Difficultés relatives à l'enseignement de l'hisoire

Réfléchir à l'enseignement de l'histoire c'est d'abord tenter d'en mesurer, sans prétendre l'épuiser, sa déconcertante complexité.

Une difficulté qu'il faut affronter: le choix des contenus ou le choix de tel contenu plutôt qu'un autre est lui-même historique, voire idéologique, et à ce titre devrait s'accompagner d'un éclaircissement historiquement rigoureux: par exemple il n'est pas rigoureux de justifier "la restauration" du roman national comme réponse à une "société en crise" : en quoi notre société est-elle plus ou moins en crise que les précédentes, et pourquoi appeler restauration ce qui est une innovation ? Il s'agit de réveiller la fibre nationaliste, d'encourager par stratégie politique ou politicienne le repli identitaire, cet os à ronger jeté par Sarkozy pour faire oublier la misère et l'ignorance.

Autre difficulté: moraliser les phénomènes historiques, les exalter, les idéaliser: comment s'en empêcher? l'histoire ne s'abreuve-t-elle pas, de l'aveu même des plus remarquables historiens , à la littérature?

Que serait d'ailleurs l'histoire sans la littérature? Mais aussi sans les autres branches artistiques?

Comment réduire l'histoire à des commentaires "objectifs" induits d'une lecture critique de documents  soumis à l'épreuve des faits?

Quelle place tient la raison dans l'histoire quand la psychanalyse  en particulier, a discrédité le rationalisme: comment ces deux sciences humaines qui sont toutes deux sujets et objets du savoir, ont chacune leur place dans le champ anthropologique?

Comment dissocier l'histoire des faits de leur représentation? le positivisme à l'imaginaire?

 La fiction n'a-t-elle pas des vertus plus historiques que l'histoire?

l'histoire raconte, rassemble les récits du passé depuis l'époque de l'écriture jusqu'à la nôtre:comment la découper sans parti pris?

Aucune autre discipline n'appelle autant de questions-Elles sont loin d'être exhaustives-

Aucune autre discipline ne recouvre autant connaissances différentes.

Aussi ne vaut-il pas mieux commencer par l'histoire du pays où l'on vit assorti de sa géographie,  sans cocorico, sans hagiographie, mais sans perdre de vue que l'enseignement est indissociable d'une conception humaniste du monde et sans doute le professeur d'histoire , à défaut de doter des enfants , des préadolescents, des adolescents d'une conscience historique, ce qui est improbable,  peut leur transmettre une représentation de l'humain qui les rendent sensibles à la nécessité de résister aux dévoiement du  numérique.   

  

    

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