratique), qui y changeront grand-chose.

La lutte des classes n’est pas une pensée théorique, elle est d’abord une pratique.

Cette pratique, la gauche — laquelle, d’ailleurs ? — l’a abandonnée depuis bien longtemps.

C’est donc plutôt en retrouvant le chemin du peuple qu’elle peut se donner une chance de se ré-oxygéner.

Ce conseil en direction de la gauche mis à part, ce qui compte, pour l’heure, c’est le soutien aux cheminots et notre capacité à convaincre dans l’éventualité d’une convergence des luttes…

Pour ce faire, il ne peut pas y avoir de raccourci. 

Le mouvement social doit reprendre langue avec la population en se réinscrivant sur le terrain, trop longtemps abordé par intermittence durant seulement les élections. IL DOIT S’ADRESSER A TOUS, QUELQUE SOIT L’ITINÉRAIRE POLITIQUE, SYNDICAL, ASSOCIATIF… DE CHACUN.E.

Non pas par la manœuvre, qui consisterait à déclamer qu’on s’adresse à tout le monde tout en restant dans l’entre-soi… mais par l’affirmation franche et explicite de ce principe !

QUE L’ON SOIT DE DROITE, DE GAUCHE OU D’AILLEURS, tout le monde peut à bon droit revendiquer son désir commun de s’opposer au démantèlement de nos service publics et au bradage de nos actifs — NOTRE BIEN COMMUN.

Une telle conception garantit une place véritable, légitime et non biaisée, en particulier aux abstentionnistes, ceux se situant « ailleurs », c’est-à-dire nulle part par rapport à l’échiquier gauche-droite, qui fonctionne de plus en plus comme deux images de marque mensongères.

Ce mot d’ordre de DÉFENSE DU BIEN COMMUN peut être compris par toute la population. Il est fédérateur. Son objectif direct est gagnable !

Dans cet état d’esprit, DES COMITÉS EN DÉFENSE DU BIEN COMMUN pourraient être créés partout en France, avec l’impulsion décisif du mouvement social actuel !

Il est plus que temps que nos formations politiques, syndicales, associatives actuelles sortent de la cour de récréation pour embrasser les dimensions de l’enjeu actuel. 

C’EST BIEN UN PROCESSUS CONSTITUANT QU’IL NOUS FAUT METTRE EN BRANLE pour combattre le gouvernement des riches d’hier, d’aujourd’hui et peut-être encore de demain.

Merci donc d’avoir signer.

Mais surtout merci de bien saisir de quoi cette pétition est porteuse et de la relayer en conséquence !

Cordialement.


Nos mises à jour :

1/ Les raisons d'origine de cette pétition :
https://www.change.org/p/partout-des-comit%C3%A9s-citoyens-en-d%C3%A9fense-du-bien-commun/u/22677240

2/ Les arguments sur la question gauche/droite/abstentionnistes :
https://www.change.org/p/partout-des-comit%C3%A9s-citoyens-en-d%C3%A9fense-du-bien-commun/u/22695242

3/ Une critique sur les limites des décisions prises par la réunion entre organisateurs de la manif du 26 mai (organisations qui, toutes, ont reçu la pétition et l’ensemble de notre documentation…) :
https://www.change.org/p/partout-des-comit%C3%A9s-citoyens-en-d%C3%A9fense-du-bien-commun/u/22734982

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