La fureur de vivre, c'est à l'ouest d’éden...

La vie ce n'est pas ce que nous vivons et ne sera certainement pas ce qui nous est promis pour demain. Si c'est cela vivre, à quoi servent les leçons des crises qui ne peuvent qu'aujourd'hui que se répéter. Il est temps que nous soyons tous égaux dans la vie comme nous le sommes dans la mort!

La fureur de vivre est là, les muscles tendus, prête à bondir. Jamais elle n'avait connue une telle faim, une telle fin. C'est le sentiment qui domine en moi aujourd'hui ; plus jamais cela ! Mais, si l'après ressemble à l'avant en pire, nous y courons plus vite que jamais. Comme si c'était une normalité, juste un clin d’œil du destin inévitable avec lequel nous devrons faire maintenant : une existence rabougrie par ceux qui ne voient que l'avidité de la vie maintenant vidée! Alors qu'ils ont de quoi vivre milles vies somptueuses, oubliant qu'ils n'en ont qu'une, la nôtre ils la rendent trompeuse.

Ce n'est pas pour rien si de tout temps l'enfermement a été la principale punition pour les humains, des horaires prescrits, des papiers à remplir pour simplement sortir de la cellule qu'est devenu notre maison, cela ressemble à s'y méprendre à une forme de prison. Si la vie se résume simplement à cela, la prison c'est donc le paradis, un éden de la survie ! La fureur de vivre ne peut pas être plus à l'ouest de ce paradis qui ne rend personne ivre ! Comment pouvons-nous accepter cela ? Si la vie c'est simplement ne pas mourir, nous nourrissons un paradoxe, de fait, nous allons tous mourir. C'est, aujourd'hui, la seule équité qu'il nous reste en tant qu'êtres vivants avec ceux qui nous imposent cela. Finalement, accepter cette idée, n'est-ce pas accepter et promouvoir que nous ne sommes point égaux en droits, que cette inégalité infligée est somme tout plus que méritée ?

Alors que la doxa infusée et crue par certains ne voit que le vaccin pour sortir de l'ornière, si nous ne pensons pas l'après vaccin autrement que l'avant, nous entendront bientôt le tocsin. Si pour sortir de cette crise, des conséquences terribles sont de mise, c'est comme si on vous remettait sur pied pour retourner dans les tranchées. Etre vivant mais en prison ou malade dehors, est aujourd'hui le seul choix que l'on nous propose. Ceux qui nous l'imposent, croyez-moi de leur vie, eux, ils en disposent.

La fureur de vivre ne peut pas être plus à l'ouest que cet éden

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