Une fois pour toutes, non Mélenchon n'est ni pro-Poutine ni pro-Assad

Depuis une émission (ONPC) de février 2016, notamment, JLM est régulièrement qualifié par des titres de presse falsificateurs et par ses détracteurs de soutien à Poutine ou de soutien à Bachar El Assad. Il n'en est rien. Et en voici la démonstration sources à l'appui.

Militant du PG depuis 2012, après avoir été plutôt proche de la mouvance libertaire, je n'ai jamais soutenu aucune dictature, je n'ai jamais jugé que la lutte contre l'impérialisme américain puisse justifier d'être complaisant envers l'impérialisme russe, je n'ai jamais cru que Bachar El Assad soit autre chose qu'un boucher sanguinaire et je n'ai jamais pensé non plus que la lutte contre le djihadisme puisse justifier le recours au "carpet bombing" qu'ont pratiqué les Russes, notamment à Alep, ce qui constitue de toute évidence un crime de guerre, crime dont Poutine ne saurait être exonéré sous prétexte que d'autres puissances en ont commis aussi en certaines occasions. Tout cela est aisément vérifiable dans mes écrits, sur le blog "Cut the Crap"  ou sur Facebook. Je ne saurais donc être accusé moi-même de complaisance envers les régimes de Poutine ou d'Assad, même sous prétexte de défense du candidat que je soutiens pour l'élection présidentielle de 2017. J'ai d'ailleurs certaines réserves personnelles à l'égard de la position de mon candidat. Mais je suis scandalisé par les amalgames et les falsifications dont il est victime.

Je reprends donc ici des arguments sourcés et vérifiables que j'ai déjà exposés dans une lettre ouverte, et qui constituent, je crois, un dossier convaincant pour quiconque est doté d'un minimu d'honnêteté intellectuelle. J'invite donc mes camarades à le partager largement et à y puiser si besoin des arguments face à nos détracteurs.

Voici donc pour commencer une transcription écrite et commentée (entre crochets) de l'intervention de JLM lors de l'émission ONPC de février 2016, qui a permis à la presse de titrer que "JLM soutenait Poutine", voire approuvait "les bombardements sur Alep".

[Au bout de près d'une demi-heure d'émission]

Moix : "(...) vous avez dit aux Inrocks, justement, que les frappes en Syrie étaient une erreur totale... Ma question internationale... Vous dites : "nous sommes fascinés par le droit d'ingérence mais c'est une stupidité géopolitique dont on ne cesse de découvrir l'ampleur". Or, un mois avant, sur Public Sénat, vous apportiez votre soutien aux bombardements russes. Alors je voudrais savoir si vous étiez un traitre à la patrie ou s'il y avait un problème de raisonnement.
Pourquoi est-ce que d'un côté vous êtes pour l'ingérence russe et de l'autre contre l'ingérence occidentale ?

[Admirons le côté frelaté de la question qui n'est en fait qu'une accusation de soutien à la Russie ; je n'ai pas retrouvé la séquence de Public Sénat de cette époque durant laquelle JLM est accusé d'avoir apporté son "soutien aux bombardements russes", mais l'expérience me laisse penser que les vrais propos étaient sans doute au moins plus nuancés que cela]

JLM : Faut voir les choses aussi, c'est que les événements quand ils se déroulent, créent leur propre logique. C'est-à-dire que nous commençons par aller en Irak pour vaincre M. Saddam Hussein, qui est un tyran abominable blablablabla, qui avait des armes de destruction massive, nous cassons tout, et le résultat est une pagaille absolument innommable parce qu'évidemment après, personne ne s'occupe de rien... sauf de ramasser les contrats de pétrole et les contrats de gaz. Voilà. Une pagaille gigantesque a lieu. Elle contamine le pays voisin. Ensuite arrive une question de passage des oléoducs et des gazoducs. On enrobe tout ça de religion. On paye des gens. Et ça vous donne Daech. Et ça vous donne ceci et ça vous donne cela... et des pays entiers détruits. On décide d'intervenir. Donc on aggrave la situation parce que tout le monde sait qu'aucune victoire militaire n'est possible par des bombardements. [JLM procède bien ici à une condamnation des bombardements en général, donc]
Demandez-le à des militaires. Ils vous le diront. Bref, la situation est... Oui, on ne peut pas gagner.

Moix : Vous dites [mot incompréhensible] "Daech est méchant en Syrie", donc vous dites pour nous hein, de notre point de vue, "Daech est méchant en Syrie mais redevient gentil quand il s'attaque aux Kurdes". J'ai pas vu une seule fois où on aurait pu penser que Daech était gentil...

JLM : M. Moix, M. Moix, ce n'est pas loyal. L'article date de quand ?

Moix : Cet article date du 22 octobre 2015.

JLM : 2015. 22 octobre 2015. Ah oui. Mais la situation a évolué de bien des manières. Vous n'avez pas entendu parler du fait que les Turcs aidaient Daech  et que les Turcs bombardent... et tirent sur les Kurdes, leur tirent dans le dos ? Alors que les Kurdes sont là en train de se battre contre Daech [notons bien que la préoccupation principale de JLM, dans cette affaire, est le sort des Kurdes, seuls acteurs de ce conflit qu'il soutient politiquement]. Mais, M. Moix, comme vous Madame, vous savez bien que tout ça est une comédie. Vous savez bien que le fond de l'affaire, c'est le passage des oléoducs et des gazoducs à travers la Syrie parce qu'il s'agit de faire passer des matières premières pour éviter que les Russes ne tiennent de trop près à la gorge toute l'Europe pour leurs fournitures. Et au passage...

[A ce stade, il faut préciser que cette question des oléoducs et gazoducs est controversée, et je pense moi-même, s'il m'est permis de donner mon opinion personnelle — qui n'est précisément que l'opinion d'un citoyen lambda non spécialiste — que JLM sombre peut-être dans un certain simplisme en en faisant l'explication principale de la situation ; mais il faut préciser aussi que cette analyse, pour contestable qu'elle soit, ne nie à aucun moment l'origine populaire et pacifique de la révolte contre le régime de Bachar El Assad, contrairement à ce qu'ont essayé d'affirmer par la suite certains détracteurs de JLM — j'y reviendrai plus loin]

Moix [coupant JLM] : Vous ne croyez pas... Et la démission des Etats-Unis dans cette histoire, l'impuissance de l'Europe et la mainmise de Poutine sur la région... avant même les raisons économiques ?

JLM : Mais jamais Poutine n'a eu la main sur cette région ! C'est l'inverse. C'est parce qu'on a prétendu l'en chasser... et où il dispose de positions à cet endroit-là, qu'il veut les conserver. Mais que voulez-vous ? Quel tableau [pas sûr du mot, couvert par les interruptions de Moix et Salamé] voulez-vous à la fin ? [brouhaha] Vous voulez d'un côté des gentils et de l'autre des méchants ?

Salamé : C'est pas ça.

JLM : Tous les bombardements tuent tout le monde [condamnation globale des bombardements].

Salamé : C'est pas ça. C'est pas ça. Et vous avez raison de commencer par l'Irak et de parler d'erreur initiale des Américains en Irak en 2003. Mais aujourd'hui on en est loin. On en est à... Il a raison, Yann Moix. On a : les Américains qui s'en fichent — Obama s'en fiche...

Moix : Démission.

Salamé : ... de la région... démission totale ; impuissance de l'Europe...

Moix : on essaie de [incompréhensible : il parle en même temps que Salamé]

Salamé : L'ONU est morte. Reste qu'on est en train de donner cette région stratégique aux Russes et aux Iraniens [drôle d'affirmation quand on considère que les Russes défendent en fait des positions déjà acquises de longue date — base militaire, accords économiques — qui seraient menacées par un effondrement du régime et une mainmise de l'OTAN sur le pays, et que les Iraniens chiites ont des liens privilégiés de longue date également avec le régime dominé par les Alaouites ; Léa Salamé prend ici l'air de rien une position atlantiste très orientée]. Est-ce que ça vous va ?

JLM : Attendez. Permettez-moi de... Sur quoi vous vous appuyez pour dire "donner cette région" ?

Salamé : Est-ce que vous avez vu cette semaine les bombardements d'Alep ? [Notons comme Salamé évacue la question et change soudain de sujet, passant de la question de l'implantation historique des Russes en Syrie à la question de l'indignation morale face aux bombardementsLes bombardements pilonner, éventrer cette ville par l'armée russe. Est-ce que vous l'avez vu ou non ?

JLM : Oui, j'ai vu à la télévision...

Salamé [coupant JLM] : Par ce qu'on appelle le carpet bombing, c'est-à-dire la manière russe...

JLM [lassé] : oui oui oui.

Salamé : ... de taper...

JLM : Ecoutez madame...

Salamé : ... à la fois les militaires et les civils...

JLM : Je sais, je sais...

Salamé [l'interrompant encore] : Oui ou non ?

JLM : ... que ma cause va à rebours de tout ce qui se dit [on sent qu'il essaie encore de poursuivre son explication historique initiale sur la présence russe en Syrie]. Hein ? [Moix essaie encore de l'interrompre] Moi, je ne reconnais pas... Je ne nous reconnais pas le droit, ni même l'idée d'être les gendarmes du monde [il ne parle donc pas du deuxième sujet lancé par Salamé sur le carpet bombing mais continue bien sur l'idée que la France et l'OTAN n'ont pas, selon lui, à aller menacer les positions russes en Syrie — c'est important pour saisir la suite de cet échange difficile].

Salamé [l'interrompant] : Mais...

JLM : Car ce sont des indignations à géométrie variable...

Salamé [l'interrompant] : Oui, je suis d'accord.

JLM : Pardon madame. On trouve horrible que Daech décapite des gens. Mais l'Arabie saoudite en décapite 150 dans l'année, tout à fait légalement, et on va leur embrasser les mains et les pieds. Donc ça ne sert à rien. Cette comédie n'a pas de sens. Nous n'avons pas...

Salamé [l'interrompant] : Je vous ai posé une question sur la France... [elle parle en même temps que lui]

JLM : ... d'ami, nous n'avons que des intérêts... Laissez-moi...

Salamé [l'interrompant] : Je vous ai posé une question sur la France [en fait, elle ne lui a posé aucune question sur la France : elle lui a demandé si cela lui convenait de "donner" cette région aux Russes, puis, sans lui laisser le temps de répondre, s'il avait vu les bombardements sur Alep]. Je vous pose la question sur Poutine [en fait, elle ne lui a posé aucune question sur Poutine], vous me répondez la France [elle couvre ce qu'essaie de dire Mélenchon qui, finalement, se tait ; le passage qui suit est celui qui sera repris en boucle par la presse].

Salamé : Poutine, est-ce que vous êtes pour ce qu'il est en train de faire en ce moment en Syrie ?

JLM : Oui.

[Après la séquence précédente, où JLM n'a jamais pu suivre le fil de son analyse, cette réponse lapidaire provocatrice à une question biaisée servira à repeindre JLM en partisan de Poutine voire de Bachar El Assad, alors que la suite de l'entretien, jamais retenue par les détracteurs de JLM, prouve le contraire]

Moix : Ah bon.

Salamé : Il fait quoi, là en Syrie ?

JLM : Je pense qu'il va régler le problème.

Salamé : Et c'est quoi ? Comment ?

JLM : Eliminer Daech.

Salamé [couvrant la réponse de JLM] : En éliminant les civils ?

Moix : Et surtout éliminer les rebelles au régime d'Assad.

JLM : Ecoutez monsieur, laissez-moi...

Moix [l'interrompant] : C'est ce qui se passe.

JLM : Vous ne croyez pas... ?

Moix [l'interrompant] : 80% des frappes...

JLM : Vous ne pouvez pas...

Moix : ... ne concernent pas Daech...

JLM : Non non non...

Moix : ... l'Etat islamique, mais concernent...

JLM : Oui, oui.

Moix : ... mais concernent les rebelles.

JLM : Oui. Bien sûr. Oui... Ce n'est pas vrai.

Salamé [l'interrompant] : 9000 sorties aériennes...

JLM : Je suis d'accord avec vous. Monsieur...

Salamé [l'interrompant] : M. Mélenchon, 9000 sorties aériennes des Russes. 300 seulement ont visé Daech. 300 seulement sur les 9000 [approbation de Moix]. Ils visent l'opposition syrienne.

JLM : D'où tenez-vous ces chiffres ?

Moix : De la presse de tous les jours, quand on lit...

JLM : Voilà. La presse de tous les jours, elle les tient d'où ?

Moix : Vous croyez que M. Poutine n'est pas en train... ?

JLM [l'interrompant — pour une fois, c'est dans ce sens] : Vous êtes des journalistes tous les deux...

Salamé [l'interrompant] : Vous êtes donc...

JLM : La règle qu'on connaît dans le journalisme, c'est que la première victime d'une guerre, c'est la vérité.

Moix [l'interrompant] : M. Mélenchon...

JLM : Tout le monde se bat à intoxiquer et raconter des salades pour les faire passer dans son camp...

Moix [l'interrompant] : J'entends bien...

JLM : Qu'est-ce que vous voudriez m'entendre dire ?

Salamé : Je voudrais savoir votre position. Vous l'avez dit... [elle couvre sa tentative de réponse et répond à sa place] Vous avez dit : "Poutine est là pour sauver la situation".

JLM : Je suis pour que Daech soit vaincu, écrabouillé, et que les Kurdes gagnent...

[A ce stade, on peut rappeler une chose sur le contexte : JLM se méfiait visiblement de la propagande de l'OTAN, et sa principale source d'information semblait donc être le côté kurde, le seul qu'il soutient politiquement et avec qui il est en relations ; les YPG kurdes dont les ennemis principaux étaient les Turcs et Daech, voyaient alors d'un bon oeil les bombardements russes qui les soulageaient (voir le témoignage d'un volontaire libertaire que j'avais déjà cité sur le blog "Cut the Crap") ; il a été confirmé depuis que ces bombardements russes ne visaient pas prioritairement Daech, même s'ils lui ont coupé la route du pétrole et permis la reprise de Palmyre (ce que les Américains et leurs alliés n'avaient jusqu'alors pas réussi à faire), mais prioritairement (Moix et Salamé ont raison sur ce point) les "rebelles" ; là où où les choses se compliquent, c'est qu'on sait aussi que ces rebelles étaient déjà dominés, dans certaines régions comme Alep, par des factions islamistes, dont certaines sont des émanations directes d'Al-Qaïda, rivales de Daech mais tout aussi criminelles (voir Le Monde Diplomatique de décembre 2016)]

JLM [essayant de poursuivre dans le brouhaha de Moix et Salamé] : Je suis pour la stabilité dans la région.

Salamé [l'interrompant] : C'est pas les Kurdes qui sont en train de gagner. C'est Bachar El Assad.

Moix : Vous savez très bien que quasiment aucune frappe depuis le mois d'octobre...

JLM [l'interrompant] : Non, ce n'est pas vrai.

Moix : ... n'a concerné Daech de la part de Poutine.

JLM : Non mais M. Moix, je vous en prie. Ce n'est pas vrai. Ce sont les Russes qui ont coupé les communications qui sortent le pétrole de Daech pour faire de la contrebande par la Turquie. Ce n'est pas moi qui le dis. Ce sont les opposants turcs. Et c'est ça qui a été bombardé. Donc je félicite les Russes d'être parvenus à couper cette liaison, si bien que Daech va être étranglé. Et comme c'est Daech qui nous a frappés, je souhaite qu'il soit frappé à mort.

[Après avoir été interrompu une bonne quinzaine de fois, Mélenchon réussit donc enfin, au bout de plus d'une minute, à poursuivre son raisonnement et à dire quel problème va, selon lui, être réglé par les Russes : il parle de la route du pétrole du Daech, convaincu que celle-ci, avec la complicité de la Turquie, permettait au prétendu Etat islamique de financer une partie de ses opérations ; il ne parle pas du tout, en l'occurence, des bombardements russes sur Alep, dont les médias l'ont par la suite fait indument le laudateur, et son analyse se fonde en l'occurence non sur la propagande russe, mais sur les sources kurdes en Syrie et en Turquie]

Moix : Là, on est d'accord. On est d'accord.

JLM : Alors qui va le faire ?

Moix : Je suis d'accord avec vous, vous êtes en train d'établir une hiérarchie, ce que n'a pas fait Laurent Fabius, pour savoir quel était le méchant n°1. Fabius a considéré...

JLM [l'interrompant] : Ça n'a pas de sens, méchant ceci méchant cela...

Moix : Mais si, c'est ce que...

JLM [l'interrompant] : Qui est-ce qui va signer un accord avec l'Iran ? C'est quand-même pas moi ? J'ai toujours lutté contre le régime théocratique de Téhéran.

Moix : Vous voyez bien qu'il y a une alliance entre Poutine et l'Iran actuellement pour abattre les rebelles anti-Assad afin de se retrouver avec deux pièces sur l'échiquier, qui est Bachar El Assad d'un côté et Daech de l'autre. Donc Poutine est bien en train d'éliminer la rébellion en ce moment. Et d'écraser une partie des populations civiles. Vous êtes d'accord avec ça ?

JLM : Non.

[On peut s'interroger sur le travail journalistique qui consiste ici non pas à interroger un politique pour connaître son analyse mais à lui en fournir une et à lui demander d'y souscrire ; JLM a expliqué récemment dans un documentaire réalisé par Gérard Miller qu'il refusait de se soumettre ainsi aux assignations médiatiques, et notamment aux indignations sur injonction, ce qui explique peut-être ici sa réponse lapidaire]

Moix : Pffiou. Très bien.

[rires]

Moix [couvert par Salamé et Ruquier] : En fin de compte je ne peux rien vous rétorquer...

Salamé : Et quand vous dites que Vladimir Poutine...

Ruquier : Vous ne croyez pas...

JLM : Vous êtes en train de dire quelque chose... [Moix essaie de parler] Pardon M. Moix, mais ce que vous dites ne correspond pas aux faits. Même pour vous faire plaisir, je ne vais pas dire que je suis d'accord.

Ruquier : Il a raison, Yann Moix.

JLM : Vous partez de la propagande, pardon de vous le dire, nord-américaine... même vos collègues...

Salamé [l'interrompant] : parce que la propagande russe, on ne la connaît pas...

JLM : Laissez-moi....

Salamé : M. Mélenchon...

JLM : Mme Salamé... Tout est de la propagande, et tous les bombardements massacrent tout le monde. Je ne suis pas pour les bombardements [pourtant, certains vont oser, à la suite de cette émission, le repeindre en partisan des bombardements sur Alep ! Alors qu'il dit qu'il n'est pour aucun bombardement !]. Cette pauvre population a été prise dans une guerre qui ne la concerne même pas, qui est une guerre d'oléoducs et de gazoducs. Mais je viens à ce que vous dites. Quand vous me parlez de rebelles en Syrie, figurez-vous que les rebelles "civilisés" [interruptions de Moix] sont une ultra-minorité.

Moix : Certains se radicalisent.

JLM : Mais écoutez, quand vous voyez que Al-Qaïda qui est notre ennemi en Afghanistan devient notre allié en Syrie, tout cela est absurde. Il faut rétablir l'ordre. Et l'ordre passe par le fait qu'on élimine Daech de là. Et qu'on reconnaisse la stabilité des frontières.

Moix [l'interrompant] : Mais Daech est le cadet des soucis de la Turquie [JLM essaie de parler]. M. Mélenchon, Daech est le cadet des soucis de la Turquie. Pour eux, les terroristes, c'est pas Daech. Ce sont les Kurdes. Daech est le cadet des soucis des...

JLM [l'interrompant] : C'est ce que j'étais en train de dire il y a un instant, hein...

Moix : Obama se moque complètement...

JLM [à la cantonnade] : Vous arrivez à suivre ?

[rires]

Moix : Non mais...

JLM : Donc Daech est bien l'ami des Turcs.

Moix : Non, je dis simplement que ce qu'on appelle terroriste varie effectivement d'un point de vue à l'autre. Pour les Américains, en gros, les terroristes c'est personne parce qu'Obama a démissionné.

JLM : Oui.

Moix : Pour... Vous demandez à Poutine qui sont les terroristes, il va vous répondre que ce sont les Turcs et si vous demandez aux Turcs qui sont les terroristes, ils vont vous répondre que ce sont les Kurdes. Donc en fait on a l'impression comme le disait Léa tout à l'heure qu'on est les seuls aujourd'hui à hériter d'un problème qui ne nous concernait pas forcément à la base...

JLM : Alors pourquoi a-t-on été bombarder ?

Moix : Parce que, en 2014, on a commencé à aller venger les Anglais qui, eux-même ne se vengeaient pas eux-même de ce qu'on leur avait fait [borgorygme goguenard de JLM]. Et on prend la place des Etats-Unis sauf qu'on n'en a pas les moyens ni le pouvoir. Et quel est...

Salamé [l'interrompant] : Mais enfin la France ne prend pas la place des Etats-Unis. La France est minoritaire dans ce conflit.

Moix : Mais c'est en gros ce que...

Salamé [l'interrompant] : Arrêtons.

Moix : ... François Hollande dit, quand il dit qu'il va faire la guerre — d'ailleurs on est les seuls en Europe à faire la guerre...

Salamé : C'est une blague.

Moix : ... donc la question que je voulais vous poser, c'est...

JLM : Vous remarquerez quand-même...

Moix : ... est-ce que nous sommes en guerre, premièrement, et est-ce que vous pensez qu'il y a un risque d'embrasement, de guerre non pas...

JLM : Evidemment.

Moix : ... du 21e siècle, mais au sens 20e siècle du terme...

JLM : Oui.

Moix : ... troisième guerre mondiale.

JLM : Oui. Mais absolument. C'est pour ça M.Moix que vous me voyez réagir comme je réagis. Je n'accepte pas le Disneyland politique. Les très méchants là, les très gentils là. Tout le monde est méchant dans cette histoire. Tout le monde. Tout le monde n'a que des intérêts. Donc nous, nous sommes des Français. Et nous nous occupons de d'abord ce qui peut nous concerner peut-être.

[La clé de toutes les interventions de JLM sur le sujet est là, il me semble, et on ne saurait mieux résumer le point de vue anti-impérialiste de Mélenchon, qui n'est pas nouveau à gauche, selon lequel il n'y a pas de guerre morale, il n'y a pas de guerre pour les droits de l'homme, il n'y a que des guerres entre impérialismes]

Salamé : C'est quoi nos intérêts ?

JLM : Nos intérêts, c'est que la guerre s'arrête. Vite vite vite. Et quand je lis dans le journal Le Monde, le directeur des services secrets de l'Arabie saoudite, qui dit "nous pourrions arrêter, tout le monde peut arrêter cette guerre, mais personne ne veut le faire"... Evidemment on laisse cette guerre pourrir sur pied. Parce que chacun y pousse son petit pion et ne veut pas le sacrifier. Et petit à petit les risques s'accumulent, s'accumulent, jusqu'à ce moment où vous pouvez avoir un incident, que personne n'a voulu, et qui déclenche une guerre généralisée. Ça s'est passé comme ça pour la première guerre mondiale. La deuxième ce n'était pas le cas, on l'a vue arriver de loin...

Salamé [l'interrompant] : Donc vous êtes pour que la France arrête ? Pour...

JLM : Non.

Salamé : ... qu'elle sorte de la coalition ?

JLM : On ne peut plus. Si vous voulez, on ne nous demandait rien...

Salamé [l'interrompant] : De temps en temps vous nous dites... Pourquoi vous ne dites pas ?

JLM : Laissez-moi parler...

Salamé : Pourquoi vous ne dites pas : laissez Poutine régler le problème et nous on se retire, on donne la Syrie à Poutine ?

JLM : Mais non mais non. Il ne peut pas être question de laisser Poutine régler le problème. [affirmation que les détracteurs de JLM prendront bien soin de gommer, s'en tenant à la version tronquée "JLM soutient Poutine"]

Salamé : Mais pourquoi pas ?

JLM : Parce que je ne suis pas non plus d'accord pour que M. Poutine règle le problème.

Moix [l'interrompant] : c'est ce qu'il est en train de faire.

JLM : Je suis pour que l'ONU règle le problème.

Salamé : Mais elle n'existe pas, l'ONU.

Salamé : Madame...

Moix [l'interrompant] : C'est comme la SDN...

JLM : Ne dites pas des choses comme ça. Ça veut dire qu'il n'y a plus d'espoir.

Moix [dans le brouhaha] : C'est comme la SDN dans l'entre-deux guerres.

JLM : Non. Ne dites pas ça.

Moix : Un mirage.

JLM : Ecoutez-moi. Ecoutez-moi. Je ne soutiens qu'une seule chose : le retour rapide à la paix. Comment peut-on y arriver ? Il faut une coalition universelle contre Daech. Et contre les bandes d'islamistes militarisés. Voilà. Pour ça, il faut une coalition universelle. Il faut donc s'allier avec les Russes, discuter avec eux. Et pas chacun de son côté...

Salamé [l'interrompant] : On discute...

JLM : ... fait ce qu'il a envie de faire. Pardon. Il n'y a pas de coalition générale. Le gouvernement français était pour cette coalition. Le président de la République a été en parler avec M. Poutine. Là-dessus, le président des Etats-Unis a dit non. Si bien que maintenant c'est la pagaille. Chacun va de son côté et il peut se produire l'incident qui pourrait déclencher un embrasement général et une guerre universelle. Je suis donc pour qu'on revienne à la paix le plus vite possible. Donc il faut une coalition militaire pour battre Daech. Et il faut dire à l'Arabie saoudite et au Qatar : maintenant c'est fini de jouer avec ça, nous, nous en avons assez de cette pagaille, et nous les Français en particulier parce que si longtemps que la guerre dure là-bas nous aurons des attentats ici, et vous le savez comme moi. Que tous les jours, notre police, notre armée, fait tout ce qu'elle peut pour essayer de déjouer des attentats, parce que comme on leur fait la guerre, ils nous font la guerre. Je ne dis pas que je les excuse d'une quelconque manière. Je suis pour qu'on les vainque, qu'on les écrase et qu'on en finisse avec eux. (...)"

Au final, l'échange aura duré une dizaine de minutes, durant lesquelles les intervieweurs auront pratiqué la technique de l'assignation, assénant leurs vérités et sommant l'interviewé d'y souscrire, assignation à laquelle JLM, très souvent interrompu, aura répondu de façon qu'on peut qualifier tantôt de (trop) lapidaire tantôt de confuse, mais pas plus confuse en tout cas que ne l'étaient les questions elles-mêmes. Mais durant ces dix minutes, JLM a-t-il approuvé les bombardements sur Alep et a-t-il félicité Poutine pour ces bombardements ? Non. Malgré l'extrait tronqué retenu par la presse et qui sert depuis de table de la loi aux contempteurs de JLM, il n'a approuvé la Russie que pour l'opération contre la route du pétrole de Daech et a condamné en bloc tous les bombardements, y compris, donc, ceux d'Alep. Il n'a affiché aucun soutien au régime de Poutine ni à celui de Bachar El Assad. S'il s'est passé plus d'une minute entre son "oui" à Poutine et la précision que ce "oui" portait sur l'opération contre la route du pétrole, c'est tout simplement (et une minute et quelque, ce n'est pas si énorme !), parce qu'entre temps, il n'a cessé d'être interrompu, ce qu'on voit bien dans la transcription ci-dessus. Tout au plus peut-on peut-être lui reprocher d'avoir trop collé à la version kurde des événements (forcément orientée), et d'avoir été contraint par sa hantise d'une guerre généralisée à rester dans des condamnations trop générales, de peur d'attiser des tendances bellicistes contre la Russie sous prétexte de ses crimes de guerre. Pour couper court à toute confusion, Alexis Corbière, porte-parole de JLM a rédigé une mise au point dès le lendemain pour préciser que JLM parlait bien de la route du pétrole et ne soutenait pas le régime de Poutine ni les bombardements sur Alep. JLM n'a cessé de le répéter depuis, par exemple devant la même Léa Salamé faisant toujours mine de ne pas comprendre près d’un an plus tard sur France Inter : « A l’époque (…), on parlait des bombardements des Russes sur des convois de véhicules qui transportaient du pétrole clandestin vers la Turquie ».

 

Les détracteurs de JLM qui continuent malgré tout à l'accuser d'être partisan de Poutine et/ou d'Assad feraient bien aussi de consulter les textes du Parti de Gauche dont la résolution politique à l'issue du congrès de Villejuif de 2015 stipulait par exemple :
"Nous rejetons toute ingérence et toute logique de guerre contre la Russie, sans pour autant soutenir le régime politique du président Poutine qui n’hésite pas à exacerber un climat autoritaire au service de l’oligarchie russe."

JLM lui-même n'a jamais été communiste et n'a pas de nostalgie de l'URSS. Il parle de "temps long" de l'histoire, et estime que la France a toujours eu intérêt à avoir des relations non conflictuelles avec la Russie, "quel que soit le régime en place" (tsariste, soviétique ou poutinien). On peut le critiquer sur ce point : c'est une vision géopolitique qui peut être débattue. Mais cela ne fait pas de JLM un soutien de Poutine dont il a rappelé par ailleurs (dans Marianne en janvier 2017) :
"Après, est-ce que M. Poutine est le président que je préfère pour la Russie ? La réponse est clairement non. Je préférerais que la Russie soit gouvernée par le président du Front de gauche russe, qui est en prison".

En 2015, il avait déjà affirmé sur son blog :
« Je n’ai jamais soutenu le parti de monsieur Poutine, ni sa personne. Non parce qu’il serait autiste ou qu’il battrait sa femme comme l’a répété en boucle la propagande médiatique la semaine dernière pour enfoncer le clou de sa diabolisation et faire désirer la guerre pour en finir avec ce fou. Non pour ceci ou pour cela. Mais parce que je suis écosocialiste et pas lui, parce que je suis de gauche et pas lui, parce que je suis républicain au sens que les « Lumières victorieuses de 1789 » ont donné à ce mot et pas lui. »

Contrairement à certains observateurs souvent proches de l'extrême-droite ou de la complosphère, JLM ne s'est jamais mépris sur une dimension prétendument laïque et progressiste des régimes arabes. Il avait par exemple accueilli très favorablement le printemps arabe contre les dictateurs (aussi bien Assad que Moubarak, Kadhafi ou Ben Ali). En 2011, il avait notamment affirmé : "le peuple veut la chute du régime" (ce que reconnaissent même ses détracteurs d'extrême-gauche)Il lui a d'ailleurs été reproché par l'extrême-gauche et l'extrême-droite d'avoir approuvé une résolution du parlement européen en faveur de l'établissement sous mandat de l'ONU d'une zone d'exclusion aérienne pour empêcher Kadhafi de bombarder ses opposants. Certains de ceux qui l'accusent à tort d'être pro-Poutine ou pro-Assad l'accusaient alors d'être pro-OTAN contre Kadhafi ! Accusations ridicules dans tous les cas (JLM n'a en effet pas soutenu l'intervention franco-américano-britannique en Libye, qui outrepassait le mandat de l'ONU, pas plus qu'il n'a soutenu les bombardements russes sur Alep).

Au sujet de la Syrie, le Parti de Gauche a clairement pris position en faveur de la révolution populaire contre Assad, par exemple par ce communiqué du 28 août 2013 : 
"Après plus de 100 000 victimes tuées depuis le début du soulèvement en Syrie en mars 2011, et la destruction de régions entières du pays, le Parti de Gauche dénonce le massacre à l’arme chimique de centaines de civils syriens le 21 août. Cette escalade dans l’horreur est inadmissible. Tout doit être fait pour l’arrêter. Mais la situation régionale est explosive et une intervention armée des États-Unis et d’autres pays alliés dont la France, ne ferait qu’aggraver le conflit d’autant que la Russie entend continuer à soutenir le régime criminel de Damas, notamment pour préserver ses intérêts dans la région. Le renforcement de la VIe flotte US comme celui de la flotte russe en Méditerranée font courir le risque d’une guerre où le jeu des alliances risquerait d’entrainer les puissances régionales dans un affrontement suicidaire.

Les forces du Comité national de coordination pour le changement démocratique (CNCD) ont clairement dénoncé toutes les ingérences étrangères en Syrie, qui ont déjà dévoyé le soulèvement populaire de 2011 en une guerre civile effroyable, et qui risquent à présent de conduire à la partition du pays.

Le rôle de la France n’est pas de suivre les États-Unis dans leur nouveau délire guerrier, alors qu’ils sont coutumiers du fait d’utiliser n’importe quelle sorte d’argument pour justifier une intervention militaire, comme par le passé en Irak, puis en Libye. Le Parti de Gauche demande une nouvelle fois un règlement négocié du conflit dans le cadre de la seule institution internationale légitime, l’ONU, et des accords de Genève qui prévoyaient un cessez-le-feu et une transition politique négociée visant à remettre le destin de la Syrie entre les mains de son peuple, via des élections libres et transparentes.

 Le Parti de Gauche appelle la population française à se mobiliser pour la Paix et à intensifier le soutien humanitaire aux millions de réfugiés et de déplacés syriens."

 

Ou encore par ce communiqué du 19 novembre 2015 :
"On ne saurait nier que Bachar Al-Assad a réprimé dans la terreur un soulèvement au départ pacifique, dont nombre d’acteurs initiaux n’étaient pas assimilables aux arrière-pensées de leurs soutiens locaux et internationaux. Et on ne peut que souhaiter que le peuple syrien soit délivré, un jour, et des djihadistes et de ce régime-là. ….

 Nous prônons donc de soutenir la proposition russe d’une coalition élargie qui s’entende pour appliquer les mesures, connues, pour lutter contre Daech par des moyens politico-militaires, économiques et idéologiques. Ce qui suppose d’accepter que la question de l’avenir du régime syrien passe temporairement au second plan. Une telle stratégie exclut les considérations moralisantes et hypocrites évoquant un quelconque risque de « réhabilitation » de Bachar El Assad, qui n’est pas en question ici. Au contraire, elle achèverait de mettre Bachar El Assad sous tutelle, et pourrait permettre à terme de lui imposer une transition négociée qui passerait par son départ le jour venu pour être remplacé par des éléments étatiques et des forces d’opposition progressistes."

Ou encore par celui du 13 décembre 2016 :
"Comme cela devient hélas désormais systématiquement le cas, en Syrie comme en Irak, les civils y sont pris en otage, et la nécessité d’éradiquer Daech, le Front Fatah al Cham (branche d’Al Qaïda en Syrie) et tous les groupes pratiquant la terreur ne peut justifier le massacre de populations civiles.
Ces massacres sont intolérables d’où qu’ils viennent.
Cette situation nécessite de toute urgence, comme le Parti de Gauche le réclame depuis des années, une résolution politique dans le cadre de l’ONU.
La recherche d’une solution politique avec la tenue d’élections libres doit être la priorité pour le gouvernement français. Trop d’occasions ont été ratées, 4 années ont été perdues et aujourd’hui ce sont encore les civils qui payent de leurs vies cet enlisement de la diplomatie internationale.
La France doit jouer son rôle de médiation en ne prenant parti ni pour Bachar El Assad, ni pour les États-Unis, ni pour la Russie, ni pour les monarchies du Golfe, mais en trait d’union pour construire un corridor humanitaire, face à ces massacres terribles de civils."

Le 12 février 2017, sur BFMTV, Mélenchon déclarait encore :
"Je suis pour une position indépendante. Je refuse de me faire embrigader dans un camp. Je comprends qu'on ait trouvé ma position ambiguë (...). Mais maintenant, il y a les faits (...). Ma position politique telle qu'elle a toujours été. (...) Ma position politique concernant le conflit en Syrie est depuis deux mois la position de l'ONU unanime. C'est-à-dire que tout le monde a voté une résolution qui comporte tous les points que je ne cesse d'évoquer depuis le début, c'est-à-dire : coalition... [la journaliste l'interrompt pour lui poser la question de la condamnation de Bachar El Assad]
Mais ça va de soi. Mais ai-je jamais dit que j'approuvais un personnage pareil ? (...) C'était que, à l'époque vous étiez tous enrôlés, comme c'était le cas à chaque fois, derrière les bannières de l'OTAN, et il fallait répéter sur tous les plateaux, commencer toute discussion par dire "je condamne monsieur Bachar El Assad". Alors évidemment le point numéro 2, c'était donc qu'il faut lui faire la guerre. Et le point numéro 3, c'était : "tant qu'il n'est pas parti, il faut qu'on continue la guerre". Ce qui n'est pas mon point de vue. Mon point de vue, c'est : on arrête la guerre, on fait une coalition universelle contre les bandes armées qui sont là-bas et on fait, sur la base d'une paix conclue par tout le monde, tous ceux qui se battent, des élections en Syrie organisées sous la protection internationale. On m'a dit : "ce n'est pas réaliste". Eh bien cette position irréaliste a été approuvée par toutes les nations des Nations Unies. Par conséquent c'est mon point de vue qui était le plus raisonnable et le plus sage. On se serait épargné des centaines de bombardements. J'ai dit sur tous les tons qu'en Russie, le seul qui ait un ami en prison, c'est moi. Ce n'est pas le parti socialiste : M. Gorbatchev est en liberté. N'est-ce pas ? C'est moi qui ai un ami en prison, qui est le président du Front de gauche de Russie. Par conséquent, pour quelle raison voudriez-vous que j'aie de la tendresse ? Non, je plaide l'indépendance et je veux vous dire les choses bien franchement : les Etats-Unis d'Amérique sont des fauteurs de guerre dans le monde entier. (...)"

Chacun a le droit de critiquer cette position, de la trouver, même, pas assez ferme à l'égard de la Russie ou d'Assad, et trop anti-américaine. Le débat est légitime. Mais on ne peut, sans se rendre coupable d'une odieuse falsification, prétendre qu'il s'agit là d'un soutien à Poutine et à Assad. Les mots ont un sens.
Jean-Luc Mélenchon n'est ni pro-Poutine ni pro-Assad. Il ne soutient aucun crime de guerre. Les sources exposées ci-dessus en sont la preuve.

 

 

 

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