La lutte des CLASSES n'est-elle pas toujours le fil d'Ariane de l'Humanité?

C'est un peu la suite de mon billet sur la séparation de nos combats qui fait danser la finance. Humblement, j'ai constaté cette nuisance, aujourd'hui j'essaie de démontrer que ce terme semblant éculé de "lutte des classes" est même encore plus prégnant qu'avant même si il faut le regarder au macroscope (Joël de Rosnay) complexe d'une forme d’intersectionnalité.

Même si Marx, en 1847 (Manifeste du Parti Comuniste avec Engels) dans une analyse finalement extrêmement moderne de la lutte de classes,  ne pensait pas (à moins que j'ai pas tout lu ou tout bien interprété...Ce qui est bien possible) que cela prendrait la forme qu'elle prend pour moi aujourd'hui.

De fait, alors que pourtant toujours existante et jamais aussi prégnante, la lutte des classe entre ceux qui produisent et les détenteurs privés des moyens de production, a disparu de beaucoup de discours. On pourrait d'ailleurs ici soulever que nous sommes dans une forme d'intersectionnalité (Merci à Marc Tertre pour son travail).

La lutte « globale » entre les producteurs et les détenteurs privée des moyens de production, peut être aussi la conséquence de l'idéologie centrée uniquement sur la personne, s'est morcelée pour devenir un kaléidoscope de combats divers et colorés. Finalement, d'une philosophie (le communisme n'est en aucun cas un programme) pouvant rassembler et intégrer tous les « travailleurs du monde », nous sommes tombés dans une forme de division où chaque combat pense être le plus important. Et, c'est pas faux intellectuellement et de prime abord. Mais, Bachelard disait (La formation de l'esprit scientifique) que la première chose à faire, pour un chercheur, c'est de se débarrasser de l'impression première, celle qui nous semble « naturelle » car elle représente le premier et donc le plus important obstacle épistémologique à la pensée qui recherche. Si donc au départ, c'est biaisé, tout ce qui suit est « logique » mais en fonction de ce biais.

Donc, quand on regarde avec plus d'attention, de manière globalisante et complexe (sans opposer) la multitude de ces combats pour exister (le racisme, le féminisme, l'écologie, etc,etc,etc) chacun dans une sphère de pensée qui semble pourtant différente, pour moi on retrouve aux intersections, toujours le même fil : la lutte des classes !

Certes les classes depuis se sont métamorphosées, effilochées, diversifiées mais cela reste absolument et uniquement de la lutte de classe ! Les individus racisés luttent contre la classe des racistes, les Femmes luttent contre la classe du patriarcat, etc, etc et ETC. Soyons francs, tous ces combats sont plus que légitimes mais...de là à penser et à comprendre pourquoi l'un ou l'autre serait prioritaire...Je m'y perds plus qu'autre chose ! Comment penser que si on règle le problème du racisme ou celui des féministe en premier, le monde va changer au regard de l'urgence et de la nécessité présente ?

Le meilleur exemple se retrouve dans l'écologie. Aujourd'hui plus personne ne peut dire, même si c'est juste pour la parade, que ce n'est pas une grand priorité sociétale et planétaire. Si nous ne produisons pas autrement et autre chose, si nous ne consommons pas autrement et autre chose, donc si nous ne changeons pas diamétralement notre société (car nous parlons de ce qui fait l'idéologie unique en vigueur, la production, l'échange et la consommation des marchandises), de plus en plus de monde sait que cela sera plus qu'un échec, cela sera une faillite. Donc, voyez comme on y revient, la lutte des classes reste toujours et encore entre ceux qui produisent et les détenteurs privés des moyens de production !

Notre seule erreur de compréhension c'est de ne pas penser finalement que tous ces combats sont les mêmes. Sans compétition des uns contre les autres, avec cette nouvelle philosophie, le racisme et le féminisme, par exemple, et même le terrorisme auraient beaucoup moins de points d'ancrages idéologiques. Et c'est en lien aussi par exemple avec la montée du populisme. Quelque soit les nations que vous prenez, il se nourrit même s'il ne cherche lui aucunement à y répondre, de la réalité sociale d'un monde où pour vivre encore tranquillement, les détenteurs privés de moyens de production nous opposent les uns aux autres et nous écrasent.

Essayons d'être plus intelligents qu'eux en nous débarrassant de l'impression première que nos combats sont si différents que cela...

La lutte des CLASSES, C'est bien le fil d'Ariane de l'Humanité !

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