Dès le 1er janvier à 00h01, une nouvelle tendance à émerger à l'extrême-droite : harceler un nouveau-né. Le premier bébé de l'année est né et il s'appelle Zaïd. C'est l'occasion pour tous les racelards de notre "belle" nation d'étaler leur racisme et leur islamophobie. Lâches, bien planqués derrière leur profil anonyme sur les réseaux sociaux, leurs incitations à la haine raciale et religieuse pleuvent publiquement – d'où le fait qu'il est hors de question de cacher leur pseudo. Le 5 janvier je publie un billet sur le harcèlement raciste et les menaces de mort à l'encontre du nouveau-né Zaïd. Ce billet reprenait notamment des noms de harceleurs identifiés par le média Tajmaât et repris par Contre Attaque. Le lendemain en commentaire, je publie une série de photos des harceleurs identifiés : in extremis, un énergumène sous le pseudonyme " Shõgun Dorian" me répond "tu m'as oublié Gauchiasse" avouant donc de lui-même avoir contribué au harcèlement raciste du petit Zaïd ou à minima soutenir ce harcèlement. Après avoir justifié le harcèlement et les appels aux meurtres d'un nouveau-né au motif que, je le cite : "ses compatriotes arabes ne respectent pas la France", cet énergumène a entamé un discours assimilant tous les Palestiniens à des terroristes afin de justifier leur extermination. Comme si cela ne suffisait pas et en signe de provocation il poste la photo d'un homme blanc qui se tient debout sur le dos de deux hommes noirs afin d'appuyer son idéologie suprémaciste. Malgré la couverture médiatique de cette affaire et la plainte des parents, Aurore Bergé, Ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les DISCRIMINATIONS, n'a toujours pas réagit. Un silence qui en dit long.
Le 2 janvier, nous apprenions dans la presse que la proviseure du lycée MONTGOLFIER à Annonay avait exclue pendant deux mois une élève atteinte d'alopécie pour avoir porté un turban afin de cacher sa perte de cheveux. Alopécie probablement causée par son traitement contre l'épilepsie. La proviseure aurait déclaré : « C’est moi qui décide si c’est un voile » et a rejeté les certificats médicaux en accusant le médecin d'avoir rédigé des certificats de complaisance. Un accusation pouvant entraîner de lourdes sanctions à l'encontre du professionnel de santé. Mais des éléments viennent mettre à mal la version de la proviseure. La lyceenne avait accepté de porter tout accessoire qui pourrait convenir à la direction, ce qui prouve une bonne volonté et l'absence a priori de volonté de marquer une appartenance religieuse : Turban noir ou blanc, bonnet de sport, bonnet de chimio > placé au-dessus des oreilles. La réelle raison de l'exclusion de l'élève semblerait être l'incapacité de l'établissement à prendre en charge ses crises d'épilepsie. Mais plutôt que d'avouer un manquement, la proviseure a instrumentalisé la loi sur la laïcité afin de l'utiliser comme un outil de contrôle social. Ce récit pose une question essentielle : si une adolescente musulmane est atteinte d'alopécie ou sous chimiothérapie, sera t-elle interdite de cacher sa perte de cheveux ?
Le 10 novembre 2025, Majdouline B, infirmière à la Pitié Salpétrière, a été révoquée de ses fonctions à l’issue d’un conseil de discipline de trois heures devant 14 personnes, le 13 octobre dernier. Sa fille en bas âge a été renvoyée de la crèche réservée aux enfants du personnel. Elle a écopé de la sanction la plus grave dans la fonction publique. Pourquoi ? Selon sa hiérarchie, elle est coupable d’« avoir porté une tenue inappropriée et avoir manifesté un refus réitéré de la retirer ». Voilà ce que l'on apprend dans le journal l'Humanité : « En cause, le port d’un calot médical en tissu, accessoire de la tenue professionnelle des soignants, obligatoire dans certains services, et que les infirmières avaient sur la tête en permanence durant la période du Covid.» Nombre de ses collègues portent le calot pour des questions d'hygiène mais eux n'ont été licenciés. Cette mesure ne concerne que les personnes musulmanes ou assimilées musulmanes. La direction a licencié Majdouline car ils ont estimé, sur la base d'une supposition et sans ne fournir aucune preuve, que dans son cas c'était un signe religieux. Donc au faciès : un profilage racial. Donc purement islamophobe. Le 7 janvier, le tribunal administratif de Paris a suspendu en référé, dans l’attente d’un jugement au fond, la révocation en novembre de l’infirmière de l’AP-HP. «Le tribunal pose un constat simple et sans appel : il n’est pas possible de prononcer une révocation contre une soignante pour le seul fait qu’elle revêtirait un couvre-chef», a déclaré à Libération Me Crusoé.
A la RATP, au mois de juillet 2025, une note de Jean Castex incite à contrôler les pratiques religieuses des agents et prestataires, pour respecter la « neutralité » et la « laïcité » du service public. "Les bouteilles en plastique dans les toilettes devront être contrôlées, retirées et remises aux chefs par les travailleurs des sociétés de nettoyage", afin d'éviter les ablutions. Sous couvert de "respect de la laïcité", cette note cible spécifiquement les agents musulmans ou assimilés musulmans. La note mentionne « Les prières musulmanes quotidiennes (5 fois par jour, à des heures variables selon la position du soleil) », et va jusqu’à indiquer un lien vers le site de la Grande Mosquée de Paris pour consulter les horaires de prière. Imaginez une seule seconde le tollé si une note similaire ciblait les personnes de confession juive : ce serait antisémite.
L'interdiction de l'abaya pour les adolescentes musulmanes figurait parmis ces mesures xénophobes parfaitement en adéquation avec la politique macrolepéniste depuis 6 ans et dans la continuité de la loi de 2004 visant à stigmatiser les personnes de confession musulmane et les personnes racisées. Le tout dans une logique de ségrégation sociale, raciale et religieuse. Une abaya est une robe longue et large. L’abaya n’est pas considérée explicitement comme étant une tenue à caractère religieux dans la loi. À l'origine, c'est un habit traditionnel bédouin antérieur à la naissance de l’islam destiné a se protéger de la chaleur. Donc comment distingue t-on une abaya d'une robe longue et large ? En fonction de la religion supposée de la jeune fille qui la porte ? En fonction de sa couleur de peau ? C'est donc bien une loi raciste, xénophobe et islamophobe.
Dans cette longue tradition islamophobe, certaines personnalités racisées n'échappent pas à la haine raciale et religieuse ! Deborah Abisror, député macroniste proche de Gabriel Attal (dont le combat était de s'en prendre aux adolescentes de confession musulmane), déboule avec un tweet accusant Lena Situation de faire de l'entrisme islamiste car elle portait une robe fluide (longue et large) de la marque The Row pour un shooting photo. Voici ce qu'écrit cette chère Deborah : « L’entrisme passe d’abord par les codes vestimentaires, c’est pourquoi l’imposer à des fillettes, c’est le fondement d’infiltration de nos sociétés. Nos mères se sont battues pour que nos jupes puissent être courtes ». Deborah veut donc imposer des vêtements courts à toutes les femmes... et moi qui pensait que le féminisme était, entre autre, de laisser les femmes se vêtir librement sans les juger ou les stigmatiser. Bien sûr Deborah oubliera de mentionner volontairement la robe que portait l'influenceuse lors de la montée des marches : bustier soutien gorge laissant entrevoir tout le haut du corps sauf sa poitrine. Donc, une robe aux antipodes des standards de la charia. Deborah, non contente d'avoir des propos calomnieux, diffamatoires, misogynes, se permet de stigmatiser Lena Situation car cette dernière est d'origine maghrébine et racisée. É que s'appelerio : de l'islamophobie. Du racisme.
Cette police raciste du vêtement avait déjà sévi il y a trois mois. Février 2025. En France si tu es un humoriste musulman avec une barbe et un bonnet, tu es accusé en toute quiétude d’être un « terroriste islamiste » par des éditorialistes et des politiques trop lâches pour avouer leur haine raciale. Pour justifier leurs propos ils avanceront l’argument vestimentaire et iront chercher un tweet sorti du contexte où tu répond ironiquement à une jeune femme. Tout ceci dans l'unique but de te faire passer pour un misogyne « salafiste ». Parce que la France c’est devenu ça : un ramassis de détritus menteurs, racistes et islamophobes dominant la politique et les médias "bolloresques". Il aura suffi d’une gudarde remplie de haine raciale et religieuse et d'une ministre aux 400 000 euros de bijoux (non déclarés) pour censurer Merwane Benlazar . La meute macroniste islamophobe suivie de sa horde de zombis identitaires n’ayant à la bouche que les mots mensongers « submersion migratoire »; « entrisme », « intégriste ». La seule submersion que je vois c'est celle des xénophobes de tout bord, le seul entrisme destructeur est celui d'une alliance entre des néolibéraux et des fascistes, les seuls intégristes sur le territoire avec un pouvoir de nuisance sont les ministres d'un gouvernement illégitime souhaitant voir les musulmans et la gauche antiraciste disparaître.
La loi Séparatisme s'inscrit dans cette épidémie islamophobe made in France. Ce projet de loi fût porté par Gérald Darmanin. Il s’attaque entre autres aux équilibres de la loi de 1905, aux libertés de culte, d’association et d’enseignement. « Contrairement à ce qui est avancé par ses promoteurs, ce nouveau texte liberticide ne concerne pas seulement les associations cultuelles et celles qui perçoivent des fonds publics, mais constitue une menace très grave pour l’ensemble des associations françaises », expliquait en janvier 2021 une tribune signée d’universitaires, d’avocats, et de multiples associations allant des arts de rue au soutien aux migrants, en passant par la défense des droits de l’Homme et de l’environnement. Et en 2025, lorsque nous faisons le bilan de cette loi ayant entrainé des dissolutions ou menaces de dissolution d'associations antiracistes ou luttant contre l'islamophobie : Le Bloc lorrain, le Groupe antifasciste Lyon et environs (GALE), CCIF, BarakaCity, Coordination contre le racisme et l'islamophobie, la ligue des droits de l'Homme... et bien sûr toujours sous couvert de luttes contre le "terrorisme".
Le gouvernement français est toujours trés inspiré quand il s'agit de "justifier" sa chasse aux musulmans. Au printemps 2025, un rapport "top secret" sur "l'entrisme des frères musulmans" qui menacerait de "renverser la République" et "d'imposer la charia en France", a "malencontreusement" fuité auprès de "journalistes" du Figaro. Rapport inspiré des travaux d'une chercheuse financés par le milliardaire d'extrême-droite : Pierre Édouard Stérin. Mais que peut-on lire dans ce rapport ? Je cite : "Aucun document récent ne démontre la volonté d'établir un Etat islamique en France ou d'y faire appliquer la charia". Rien, walou, nada. Mais RTL, en bon sbire complotiste, s'en prend quand même aux bouchers Halal, selon le média : "De plus en plus de boucheries halal : Une stratégie qui vise à fractionner la société, le commerce constitue une cible dans le cadre de la stratégie des Frères musulmans". Imaginez une seule seconde que RTL cible de la même manière les boucheries ou commerces Cacher en parlant de "complot juif". Ce serait à juste titre un tollé général. On pourrait se dire qu'on ne peut pas faire pire dans ces dérapages complotistes islamophobes et racistes. Si si ! Entre en scène Caroline Fourest sur LCI qui affirme sans preuve et sans donner de noms qu'il y a des députés "Frères Musulmans". Oui Fourest : c'est la même qui hierarchisait les vies entre enfants israéliens et les enfants palestiniens. La même qui justifie les massacres des Palestiniens. La même qui a sorti un essai anti #MeToo truffées de mensonges brillamment démontés dans un article de Médiapart.
Ce rapport sur « les Frères musulmans et l’islamisme politique en France », vise tous les musulmans. Dans un passage, les deux auteurs assurent d’abord avoir constaté « un profond malaise au sein de la population musulmane qui perçoit la position française comme ouvertement favorable à Israël dans le droit fil d’une supposée “islamophobie d’Etat” en soutenant les Israéliens juifs contre les Palestiniens musulmans. » « Afin de contrer ce narratif, la reconnaissance par la France d’un Etat palestinien aux cotés d’Israël dans des frontières sûres et reconnues pourrait être de nature à apaiser ces frustrations ». Reconnaître un État palestinien pour « apaiser les musulmans » ? Cette suggestion, en plus d'être une infantilisation insupportable des musulmans, semble se présenter ici comme l'objet d'un chantage émotionnel. Le geste symbolique de reconnaître la Palestine, à l'instar de 147 pays, n'a pas aveuglé les musulmans sur le sort qu'ils subissent ici, en France : racisme, islamophobie, lois ségrégationnistes, contrôle au faciès, violences policières...
Depuis 20 ans, ce sont bien des lois d'exception qui sont votées, lois liberticides et contraires à la laïcité. La laïcité est piétinnée, dévoyée et est devenue l'outil des identitaires pour stigmatiser, punir et ostraciser des personnes de confession musulmane (ou assimilées comme tel), enfantant des lois qui vont impacter durablement la vie de millions de Français. En somme, des lois d'exception contraire à un État de droit. Une législation s'inscrivant dans une idéologie qui amènent aujourd'hui le service public à harceler des individus, les forces de l'ordre et l'extrême droite à l'impunité la plus totale en commettant des agressions voire des meurtres dont les motivations racistes sont à peine cachées voire même revendiquées. Sous Macron et avec la complicité des médias, le caractère raciste et islamophobe n'est plus une circonstance aggravante mais atténuante.
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