L'effet rebond ? L'Ecologie énergétique n'est-elle qu'un leurre ?

Alors que s'écharpent les "pro" et "anti" quelque chose sur l'énergie, je vous propose "l'effet rebond"! C'est connu depuis assez longtemps et beaucoup de chercheurs y ont contribué....C'est pourtant bizarrement encore et toujours confidentiel et surtout, pour moi et avec quelque prétention, manquant d'une analyse sociétale plus globale et plus complexe. Essai d'analyse....

Pourquoi l’effet rebond est un paradoxe (/www.lafabriqueecologique.fr/transition-energetique-le-role-incontournable-de-leffet-rebond/)

Pour bien saisir le côté contradictoire de ce phénomène, il est intéressant de comprendre le terme de marginalisme. Le marginalisme en économie explique que tout produit vendu sur le marché a une utilité totale, c’est-à-dire la capacité à satisfaire les besoins de l’acheteur, et une utilité marginale, c‘est-à-dire combien le consommateur est prêt à payer pour avoir encore plus de ce produit. L’utilité marginale pour un consommateur lambda est censée diminuer avec le temps, comme peut l’expliquer cette phrase prononcée par l’économiste Paul Samuelson : « Comme il y a beaucoup d’eau, le dernier verre se vend très bon marché. Même si les premières gouttes valent autant que la vie elle-même, les quelques dernières gouttes ne servent qu’à arroser la pelouse ou laver la voiture ». Au regard de cette théorie encore actuelle chez nos économistes, nous aboutissons à un paradoxe : plus l’énergie, considérée ici comme le produit, est consommée, plus elle est demandée. Autrement dit, plus il y a de nouvelles technologies rendant efficace la consommation d’une ressource, plus la demande pour cette ressource augmente.

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Je reprend la main pour essayer d'analyser ce que cela a vraiment comme conséquences.

Déjà, nous pouvons considérer que le débat sur l’énergie est mort-né....En effet (et pas de rebond ici), dans notre modèle de société, plus nous disposerons de techniques pour économiser de l'énergie, plus nous en ferons usage.....(faut bien que ce commerce d'accumulation de richesses continue de tourner et encore plus vite qu'avant ). Alors, il est évident que sans changement profond et total de société, et quelque soit l'énergie, nous allons dans le mur et plus vite que prévu.

Aujourd'hui par exemple, et selon les sources, toute l'informatique (de la fabrication à son usage et je n'ai pas regardé sa réhabilitation ou la pollution générée) consommerait 6 à 10% d'une électricité mondiale qui est à 70% carbonée (gaz, pétrole et charbon). Son augmentation est presque « logarithmique » car elle ne dispose d'aucune linéarité et reste subordonnée aux innovations (comme la 5G par exemple) et à l'utilisation que le Monde va en faire. En fait, on met donc des innovations en place sans mesurer réellement l'impact qu'elles auront en terme de conséquences sociales et écologiques : dans ce cas là, pouvons-nous parler vraiment d'innovations ?

Et, je ne parle même pas du fait de se poser la question si nous en avons vraiment besoin ou pas pour une vie meilleure...

Moi, je dirais que l'on cours en permanence pour trouver un horizon qui nous fuit de plus en plus à mesure que l'on augmente la vitesse de course. C'est bien un paradoxe!

Alors finalement, les « pro » et les « anti », qu'ils soient nucléaires, solaires ou éoliens n'ont toujours pas vraiment compris ce qui se passe en matière énergétique en France et dans le monde. Le débat ne se situe finalement que sur qui va investir, sur quelle énergie, dans quel temps (court, moyen ou long) et surtout de qui va payer et qui va en ramasser les dividendes. Le reste c'est malheureusement et finalement que du bla-bla ! L'essentiel, c'est que les « affaires » marchent toujours plus, et toujours plus vite....Mais jusqu'à quand ?

A 10 km/h dans un mur, vous avez de la tôle froissée, à 200 km/h, vous êtes mort, c'est finalement juste une course sans autre but que la mort...

Comme quoi, parfois, les scénaristes savent voir l'avenir au présent :

Course à la mort et la course à la mort sont déjà sorties au cinéma !

Sans changement de société, l'énergie étant la base de toute transformation et de toute vie (Voir mon billet « Privatiser l'énergie, c'est le pouvoir d'asservir notre vie ! »), il ne peut y avoir de réelle écologie. Le reste ce n'est que du « greenwashing » !

L'effet rebond ? L'Ecologie énergétique n'est-elle pas qu'un leurre dans notre modèle économique ? N'est-il pas urgemment temps de sortir l'énergie de l'économie de marché?



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