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Billet de blog 28 juil. 2019

La Chine sépare délibérément les familles ouïghours du Xinjiang

Selon une nouvelle étude de la BBC, la Chine sépare délibérément les enfants musulmans de leurs familles, de leur religion et de leur langue dans la région la plus à l’ouest, le Xinjiang. Les archives montrent que dans une seule commune, plus de 400 enfants ont perdus non seulement un, mais les deux parents, sous une forme ou une autre d'internement, dans les camps ou en prison.

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Cet article a été publié originellement en anglais le 5 juillet 2019 sur le site International Observatory Human Rights par Sofia Svensson. Pour accéder à la version originale :https://observatoryihr.org/news_item/china-is-deliberately-separating-uyghur-families-in-xinjiang/

S'appuyant sur des documents accessibles au public et sur des dizaines d'entretiens avec des membres de la famille à l'étranger, la BBC a rassemblé certaines des preuves les plus complètes à ce jour sur la situation des enfants dans la région. Parallèlement aux efforts visant à transformer l’identité des adultes du Xinjiang, les preuves suggèrent une campagne parallèle visant à retirer systématiquement les enfants de leurs racines.

«Je pense que les preuves de la séparation systématique des parents et des enfants sont une indication claire que le gouvernement du Xinjiang tente de former une nouvelle génération coupée des racines originales, des croyances religieuses et de leur propre langue», a déclaré à la BBC le Dr Adrian Zenz, un chercheur allemand largement reconnu pour avoir exposé toute l'étendue des détentions massives de musulmans adultes par la Chine dans le Xinjiang. "Je crois que les preuves montrent ce que nous devons appeler un génocide culturel.”

La recherche montre que les enfants sont conduits dans des écoles sécurisées grâce à des «mesures de gestion d’isolement strict». De nombreuses écoles disposent de systèmes de surveillance complets, d'alarmes périmétriques et de clôtures électriques de 10 000 volts, certaines dépenses de sécurité scolaire dépassant celles des camps de rééducation pour adultes.

Tout comme dans les camps, il existe maintenant un effort concerté visant à éliminer l’utilisation de l’ouïghour et d’autres langues locales dans les locaux de l’école. Les règlements de chaque école prévoient des punitions strictes et basées sur des points pour les étudiants et les enseignants s’ils parlent autre chose que le mandarin pendant leurs études.

La BBC a interrogé plus de 60 personnes en exil en Turquie, qui ont partagé leurs témoignages déchirés par le chagrin et les détails de la disparition de plus de 100 enfants dans le Xinjiang. Pour ces Ouïghours, le retour chez eux signifie une détention presque certaine. Les contacts téléphoniques ont été coupés - même parler à des parents à l'étranger est maintenant trop dangereux pour ceux du Xinjiang.

«Je ne sais pas qui s'occupe d'elles», a déclaré une mère, montrant du doigt une photo de ses trois petites filles, «il n'y a aucun contact.» Une autre mère, tenant une photo de trois fils et d'une fille, a déclaré «J'ai entendu dire qu'ils avaient été emmenés dans un orphelinat.»

Les Ouïghours, l’ethnie la plus nombreuse du Xinjiang et à majorité musulmane, se sont retrouvés piégés après que la Chine ait commencé à détenir des centaines de milliers de Ouïghours et d’autres minorités dans des camps gigantesques. Plus d'un million de personnes ont fait l'objet d'une détention illégale et ont été contraintes de vivre dans des camps de rééducation. Les autorités chinoises ont déclaré que les Ouïghours étaient formés dans des "centres de formation professionnelle" afin de lutter contre l'extrémisme religieux violent. Mais les preuves montrent que beaucoup sont en détention pour avoir simplement exprimé leur foi - en priant ou en portant le voile.

La Chine a imposé un certain nombre de politiques restreignant les pratiques religieuses et culturelles des Ouïghours dans la province du Xinjiang. À Karamay, une ville du Xinjiang, les hommes barbus ont été interdits de monter à bord des bus, le port du voile a été interdit aux femmes, les femmes et les moins de 18 ans sont interdits d'entrer dans les mosquées, le jeûne est interdit aux employés du gouvernement et aux étudiants, et l'étude du Coran, même dans un cadre privé, est interdite.

À la suite de l'Examen Périodique Universel de la Chine lors de la 40ème session du Conseil des droits de l'homme à Genève, Lord Ahmad de Wimbledon a publié une déclaration dans laquelle il a déclaré:

«Je suis très préoccupé par la situation des droits de l'homme au Xinjiang, y compris par les camps de rééducation, par la surveillance généralisée et les restrictions visant les minorités ethniques, en particulier les Ouïgours. Le Royaume-Uni et nombre de nos partenaires internationaux ont clairement indiqué lors de l'EPU de la Chine qu'il s'agissait d'un problème prioritaire.»

Les atteintes à la liberté de religion en Chine se poursuivent principalement parce que les autorités considèrent la religion organisée comme une menace vis à vis la loyauté du Parti. Cependant, les récentes mesures de répression ont vu les autorités chinoises pousser les violations des droits de l'Homme vers de nouveaux sommets. En mai dernier, la Commission des États-Unis sur la liberté de religion a classé la Chine parmi les pires pays au monde en matière de liberté religieuse.

Plus tôt cette année, l’Observatoire International des Droits de l’Homme a publié «Un appel téléphonique sans réponse: une histoire personnelle de la persécution des Ouïghours en Chine», rédigé par Aziz Isa Elkun, secrétaire du Centre PEN Ouïghour. Il vit en exil à Londres et s’est vu refuser un visa pour assister aux funérailles de son père et n’a pas été en mesure de parler ou de communiquer avec sa mère ou n’importe quel autre membre de sa famille qui se trouve toujours au Xinjiang.

Aziz a déclaré à l'OIDH: «Il ne fait aucun doute que de nombreuses formes de génocide ont lieu dans la patrie des Ouïghours, au Turkestan oriental. Le gouvernement chinois est en train de commettre l'un des pires crimes contre l'humanité de ce siècle et de nombreuses preuves montrent que des centaines et des milliers d'enfants Ouïghours sont séparés de leurs parents, du fait que les parents ont été détenus arbitrairement, enfermés ou sont morts dans des camps de concentration chinois.»

«On estime maintenant à plus de 3 millions le nombre d'Ouïghours emprisonnés dans des camps de concentration chinois. Le taux de mortalité dans les camps est également en augmentation constante. Quiconque se rend coupable de crimes aussi odieux, y compris le dictateur chinois Xi Jinping, doit être puni conformément au droit international. La priorité absolue est maintenant de sauver le peuple Ouïghour avant qu’il ne soit trop tard. Par conséquent les peuples bienveillants du monde qui se soucient de l’humanité doivent se lever, dire NON à la Chine et agir maintenant! », a déclaré Aziz.

Cette année, l'OIDH a également soutenu une manifestation organisée par la communauté Ouïghour britannique devant l'ambassade de Chine à Londres contre la persécution des Ouïghours au Xinjiang.

Revolt in London Against China's Cultural Genocide of the Uyghur Community © Valerie Peay

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