Derrière les masques...La solitude

Plus notre apparence est lisse et uniforme, moins nous sommes des hommes dans la norme. La ressemblance ne régule pas la différence, elle la nie. Et, si on tombait nos masques? Fin de l'opus "juste une envie de crier"

Un jour comme les autres, encore un jour qui ne fait plus sens...encore moins qu'hier....c'est dire !

Juste une envie de crier très fort...M'entendre crier, hurler pour exister comme si le son de ma propre voix pouvait enfin déchirer le silence des agneaux.

Je les vois, je les sens, les prédateurs se regroupent, ils encerclent notre présent la gueule ouverte et les yeux luisants. Ils se lèchent les babines, prévoyant le festin, de notre futur, ils sont déjà les assassins....

Juste une envie de crier très fort....de hurler à la lune, de hurler à la une le mal qui me consume...le mal qui nous consumes tous. Nous ne sommes plus que des chiffres, des nombres qui nous démembrent, des formules dont on s'empiffre, des objets d'un désir que l'on compte, pour juste en faire un décompte...Plus nous sommes comptés, moins nous sommes contés...La Flamme de notre Humanité vacille au grand vent des loups qui nous étrillent.

J'ouvre la bouche le plus grand possible et je hurle de toutes mes forces. Je crie, mais je ne m'entends pas...seul l'écho résonne dans ma tête...Je suis seul, noyé dans les aboiements sauvages de la meute assoiffée de sang, je déambule dé-masqué au regard de tous. Je n'étais qu'un homme, maintenant je suis l'ennemi, le proscrit de la caste . Depuis longtemps, j'ai jeté mon masque, ma laideur les offense, je suis un iconoclaste.

Ce masque d'apparence que nous portons tous pour nous fondre dans la masse n'alimente qu'une croyance. Les oripeaux nous griment, mais les regards hagards portent la violence d'une solitude qui n'a pas de mot, nous ne sommes pas intimes. La ressemblance tant désirée ne fait que se noyer dans le flot ininterrompu des âmes perdues ou vendues. Nous sommes seuls...et unique au monde.

Le mimétisme sociétal ne fait pas de nous des frères mais des inconnus pourtant trop connus, de la solitude, il n'est que le paroxysme. Si les autres sont moi, que reste t-il à découvrir et à apprendre, sans eux je peux vivre mais sans vous, je ne peux exister ; ma solitude n'est que le reflet de la vôtre. Derrière les masques, elle est sûrement la seule chose que l'on partage, de notre humanité, enfin nous sommes les camarades. La différence n'est jamais l’indifférence...



Derrière les masques …la solitude mais la certitude de notre Humanité



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