Le coton provenant des camps de travail du Xinjiang pourrait être arrivé en Occident

Selon un rapport récent, 84% de la production de coton de la Chine, y compris le coton exporté, provient du Xinjiang, et une partie du coton et des produits à base de coton en provenance de Chine a été produite à l'aide de main-d'œuvre non éthique, y compris pour ceux qui ont pénétré le marché international.

Cet article a été publié originellement en anglais le 28 août 2019 par ChinaAid (对华援助协会). Pour accéder à la version originale : https://www.chinaaid.org/2019/08/cotton-from-xinjiangs-labor-camps-could.html

Pour maintenir une certaine stabilité dans la région, le régime y stimule l’emploi en implantant des industries comme celle du coton (ici un saisonnier ouïgour, vers Luntai). Le Xinjiang a fourni 78 % des 6 millions de tonnes produites par la Chine en 2018. - Patrick Wack / LAIF / REA Pour maintenir une certaine stabilité dans la région, le régime y stimule l’emploi en implantant des industries comme celle du coton (ici un saisonnier ouïgour, vers Luntai). Le Xinjiang a fourni 78 % des 6 millions de tonnes produites par la Chine en 2018. - Patrick Wack / LAIF / REA

Initiative du pouvoir citoyen pour la Chine, une ONG basée à Washington D.C. qui lutte pour la démocratie en Chine, a publié un rapport sur la manière dont la Chine utilise le travail forcé des goulags pour produire du coton destiné à l'exportation.

Le rapport, intitulé "Le coton: le tissu du mensonge" (ci-après dénommé le "coton"), indique que 84% de la production de coton de la Chine, y compris le coton exporté, provient de la région chinoise du Xinjiang, une région connue pour avoir emprisonné à tort des millions de membres de ses minorités ethniques dans un grand réseau de prisons, que le gouvernement qualifie de «camps de rééducation». Les prisonniers ont souvent été ciblés uniquement pour leur appartenance ethnique ou leur religion musulmane et sont souvent affamés, torturés et soumis au lavage de cerveau, et ne sont mieux traités que s'ils manifestent une allégeance au Parti communiste chinois. Les survivants du camp ont également mentionné que certaines prisonnières reçoivent une pilule qui arrête leurs cycles menstruels, ce qui laisse penser que le gouvernement chinois tente de les stériliser. Comme de nombreux membres de la famille sont souvent emprisonnés simultanément, le gouvernement chinois place des enfants, qui n'ont pas de parents directs, dans des orphelinats gérés par l'État, où ils sont obligés de parler le mandarin au lieu de leur langue maternelle et où leur est inculquée l’allégeance au Parti communiste.

En dehors du camp, les populations des minorités ethniques du Xinjiang, dont la plupart sont musulmanes, se sont vus interdire d'exercer des activités ordinaires de la vie courante, telles que porter des vêtements traditionnels musulmans ou adhérer à un régime halal.

Cette violente atteinte à la vie humaine et à l’identité est l’un des critères du génocide énoncés à l’article 2 de la Convention des Nations Unies sur la prévention et la répression du crime de génocide.

Les entreprises chinoises, les témoins directs et le gouvernement chinois ont tous déclaré que les camps du Xinjiang, impliqués dans la production de coton, forcent les prisonniers à travailler dans la fabrication de coton, selon le rapport Cotton. Cela signifie qu'au moins un pourcentage du coton et des produits à base de coton en provenance de Chine a été produit en dehors de toute éthique, usant de façon immorale de main d’œuvre en captivité , y compris pour la production qui a pénétré le marché international.

«Parce que le travail forcé est très répandu dans le Xinjiang, il est très difficile de séparer l’économie du travail forcé du Xinjiang de son économie normale », dit le rapport. "Sur la base de nos conclusions, les gouvernements, les entreprises et les consommateurs devraient présumer que tout produit en coton provenant de Chine est un produit du goulag chinois du coton. »

C’est pourquoi, ChinaAid encourage fortement les entreprises internationales à cesser d'acheter du coton en provenance de Chine, jusqu’à ce qu’ils puissent s’assurer que le produit a été fabriqué conformément à l’éthique et que leur argent ne contribue pas au génocide en cours des minorités du Xinjiang.


A propos ChinaAid (对华援助协会)

ChinaAid dénonce les abus afin de se solidariser avec les persécutés et de promouvoir la liberté de religion, les droits de l'homme et la primauté du droit.

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