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Billet de blog 10 janvier 2015

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Pourquoi tant de haine ?

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Quand on hait l’autre c’est que l’on ne se connait pas soi-même !

En effet, pourquoi hait-on l’autre pour se protéger soi quand on sait que soi n’est rien sans l’altérité ?En général ce sentiment  de haine enfouie ne peut durablement s'exprimer que quand il y a un récepteur qui le permet. Et ce récepteur n’est pas l’autre mais l’appartenance de celui qui hait à un groupe. Il faut toujours une condition d’expression grégaire pour que les haines individuelles puissent jaillir comme la lave incandescente contenue dans un volcan en silence. La haine n’est rien lorsqu’elle n’est pas soutenue par la haine. Il nous arrive souvent de dire à un semblable : je te hais, sans que cela ait la sémantique inacceptable de la haine insidieuse. C’est ainsi que des grandes colères tombent souvent aussi vite qu’elles sont apparues, que des grandes menaces restent toujours des menaces jamais réalisées. Mais lorsque cela dépasse le stade individuel, et que la gangrène gagne plus d’un, alors la haine dévient incisive et sa conquête permanente jusqu’au jour où le plus grand nombre adhère à sa folie pour que l’ouragan qu’elle soulève, balaye tout sur son passage. Et le nombre a toujours eu pour effet de banaliser les actions les plus atroces et les plus inhumaines car la minorité perd ainsi son humanité et est relayée au stade d’animal ou de chose dont la destruction n’atteint ni les consciences ni les âmes.  Certaines guerres et certains génocides du passé sont là pour en témoigner.

Par conséquent, quelle peut être notre responsabilité face à la haine grandissante ? Quel doit être notre comportement ? Les mouvements de haine ont rarement plusieurs cibles exécrées à la fois. C’est ainsi que nous ne devons jamais nous sentir en dehors de la partie haïe et nous murer dans un silence coupable ou une inaction lâche. Car aussi bien la haine peut grandir, la volatilité des frontières de la partie exécrée peut s’avérer arbitraire et incontrôlée. Et cette haine peut donc finir par nous ratrapper. Comme disait  Charles-Louis de Secondat, dit Montesquieu, «  Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous ». C’est pourquoi j’en appelle à notre responsabilité collective de sursoir à toutes querelles partisanes, religieuses, claniques, politiques pour qu’ensemble nous soyons toujours plus nombreux que ceux qui peuvent nous haïr. Nous nous devons de toujours être du côté de ceux que jamais nous ne déconsidèrerons en raison de notre imperméabilité même à la haine. Il est encore temps d’agir ensemble, avant qu’il ne soit trop tard. La dialectique et la pédagogie face à la haine ne sont jamais simples, et l'argumentaire jamais aisé, mais on peut toujours permettre à un voisin qui n’a pas encore perdu la raison, de ne jamais la perdre.

Une folie meurtrière est en train de s’emparer de la race des Hommes et le mot est faible. L’homme ne croit plus en rien, même plus au caractère sacré de sa propre vie, uniquement à cause de la haine. Il est donc justifié de lui enlever sa qualité d’homme. Car à son image d’homme vil, d'homme animal, il est en train de transformer Dieu en une chose qu’il aurait réinventée pour la légitimation de ses turpitudes les plus atroces. Cette violence ne peut trouver aucune justification ni religieuse ni idéologique. Il s’agit sans équivoque d’une haine transmuée en sauvagerie.

Qu’avons-nous fait pour en arriver à cette situation de haine avouée, banalisée, maintenant manifestée au travers de partis extrémistes, de groupes extremistes et terrosristes ? L’extrémité d’une chose matérielle n’a jamais prévalu comme endroit le plus protecteur que quand le centre est vu comme dangereux. Nous nous devons donc de nous poser cette impérieuse question : pourquoi certain d'entre nous se rabattent-ils sur l'extrême qui leur semble le lieu beni de leur salut ?

Des hommes se sont aujourd'hui départis de leur humanité et veulent assassiner le reste de l'humanité pensante et morale. Au delà de proteger les libertés fondamentales, la liberté d'expression, la République, la liberté tout court, ceux qui se font aujoud'hui exécuter à travers le monde ne protégeaient que cette humanité. Ensemble nous devons continuer ce combat.

Alors il incombe donc à tous ceux qui aspirent au maintien du Tout, de chercher les solutions pour réinventer l’avenir pour que notre unité ne fasse plus peur mais qu’elle soit protectrice. La justice et l'égalité doivent être au centre de toutes nos considérations. Il faudra redonner une part prépondérante à la chose publique, pour qu’elle puisse contenir nos peurs et nos inquiétudes. Il faudrait qu’elle redevienne la voix des sans voix. Il faudrait également qu’elle redevienne l’épaule sur laquelle, la veuve, l’orphelin, le pauvre, le sdf, le malade, l’ouvrier, le sans emploi pourront pleurer sans jamais être stigmatisés comme des vermines sociales mises au ban de toute considération humaine.

Alors nous serons nous, et nous sauverons notre humanité !

SMA SIDIBE

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