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Billet de blog 20 avr. 2014

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Finkielkraut, une pensée transie et stérile

Ce qui est nouveau n'est pas forcément souhaitable. A partir de ces prémisses, Finkielkraut pousse le raisonnement et met au rebut tout ce qui change, dans tous les domaines.

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 Son premier coup de trompette médiatique et populiste  a lieu en 1995, après le conflit bosniaque à propos du film "Underground" d'Emir Kusturica. "Finkie" y dénonce, dans une tribune du Monde, une œuvre pro-serbe et accuse son auteur d'être nostalgique de la Grande Serbie, en ces termes: " En récompensant Underground, le jury de Cannes a cru distinguer un créateur à l'imagination foisonnante. En fait, il a honoré un illustrateur servile et tape-à-l'œil de clichés criminels ; il a porté aux nues la version rock, postmoderne, décoiffante, branchée, américanisée, et tournée à Belgrade, de la propagande serbe la plus radoteuse et la plus mensongère. ".   Face aux remarques ironiques de Kusturica, Finkielkraut tente alors de se justifier dans un entretien à Libération en admettant qu'il n'avait pas vu le film. Car c'est sa marque de fabrique, Finkielkraut juge très souvent sans avoir vu, ni expérimenté.

En 2005, son fiel vise les noirs et les arabes, trop nombreux selon lui dans l'équipe de France de football, et ajoute, dans une interview au journal israélien Haaretz: "En France, on a tendance à réduire ces émeutes à leur dimension sociale, de les voir comme une révolte des jeunes des banlieues contre leur situation (…). Le problème, c'est que la plupart de ces jeunes sont des noirs ou des Arabes avec une identité musulmane." .

Moins connue, sa critique radicale d'Internet en 2009, dans cette émission d'Arrêt sur image , que notre philosophe ne connaissait pas à l'époque, comme il l'a reconnu face à Daniel Schneidermann.  "Internet est voué à une surenchère, qui lui est antérieure, mais le processus est accéléré par les nouvelles technologies."Finkielkraut dénonce aussi la possible dérive totalitaire d'internet, où tout le monde sera surveillé par tout le monde." 

Aujourd'hui, pas de répit pour Finkielkraut. Tout a son obsession de l'immigration d'origine arabe, "Finkie" continue d'assener des pseudo-vérités, sans les vérifier. Commentant doctement la victoire du FN à Villers-Cotterêts en mars 2014, il explique que si la population a voté pour le candidat bleu-marine, c'est que la maison de l'instituteur est devenue une mosquée, le restaurant un kebab, la boucherie serait halal. Or, il n'y rien de tel dans cette commune.

Le nouvel académicien donne l'image d'une pensée rancie et frileuse, pétrie de haines recuites, celle que l'on trouve de manière moins construite dans les électeurs du FN.  Bruno Gollnisch ne s'y est pas trompé qui salue, en avril 2014 dans Le Figaro "les évolutions heureuses de la pensée de l'ex-militant gaucho-maoïste".  La suite ne devrait pas tarder et nous surprendre.

Sur le poids de Finkielkraut dans les médias et sa vindicte contre Aude Lancelin, voir cette émission d'Arrêt sur images.

Mise à jour du 18/2/2019:

Rappel utile, le 16 avril 2016, Alain Finkielkraut assiste à quelques prises de paroles lors de l'assemblée générale de Nuit debout, avant de visiter plusieurs stands de la manifestation. Alors qu'il s'éloigne, il est pris à partie par une quinzaine de manifestants qui le huent, l'insultent et lui demandent de « se casser », ce à quoi il répond par des insultes et menaces. En mai 2016, Finkielkraut déclare sur radio RCJ parlant de l'élection du maire de Londres d'origine pakistanaise, Sadiq Khan "cette image de la victoire du musulman pauvre sur le juif riche me laisse un goût amer". Le 16 février 2019, il est insulté près de chez lui aux cris de « sale sioniste », « raciste » et « fasciste ».

Le parcours médiatique de Finkielkraut est une suite de provocations contre l'étranger défendant l'image mythifié du blanc menacé par le péril islamique. Dans l'émission Réplique qu'il anime sur France Culture, il a offert une tribune au provocateur identitaire Renaud Camus, auteur de la théorie inepte et raciste du grand remplacement. En bref, du remplacement des blancs catholiques par les musulmans.

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