Notre modèle social, une idée moderne du présent, un gage d'avenir pour nos enfants

Notre modèle social coûterait trop cher parait-il? L'Etat providence ne serait plus possible...Enfin pour nous, car pour les actionnaires, il existe bel et bien. L'argent "magique" qui n'existait pas pour les hôpitaux, existe pour les actionnaires des grandes entreprises qui licencient à tour de bras. Vouloir que tout le monde puisse vivre dignement ne serait pas "moderne"?

Que n'avons-nous pas entendu sur notre modèle social par les chantres du libéralisme. Il serait vieux, passéiste et ne serait plus possible... « L'Etat providence » ne serait plus en adéquation avec la « modernité » ambiante.

Déjà, si être moderne c'est de ne plus avoir de travail, si être moderne c'est se nourrir aux restau du cœur, si être moderne c'est ne plus arriver à se loger, se soigner et vivre dignement, reste-il vraiment un seul avantage à cette « modernité ultra-libérale » ?

Certes, notre modèle social a peut-être des défauts qu'il faudrait corriger mais il est surtout victime, depuis des dizaines d'années, de la volonté libérale de nos divers gouvernements à vouloir le supprimer. Il est sans cesse attaqué, vilipendé et ceux qui le défendent sont traités de fous, de démagogue, de passéistes. Vouloir une société où tout le monde a une chance de vivre et travailler dignement serait donc une utopie qui ne serait point moderne ? Je vous laisse la réponse à cette question !

 

Pourtant, que voyons-nous suite à la crise du Covid...Le retour de l'Etat providence ! Les milliards qui n'existaient pas, cet argent « magique » dixit Macron, coule aujourd'hui à flots ininterrompus. Mais toujours pas d'argent pour les hôpitaux, pour les salaires (à part ceux du gouvernement qui ont augmenté entre 19 et 70% selon les ministères), pour la recherche, etc. Ce « pognon de dingue » va aux grandes entreprises alors que, contrairement pour tous les autres, aucune contrepartie n'est exigé. Les actionnaires encaissent toujours leur dividendes, les salariés sont toujours licenciés et surtout, cela fait longtemps que ces entreprises n'amènent aucune innovation en matière sociétale ou dans l'écologie.

L'exemple de Sanofi est emblématique en la matière. Les 3/4 de leur chiffre d'affaire sont les remboursements de la sécurité sociale (donc notre argent), il reçoivent en plus des aides importantes de l'Etat, leurs actionnaires ont été grassement rémunéré...Et pourtant, ils licencient des salariés dont ceux de la recherche alors qu'ils ne sont même pas capable de trouver un vaccin !

A quoi, ou à qui sert ce « pognon de dingue »  réellement? Pas à notre tissu social et économique en tous cas !

 

Alors que, et c'est maintenant connu et prouvé, la France, grâce à son système bien qu'imparfait de redistribution, est toujours le pays qui résiste le mieux aux crises. En fait rien de plus logique, c'est ce « pognon de dingue » qui fait tourner l'économie libérale quand elle est en crise et de nos jours, elle est en crise permanente. Voilà un « pognon de dingue » utile pour se soigner pour aller faire ses courses (donc faire vivre les commerçants), pour acheter des habits à vos enfants...Et cela ne serait pas moderne ? En fait c'est le social qui fait vivre l'économie, notre économie de tous les jours !

 

Mais, et c'est le discours des libéraux, nous devrions pas vivre d'aumône mais de notre travail. Je suis, ne soyez pas surpris et attendez la suite, complètement d'accord avec cela. Ceci dit, je n'ai encore pas vu un salarié se licencié tout seul et avec 1200 euro par mois, quand vous êtes chanceux, vous survivez à peine. Pourtant, si nous pouvions tous travailler et gagner 3000 euros par mois, nous serions tous au delà des plafonds qui ouvrent droit aux prestations sociales. Donc, beaucoup moins de « pognon de dingue » à redistribuer et surtout beaucoup plus de recettes pour l'Etat. Entre les cotisations sociales (dont les entreprises sont de plus en plus exonérés d'ailleurs), la TVA (nous allons mieux et plus consommer) et les impôts sur le revenu, l'Etat sera beaucoup plus riche.

 

Donc, avec ce système de redistribution de richesse, moins de dépenses et plus de revenus. Nous pourrions investir dans les hôpitaux, les écoles, la recherche, les infrastructures routières en décrépitude, etc, etc. Comme pour les restau de cœur qui au départ distribuaient quelques centaines de repas et maintenant des millions, le programme du Conseil National de la résistance a été conçu pour redresser une France exsangue de la guerre et du libéralisme : nationalisation des moyens de production énergétique, la sécurité sociale, retraite, etc. Non seulement ce fut une belle réussite mais, malgré les attaques libérales, cela fonctionne toujours...La finance en a malheureusement fait, comme avec les restau du cœur, une béquille permanente pour sauver son système de plus en plus inégalitaire. Bizarrement ce « pognon de dingue » est la seule digue qui reste à l'ultra-libéralisme pour éviter une catastrophe sociétale et le seul réel modèle d'une société d'avenir qui pourrait être beaucoup plus juste.

Alors, notre modèle social n'est-il pas une idée moderne ?

Redistribuer plus justement les richesses que nous créons tous, est-il un non sens du passé ?

 

Notre modèle social, une idée moderne du présent, un gage d'avenir pour nos enfants

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