Si j'étais Jean-Luc Mélenchon

Chers ami(e)s insoumis(e)s, Les gens, Qu’il vous plaise en cet entre-deux-tours de la présidentielle, de recevoir mes excuses les plus sincères, de vous avoir livrés à la vindicte des bien-pensants ainsi qu’à ce lynchage médiatique d’un autre temps, pour n’avoir pas su illico, pas osé vous intimer l’ordre, vous donner injonction à n’avoir aucun choix lors de votre vote du dimanche 7 mai.

Chers amis insoumis(e)s,

Les gens,

Qu’il vous plaise en cet entre-deux-tours de la présidentielle, de recevoir mes excuses les plus sincères, de vous avoir livrés à la vindicte des bien-pensants ainsi qu’à ce lynchage médiatique d’un autre temps, pour n’avoir pas su illico, pas osé vous intimer l’ordre, vous donner injonction à n’avoir aucun choix lors de votre vote du dimanche 7 mai.

Mais ces admonestations justifient pleinement à elles seules la méconnaissance ou le déni de ce vaste mouvement populaire que nous avons su crée ensemble, après un juste constat des dangers que tant d’irresponsabilités politiques font planer chaque jour, chaque instant sur notre belle République depuis quelques années. Le socle unificateur de ce mouvement dont nous devons être fiers, a toujours été non seulement un désir d’avenir en commun, mais surtout que nous saurons tracer ensemble dans la confiance, la règle commune de notre action.  Et voilà qu’on aurait aimé que vous ne fussiez pas consultés, rendant même incohérent tout ce qui nous uni et qui fait que beaucoup d’entre vous qui aviez définitivement tourné le dos à la politique avez repris confiance en une espérance nouvelle. Vous avez ainsi acquis l’assurance qu’ensemble nous avions la force de construire une société nouvelle débarrassée de tous ces maux, de toutes ces dérives qui empêchent le vivre ensemble et une vraie humanité partagée dans la paix avec les autres nations.

Comme disait Jaurès, la République c’est concilier la liberté et la loi, le mouvement et l’ordre ; accepter de se combattre sans se déchirer ; sans que nos divisions n’aillent à jamais jusqu’à une fureur chronique de guerre civile. Mais voilà que nous risquons de sortir aux lendemains de ces élections avec une division, une telle fracture sociale que nous sommes loin d’imaginer, tant certains d’entre nous ont accepté  soit par soucis de privilège, soit par manque de courage nécessaire, la banalisation d’un monstre qui au demeurant risque de dévorer les valeurs les plus élevées de notre démocratie. Il nous souvient d’avoir été nous-même traités, pendant ces campagnes d’être aussi dangereux sinon pire que le FN. Vous rendez-vous compte de l’inconséquence !

Jamais nous n’avons cessé de combattre le FN, et nous continuerons à le combattre jusque dans son dernier retranchement, car telle est aussi la promesse que nous nous sommes faite. C’est pourquoi il était à mon sens nécessaire qu’à l’entame même de ces consultations nous insistions sur le « PAS UNE VOIX POUR LE FN » sans ce que cela n’ait un fond d’injonction sibylline.

Cependant, les premiers résultats de ces consultations montrent que vous êtes nombreux à être en colère au point de vous abstenir de tous votes ou au mieux d’exprimer un vote blanc ou nul. Ce choix que je respecte ne peut en aucune manière être qualifié d’indigne, au regard de la décrépitude du contrat social qui était le nôtre et dont nous étions jadis si fiers par-delà le monde. Macron n’a pas besoin de nous pour gagner ces élections, car infatué de son succès à l’instar de tous ceux qui en ont été ses chantres depuis des mois. Pourtant je voterai pour lui et je mesure le poids du supplice que je vous demande là en vous suggérant d’en faire autant, non pas que nous adhérions à cette vision sociétale qui est au antipode de nos convictions humaines, mais parce que nous plaçons les restes de notre République tant amoindrie au faîte de toutes nos préoccupations.

Notre enthousiasme et la vigueur de notre combat ne doivent pour autant pas être altérés par ce choix même si douloureux qui doit au contraire nous inciter à redoubler d’effort pour les prochaines législatives de sorte que nous puissions amorcer malgré tout le virage vers cet Avenir en Commun. Allez les gens, des beaux jours nous attendent même s’ils semblent tarder à poindre !

 Avec mes considérations insoumises

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