Comment dépasser l'église capitaliste et financière ?

Cette question, alors que cette idéologie vient de démontrer une incompténce criarde à régler une crise mondiale, est plus que pertinente. Mais comment construire le monde d'après si chacun, individuellement, ne prend pas conscience qu'il est aussi une partie de problème et donc une partie de la solution aussi. Nous sommes tous ou presque des croyants de cette église à l'idéologie destructrice!

En ces temps de crise où ce système mondial a montré clairement son incapacité à gérer une crise...Mondiale, la question sur le monde d'après est plus que légitime.

 

Mais comment faire ?

 

Suffit-il de construire des propositions, de dire sa colère contre un système qui tue notre avenir ? De manifester ?

 

Si c'était aussi facile, soyons sérieux, cela fait longtemps que nous aurions entrepris le dépassement de cette idéologie dominante et destructrice.

 

Le mot « église » du titre n'est pas du hasard. Comme toute « église » le capitalisme a besoin de « croyants » pour se maintenir. Et, si malgré sa nocivité, il résiste encore, c'est qu'il dispose toujours d'une majorité de croyants : NOUS !

 

Attention, l'idéologie dominante est si imprégnée dans nos cerveaux (« le terrorisme intellectuel ») que ce n'est pas pour l'ensemble de ceux qui la combatte une chose consciente que de le soutenir encore et toujours ! Pourtant, sans croyants, cette église serait déjà du passé !

 

C'est pour cela qu'il est difficile de dépasser le capitalisme financier, nous faisons partie de ce système et nous ne le voyons pas. Car, lutter contre lui, signifie aussi lutter contre nous-même et, finalement, embourgeoisés que nous sommes, nous ne sommes plus capables de nous faire vraiment « mal au ventre » pour essayer d'avancer. En fait, la paresse intellectuelle nous fait dire que : c'est toujours la faute aux autres ! Le problème c'est que pour les autres, les autres...C'est NOUS !

 

D'ailleurs, alors que cela fait plus de 100 ans que l'on se bat contre cette idéologie, elle n'a jamais été aussi dominante ! Se battre « contre » sans percevoir que nous sommes tous une partie de la solution et donc du problème (même moi d'ailleurs), on le voit bien, est largement contre-productif. Se battre « contre » un système, même si c'est inconscient, que nous faisons tous vivre est paradoxal et ne peut donc mener nulle part à l'exception de la folie !

 

Il faut donc nous intégrer nous-même dans la problématique. Cette prise de conscience nous permettra alors de mesurer qu'il faut se battre « avec » cette idéologie pour que nous puissions nous aussi voir plus loin que « c'est la faute aux autres ».

 

En effet, si nous ne pouvons imaginer que toute « liberté » collective consentie (la démocratie, la vrai) pour améliorer notre monde, ne peut se construire qu'avec une certaine limite consentie de notre « liberté » individuelle, nous serons toujours en échec.

 

Un exemple parmi d'autres : si nous voulons diminuer la pollution de nos villes, il faut développer des transports en commun propres et desservants l'ensemble des usagers. Mais, il faudra aussi que l'on abandonne notre voiture ! Cela ne doit pas être une imposition ou l'augmentation du gas-oil qui doit faire cela, mais bien la concomitance d'une offre collective et performante de transport avec une prise de conscience que la « liberté individuelle » de polluer nuit à l'ensemble de la société y compris à nos propres enfants.

 

Pour dépasser l'église capitaliste et financière, il faut arrêter d'y croire et se battre « avec » nous même  pas « contre » nous même !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.