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NARCOTRAFIC : LES FAITS CONTRE TRUMP
TF1 et les autres chaînes d'information n'iront surtout pas vérifier les données des organisations compétentes dans le narcotrafic. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport 2025 concernant les « …principaux pays identifiés comme sources et destinataires finaux ou intermédiaires des expéditions de cocaïne, d’après les saisies signalées, 2020-2023 » :
1 ) ne mentionne pas le Venezuela parmi ces pays
2) le signale comme un pays « non considéré parmi principaux pays sources ou de transit ».
Le journal l'Humanité a consulté le site de la DEA (l'agence étasunienne de lutte contre la drogue) relevant ainsi que : "l'agence n’apporte non seulement aucune preuve d’une quelconque intervention du gouvernement vénézuélien mais même aucune mention dans les activités des cartels de la drogue. Au contraire, ce pays apparaît comme parmi les moins impliqués dans ce genre d’activités, loin de la Colombie, le Pérou, le Mexique, Équateur, la Bolivie".
Oui cela aurait été dommage pour tous nos chiens de garde des médias de masse de communiquer sur ces éléments factuels et de ne pas nous transmettre les éléments de langage dictés par l'Oncle Sam. Maintenant que l'excuse du narcotrafic est écartée par la DEA et l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime : entrons dans le vif du sujet pour comprendre pourquoi les USA s'attaquent au Venezuela.
TRUMP : OBJECTIF EXTORSION DES RESSOURCES (et ce n'est pas moi qui le dit, c'est lui en 2024)
Pendant sa campagne électorale, en juin 2024, Trump a déclaré : « Quand j’ai quitté la Maison blanche en 2021, le Venezuela était au bord de l’effondrement. Nous aurions pris le pouvoir et aurions mis la main sur tout ce pétrole, qui se trouvait juste à côté. ». Ça a le mérite d'être clair (et cynique). Mais le Venezuela possède bien d'autres richesses qui font baver d'envie les dirigeants des pays impérialistes : gaz, or, argent, diamants, bois, poissons etc...
L'allié de Trump dans cette volonté de pillage organisé est : Corina Machado. Vous vous rappelez ? Cest elle qui a été désignée "prix Nobel de la paix". Et à y regarder de plus près on se demande bien quels sont les critères du comité ou leur définition du mot "paix". Corina Machado est une opposante de Maduro, elle cherche à le faire chuter depuis 2018. Elle avait demandé, cette année là, de l'aide matérielle à son ami le criminel de guerre Netanyahou, et l'année d'après elle exigeait sur la BBC une intervention étrangère. Que veut réellement Machado ? Je la cite : « Nous ouvrirons le Venezuela aux investissements étrangers [par un] programme massif de privatisation. [...] Pas seulement le gaz et le pétrole. Nous ouvrirons tout, tout, à tous les niveaux. » Elle veut la destruction de l'État providence.
Depuis 2023 le Venezuela connait également une hausse exponentielle de sa production de pétrole : 826.000 barils/jour en 2023, 903 000 barils/jour en 2024 et des estimations à deux millions de barils par jour la fin de 2025 mi 2026. "La Banque Mondiale et le FMI, confirment une croissance du PIB de 4,2 % pour l’année 2024" : le plus élevé d'Amérique Latine. Ce scénario est venu détruire tous les efforts de Trump, dès 2017, pour anéantir l'économie vénezuelienne.
TENTATIVE DE DÉSTABILISATION PASSÉE : UN ÉCHEC
En 2017, Trump signe le décret présidentiel 13808 : "ce décret interdit à tous les pays du monde toute transaction avec l’État vénézuélien, et tout particulièrement avec PDVSA (Petroleos de Venezuela S.A.)". Pour Jeffrey Sachs, économiste, consultant spécial auprès du secrétaire général de l’ONU : "ces sanctions ont eu comme résultat de provoquer la famine dans la population".
Face à cette tentative de déstabilisation, en 2018, Maduro doit trouver d'autres moyens de réactiver l'économie vénezuelienne : en allégeant les procédures de création d'entreprise et d'octroi de crédit bancaires, le nombre d'entrepreneurs atteint plus de 1,3 millions de personnes trés rapidement. Maduro mise sur les petites et moyennes entreprises, le secteur coopératif et l'agriculture pour redresser l'économie du pays.
Ces 6 dernières années, les USA affichaient une mine déconfite en constatant que leurs viles tentatives de déstabilisation avaient échoué. Le groupe étasunien Bloomberg ( groupe américain d'informations financières et économiques ) écrit : « l’économie vénézuélienne se redresse, que les conditions de vie s’améliorent et l’homme fort Nicolas Maduro a réussi à maîtriser l’hyperinflation ». En 2018, l'inflation crevait les plafonds et s'élevait à 833.997 %. Elle est descendu à 69,5 % en 2023 et 46% en décembre 2024, son plus bas indice en douze ans.
MADURO : DE POLITIQUES ANTISOCIALES À LA TORTURE D'OPPOSANTS POLITIQUES
Il me semble important, à ce stade de l'article, d'apporter quelques précisions concernant Maduro : si effectivement il a redressé la situation économique du pays, cet homme d'État n'en reste pas moins un destructeur des conquis sociaux et un criminel adepte de la torture. Notez bien que Trump n'a pas mentionné les points qui vont suivre dans la liste de ses griefs contre Maduro.
Il a promulgué des lois protégeant et favorisant l’enrichissement des investisseurs (y compris étrangers) tout en adoptant des lois antisociales contraires à la Constitution de 1999. La circulaire 2792 du 11 octobre 2018 – publiée par le Ministère du Pouvoir Populaire pour le Processus Social du Travai – "interdit la discussion autour des conventions collectives et demande de réviser les conquêtes salariales établies dans le secteur public et nationalisé."
Le nombre de conflits sociaux a explosé en 2022 : "3 942 conflits recensés durant le premier semestre, dont 1642 autour de la seule question des droits des salariés."De plus la concentration des richesses plonge une grande partie de la population dans la pauvreté. Selon les dernières enquêtes, le taux de pauvreté atteignait 82,8 % des foyers en 2023, dont 50,5 % en situation d'extrême pauvreté : le salaire minimum est compris entre 3 et 4 dollars".
En 2022, des experts de l’ONU dénoncaient sa répression des opposants politiques et l'accusaient de crimes contre l’humanité : "Des hangars, fermes, terrains ou sièges de ministères ont été utilisés par les services de renseignements du Venezuela comme centres de torture clandestins d’opposants au régime de Nicolás Maduro" selon le rapport de la mission d’enquête indépendante de l’ONU.
3 JANVIER 2026 : LE CHOIX DU CHAOS
Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les USA ont bombardé l’aéroport, le port de Caracas, la base militaire de Fuerte Tiuna. Mais aussi d'après le gouvernement vénézuélien : les régions de Miranda, Aragua, et La Guaira, dont des “zones résidentielles de population civile“. Déjà au mois de décembre les États-Unis avaient violé le Droit International selon des experts de l'ONU.
En decembre, Donald Trump avait ordonné le déploiement d'un important dispositif militaire dans les Caraïbes : un blocus naval (ciblant des petrioliers) contre le Venezuela, "accusé de financer le narcoterrorisme." Hors, des experts de l'ONU déclarent le 24 décembre que cette opération est une "agression armée illégale" qui viole les règles du droit international. "Il n'existe aucun droit d'imposer unilatéralement des sanctions par un blocus armé" . C'est "un usage interdit de la force militaire" contre un autre Etat, en vertu de l'article 2 de la Charte des Nations unies, le Venezuela a le droit de se défendre.
Donald Trump, dans l'une de ses premières prises de parole après les bombardements, a affirmé que les Etats-Unis vont « diriger le pays » et y installer des compagnies pétrolières américaines. Sans surprise, le droit du peuple vénézuélien à l'autodétermination n'était pas dans ses priorités : mais bien sûr, vous ne lirez pas cela dans les tweets dithyrambiques et extatiques de Jean-Noël Barrot et Emmanuel Macron. Ils ont tous les deux soutenus ouvertement, en ce 3 janvier, un viol du Droit International au motif, entre autres, que Maduro aurait "confisqué le pouvoir". Ici, en France, nous connaissons un autre Président qui n'a pas respecté le résultat d'une élection en 2024 et pourtant nous ne souhaitons pas voir des bombes pleuvoir sur la capitale.
MÉDIAS FRANÇAIS : UNE PROPAGANDE GROSSIÈRE
Il est temps d'analyser le vocabulaire utilisé par nos médias de masse. Lorsque comme tous les matins, 7 jours sur 7, je fais ma revue de presse, en ce 3 janvier je lisais : "des explosions entendues à Caracas". Pas le mot "bombardement", pas le mot "attaque", non. Seulement le mot "explosion" comme s'il s'agissait d'événements fortuits ou accidentels. Deuxièmeme élément de langage étrange : "le Président Maduro capturé". Maduro n'étant pas sous mandat d'arrêt international : c'est un enlèvement.
Et je tiens à adresser une attention particulière à France Inter . Ce fût une incroyable expérience de lire l'article intitulé "Intervention américaine au Venezuela : une opération de police plus qu'une opération de guerre ?". Début de l'article, je cite : "Même si Donald Trump évoque une attaque à grande échelle, les Américains ont procédé de manière assez classique avec des frappes ciblées." Aucune mention de frappes contre des zones résidentielles de population civile. "Classique" et "frappes ciblées" pour euphémiser l'intervention militaire à coup de bombardements. La fin du premier paragraphe est une leçon de propagande : "Ces soldats vont atterrir dans la capitale, continuer à taper un petit peu sur tout ce qui était défense anti-aérienne, puis se rendre maître de Nicolas Maduro et l'exfiltrer...". Les expressions "continuer à taper un petit peu" et "se rendre maitre de Nicolas Maduro" pour ne pas parler d'attaques, d'invasion, de viols du Droit international, d'enlèvement. Il fallait oser, France Inter l'a fait.
VIOLENCE POLITIQUE : NO LIMIT
Guidés par leur soif inextinguible d'expansionnisme et de pillage des richesses, les États Unis continuent de violer le Droit International, de cibler des civils, d'ingérer dans la politique des pays qui refusent de se soumettre à leur impérialisme. En 2019, lors de son premier mandat, Trump déclarait sa volonté d'annexer le Groenland. En 2024, Trump a manifesté son désir d’annexer le Canada, le canal de Panama et le Mexique. Il a également suggéré d’envahir le Venezuela et de prendre le contrôle de la bande de Gaza.
Il y a quelques jours Trump multipliait les sanctions individuelles contre des personnalités européennes : l’ancien commissaire européen Thierry Breton était interdit de visa et les magistrats qui ont condamné Marine Le Pen en mars dernier ont été menacés de représailles. En d'autres termes : un Président d'une puissance étrangère met une cible dans le dos de juges français et menace ouvertement l'indépendance de la justice.
Et le plus effrayant dans cette montée en puissance de la violence étasunienne reste l'immobilisme voire la complicité des autres puissances impérialistes.
Sources :
https://www.humanite.fr/monde/etats-unis/au-venezuela-le-president-nicolas-maduro-se-dit-pret-a-discuter-de-la-lutte-contre-le-narcotrafic
https://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/WDR_2025/maps/06_Main_intermediate_or_final_recipient_countries_of_cocaine_shipments_as_described.pdf
United Nations office on drugs and crime https://www.unodc.org/pdf/research/wdr_volume1_fr.pdf
https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/deploiement-militaire-bombardements-blocus-total-donald-trump-pret-a-tout-pour-saccaparer-les-richesses-du-venezuela
https://www.franceinfo.fr/monde/venezuela/le-blocus-naval-impose-au-venezuela-par-les-etats-unis-viole-le-droit-international-alertent-des-experts-de-l-onu_7699933.htm
https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-48142847
https://www.contretemps.eu/comprendre-crise-venezuela-maduro/#_ftn9