Croire en l'humain comme une nécessité vitale

Beaucoup d'essais ou pamphlets sur la violence de l'homme, l'inégalité des sociétés, l'oppression ou l'intolérance finissent par un rituel message d'espoir sur la puissance de la raison face à l'obscurantisme, l'espérance d'un futur enfin apaisé. Soit, l'homme ne peut vivre sans espoir. Il est bienséant d'invoquer l'espérance en appelant à un nouvel âge pacifié, ou chacun se soucierait de l'autre. Mais l'exercice consciencieux et attentif de la raison est un voyage terrifiant au bout de la nuit, suivant le titre du roman de Céline, que peu osent affronter.

Beaucoup d'essais ou pamphlets sur la violence de l'homme, l'inégalité des sociétés, l'oppression ou l'intolérance finissent par un rituel message d'espoir sur la puissance de la raison face à l'obscurantisme, l'espérance d'un futur enfin apaisé. Soit, l'homme ne peut vivre sans espoir. Il est bienséant d'invoquer l'espérance en appelant à un nouvel âge pacifié, ou chacun se soucierait de l'autre. Mais l'exercice consciencieux et attentif de la raison est un voyage terrifiant au bout de la nuit, suivant le titre du roman de Céline, que peu osent affronter. En toute lucidité, l'homme est desespérant pour quiconque se réclame de l'esprit des Lumières qui prône tolérance, liberté, égalité, fondant ainsi une morale post-chrétienne. Pour ne parler que du XX éme siècle, la boucherie de la guerre de 1914-18, loin d'être la "der des ders" ne fut que le prémisse du gigantesque massacre de 50 millions d'individus entre 1939 et 1945, hommes, femmes, enfants.

Tout a été dit mais personne n'écoute.

Rien n'avait été retenu de l'histoire. Au nom d'une idée imbécile et absurde qui faisait des juifs, des tsiganes et autres sous-humains désignés, les coupables de tous les maux, le régime nazi a massacré de manière industrielle plusieurs millions de personnes. les génocides se sont succédés, massacres des arméniens en 1915, crimes des khmers rouges de 1975 à 1978, boucheries inter-ethniques au Rwanda en 1994. Et on en oublie, pardon aux millions d'êtres humains passés au fil de l'arme blanche, de la bombe atomique, des armes conventionnelles. Et aujourd'hui des drones armés. La force du pessimiste ou de l'observateur lucide est de ne pas être surpris par les considérables capacités de violence, de haine, d'intolérance de l'être humain.  Les périodes de paix ne sont que de simples intermèdes de tolérance, liberté, égalité. Aujourd'hui, tout est prêt pour un nouvel âge de violence. Sociale, avec les effets indirects mais bien réels de la prochaine explosion d'une bulle financière spéculative, l'exacerbation avuegles des tensions inter-ethniques, la poursuite des inégalités. A cela s'ajoute la rapide montée en force d'une société "uberisée" qui attaque de front les anciennes activités, l'internet des objets, la robotisation, sans que l'éthique ait progressé d'un iota. Aucun recul sur la portée des innovations, au seul service d'un monde libéralisé économiquement à outrance. Portons le regard sur les conflits au Moyen-Orient, l'attitude d'Israel qui est passé de victime à oppresseur, les attentats absurdes à Charlie-Hebdo en janvier 2015, l'interprétation obscurantiste d'un Coran qui prône un respect absolu et littéral, mal assimilé, à un texte religieux qui date du VII siècle. Rien n'incite objectivement à l'optimisme. Seul un krach majeur, une claque magistrale dont nul ne peut prédire l'ampleur fera de nécessité vertu pour reconstruire une nouvelle façon de vivre paisiblement ensemble. Jusqu'au prochain krach qui rebattra à nouveau les cartes car le fort, entendu comme un individu, une classe, un groupe, une ethnie, un pays, dominera toujours le faible, et par tous les moyens, du plus subtil au plus primaire.  Libre à chacun de faire l'autruche et de continuer à croire, ou de tenter de penser, ce qui est moins confortable.

Voir pour aller plus loin, cette vidéo avec Yves Paccalet , sur son pamphlet "L'humanité disparaitra ..." qui n'est pas une thèse eschatologique mais une réflexion dérangeante et profonde sur l'humain guidé par une sombre trinité: sexe, territoire, hiérarchie.

La présence humaine détruit les espèces animales:Voir cet article de Médiapart http://www.mediapart.fr/journal/international/270615/la-sixieme-extinction-de-masse-commence

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